Agence France Presse – L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a écarté jeudi une demande d’assistance iranienne pour la construction d’un réacteur nucléaire à eau lourde à Arak, devant produire du plutonium, a-t-on indiqué jeudi de sources diplomatiques.
La décision a été adoptée par consensus par les 35 Etats du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, en séance plénière, après trois jours de discussions techniques à Vienne qui ont permis un compromis à ce sujet entre pays occidentaux et non-alignés.
L’ambassadeur américain Gregory Schulte a indiqué à des journalistes que "le projet Arak n’est ni repoussé, ni reporté. Il a été entièrement enlevé du programme de l’AIEA".
"Cette décision par consensus reflète l’inquiètude persistante du Conseil concernant la nature du programme nucléaire iranien", parce que les "réacteurs à eau-lourde conviennent bien à la production de quantités significatives de plutonium, un élément clé pour fabriquer des armes nucléaires", a dit M. Schulte.
L’organe exécutif de l’AIEA a approuvé une aide technique à plus de 800 projets dans le nucléaire civil, dont sept autres propositions non-controversées de l’Iran, mais il n’a donc pas retenu la demande d’aide pour "renforcer les équipements de sécurité" du réacteur en construction à Arak (environ 200 km au sud de Téhéran).
Dans le cadre d’un compromis pour ménager Téhéran la demande d’aide technique à l’AIEA pour Arak n’a pas été rejetée mais elle a été mise de côté, ce qui a amené un diplomate iranien à parler "seulement d’un report".
Mais, avait déclaré un diplomate européen mercredi, "le fait est qu’il n’y aura aucune aide pour Arak pour les deux ans à venir" et il se pourrait bien que d’ici là le Conseil de sécurité des Nations Unies exige formellement de l’Iran qu’il renonce à construire ce réacteur.
Aussi bien l’AIEA que le Conseil de sécurité, préoccupés de non-prolifération, ont déjà demandé aux Iraniens de "reconsidérer" la construction d’Arak.
Téhéran assure que celui-ci n’est destiné qu’à des usages pacifiques, notamment pour la recherche médicale, et a indiqué qu’il mènerait à bien sa construction même sans l’aide de l’agence.
Les Occidentaux redoutent que cette structure, dont la mise en service est prévue en 2009, ne soit utilisée à des fins militaires.
Selon des experts, ce réacteur d’une puissance de 40 mégawatts pourrait produire jusqu’à 12,5 kg de plutonium par an, soit de quoi fabriquer de deux à trois bombes nucléaires.

