jeudi, février 9, 2023
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La Voie au changement démocratique en Iran est ouverte – Afchine Alavi

 RFI, 26 janvier – Interview d’Afchine Alavi, porte-parole du Conseil national de la Résistance iranienne. "Cette décision a des conséquences extrêmement importantes, compte tenu du fait que l’inscription des Moudjahidine du peuple sur cette liste a été un élément et un facteur essentiel pour la prolongation de la survie du régime iranien et c’était une des concessions énormes que l’Europe et les pays en occident ont fait au régime des mollahs."

RFI, 26 janvier – Interview d’Afchine Alavi, porte-parole du Conseil national de la Résistance iranienne.

 Afchine Alavi : Cette décision a des conséquences extrêmement importantes, compte tenu du fait que l’inscription des Moudjahidine du peuple sur cette liste a été un élément et un facteur essentiel pour la prolongation de la survie du régime iranien et c’était une des concessions énormes que l’Europe et les pays en occident ont fait au régime des mollahs. Aujourd’hui, le retrait de cette liste de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale force d’opposition iranienne, va ouvrir la voie au changement démocratique en Iran et met en échec le véritable complot de ce régime en collaboration avec certains Etats en occident pour bloquer ce changement justement

RFI : mais est-ce que finalement cela ne montre pas que vous êtes en quelques sorte un instrument diplomatique en occident vis-à-vis de Téhéran ?

AA : C’est vrai que les Etats européens ont essayé de regarder l’opposition iranienne précisément comme un instrument. Mais aujourd’hui après un combat aussi acharné de sept ans et malgré des réticences jusqu’au bout de la part de certains Etats qui veulent continuer à plaire au régime des mollahs – comme la démarche française de faire un appel qui n’aboutira jamais – montre que c’est impossible de transformer un mouvement de résistance indépendant qui mène un combat légitime en un instrument pour se rapprocher du régime de s mollahs. C’est quelque chose d’immoral, politiquement une grave erreur qui n’a fait que prolonger la survie de ce régime. Aujourd’hui on a mis un terme à cette instrumentalisation de la Résistance iranienne et du destin du peuple iranien et à partir d’aujourd’hui l’ère du changement démocratique s’ouvre.

RFI : est-ce que vous êtes en mesure de transformer cette victoire juridique en Europe en action politique en Iran ?

AA : Bien évidemment, parce que jusque là le régime iranien justifiait les exécutions en Iran des opposants et la pression qu’il exerce avec la collaboration de certains en Irak sur la Cité d’Achraf, la Cité de la résistance iranienne, en se servant de l’inscription des Moudjahidine du peuple sur cette liste et en se vantant d’une collaboration avec certains Etats européens.
A partir d’aujourd’hui c’est un signe très important qui est donné à l’intérieur de l’Iran. C’était un obstacle majeur à l’activité légitime de la Résistance iranienne. Aujourd’hui on met fin à ces obstacles et bien évidement cela entrainera un énorme bouleversement en Iran.

RFI : vous évoquez justement le démantèlement annoncé du Camp d’Achraf en Irak. Qu’est-ce qui va se passer pour vos militants réfugiés là-bas ?

AA : L’un des prétextes majeurs pour faire pression sur le camp d’Achraf, c’était précisément l’inscription de l’OMPI sur cette liste terroriste. Dorénavant, il faudrait que le gouvernement irakien respecte justement le droit et la légitimité des habitants de la cité d’Achraf et que l’on cesse de stigmatiser et de criminaliser ces résistants qui mènent un combat légitime pour la démocratie en Iran.

 RFI : vous voulez dire que vous espérez qu’ils pourront rester en Irak ?

AA : Je crois que c’est le plus grand souhait des habitants d’Achraf. Le droit international et les engagements pris à la fois par le gouvernement irakien et la force multinationale devraient respecter la volonté des habitants d’Achraf.

RFI : En dehors de votre base à Auvers sur Oise en France, de ce camp d’Achraf, où revendiquez-vous des partisans ?

AA : En Iran bien sûr. C’est le peuple iranien qui fait que cette Résistance tire cette force pour pouvoir résister face à des complots aussi accablants depuis plus de sept ans qui n’émanent pas seulement du régime iranien mais également de lobby et de pays qui privilégient ou ont privilégié jusque là leurs intérêts économiques devant la morale et devant les intérêts stratégiques pour l’avenir de la région et de l’Iran et l’avenir de leur propre population.
Le peuple iranien, aujourd’hui dans sa grande majorité, souhaite ce changement démocratique, et dans sa grande majorité soutient cette résistance légitime qui est de l’avis de tout le monde la principale force d’opposition. D’ailleurs demain une grande manifestation sera organisée sur la place Schuman qui démontrera la popularité de cette résistance.

RFI : Le gel de vos fonds avait déjà été annulé en décembre. Alors qu’est-ce qu’il en est de vos subsides, qui cotisent comment arrivez-vous à survivre en exil ?

AA : Tout simplement ce même soutien de la nation iranienne à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Iran, la grande diaspora de 4 millions d’Iraniens, ont toujours été et restent toujours la principale base des finances de la Résistance iranienne et c’est justement ce qui garantit l’indépendance de la Résistance iranienne.

RFI : finalement cette question de l’inscription sur la liste terroriste de l’Union européenne est appelé à revenir un peu tous les six mois. La France pourrait faire annuler cette décision de vous rayer de la liste terroriste, est-ce que ça vous inquiète ?

AA : Absolument pas. Ils n’ont aucune chance aujourd’hui. Le tribunal a très catégoriquement rejeté la demande de la France qui voulait s’appuyer sur un dossier juridique vide qui a été établi depuis 2001 pour complaire au régime des mollahs. Tout le monde sait que ce dossier est vide. Aujourd’hui il y a une décision de justice qui l’affirme en disant que les documents étaient ni « sérieux ni crédibles ». Et donc aujourd’hui, la demande d’appel que le gouvernement français a fait, dans un isolement total, n’aboutira jamais parce qu’il n’y a aucune chance de victoire sur le plan juridique dans ce dossier après que sept tribunaux en Europe, notamment les tribunaux britanniques et européens aient catégoriquement signifié que les Moudjahidines du peuple ne sont pas terroristes