jeudi, décembre 8, 2022

L’autre guerre

L'autre guerre L’éditorial d’Yves Thréard

Le Figaro – Pendant que le monde a les yeux rivés sur le conflit israélo-libanais, l’actualité nous rappelle qu’une autre guerre, qui peut tuer à tout instant sur tous les continents, n’est pas finie. Une guerre permanente, une guerre de mouvement, une guerre qui ne dit pas son nom. De New York à Istanbul, de Madrid à Bali, de Londres à Casablanca, elle fait couler le sang des innocents et régner la peur. Elle est conduite par une armée de prétendus dévots de Mahomet. En fait, des terroristes qui veulent saper l’ordre international au nom d’Allah.

 Le complot déjoué hier à Londres par Scotland Yard prouve une fois encore que le nouvel et principal ennemi du XXIe siècle en marche est le fondamentalisme musulman. Un totalitarisme à l’idéologie improbable et au catéchisme barbare. Une croisade qui recrute ses soldats aussi bien dans les cités du Caire et les zones tribales du Pakistan que dans les faubourgs des grandes métropoles occidentales. La nébuleuse al-Qaida est partout, insaisissable, telle une pieuvre.
 
Les experts trouveront toujours des justifications à ses mortelles ambitions. La mort récente en Irak du cheik al-Zarqaoui dans un raid américain annonçait, à l’évidence, des représailles des fidèles de Ben Laden. L’engagement des États-Unis et de la Grande-Bretagne sur les rives de l’Euphrate explique également que ces deux pays étaient d’abord visés hier. Et beaucoup verront sans doute dans la situation explosive au Liban un terreau favorable à l’expression de vengeances.
 
Peut-être, mais c’est aller un peu vite en besogne. Le terrorisme islamiste, qui souvent a pris en otage des causes nationalistes dans le monde arabo-musulman, se gorge de haine anti-occidentale depuis fort longtemps, et risque de se répandre au fur et à mesure que la mondialisation progresse. Aucun événement précis ne préfigurait, par exemple, les attentats du 11 septembre 2001. Et c’est un leurre de penser que l’arrestation de Ben Laden, le retrait américain d’Irak ou la pacification du Proche-Orient mettraient un terme à ce djihad.
 
Il faut, en revanche, être sans pitié avec les artilleurs et les serviteurs de cette guerre réactionnaire, les milices et les États qui les encouragent. L’avenir des démocraties, de leur économie, en dépend.
 
La mise au jour, après une minutieuse enquête, du funeste complot de Londres montre que les pays occidentaux ont pris la mesure du défi et commencent à enregistrer quelques succès. Pareille lutte exige des moyens toujours renouvelés, tant les modes opératoires des terroristes sont sophistiqués, et une parfaite coopération internationale entre les services, ce qui ne va pas de soi. N’en déplaise à ceux qui dénoncent la «tentation liberticide» des gouvernements, l’effort n’autorise aucune réserve. Parce que, précisément, c’est notre liberté qui est en jeu.

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