
La télévision d’État iranienne a admis pour la première fois que l’État avait procédé à des assassinats d’opposants au régime en dehors du pays grâce à ses agents. Cela a été révélé pendant l’émission dont l’invité était Anis al-Naqqash, connu pour avoir entraîné Imad Mughniyah, l’ancien commandant militaire de la milice libanaise du Hezbollah. Comme l’a rapporté Al Arabiya en anglais le 18 février 2017.
Pendant l’émission, qui a été enregistrée jeudi dernier par la télévision iranienne, al-Naqqash a indiqué qu’il était emprisonné en France. La chaîne iranienne Vahid Yaminpour, qui appartient au mouvement intégriste et qui est connue pour ses relations avec les forces de sécurité, est intervenue sur ce point et a expliqué les raisons derrière cette arrestation. La chaîne a affirmé : « Un an après la révolution, al-Naqqash est allé en France en mission pour assassiner Shapour Bakhtiar, le Premier ministre sous le Shah. L’opération a échoué et il a été arrêté et emprisonné pendant plusieurs années. »
Al-Naqqash a échoué son projet d’assassinat contre le Premier ministre Shapour Bakhtiar (archives).
Al-Naqqash a été condamné à 10 ans de prison en France après sa tentative d’assassinat sur l’ancien Premier ministre iranien Shapour Bakhtiar, et a été relâché en 1990.
Al-Naqqash est né à Beyrouth en 1951 et a rejoint les rangs de la Fatah en 1968 où il a eu plusieurs positions.
Après la révolution iranienne, il est devenu proche du régime iranien et a participé à l’entraînement de certains dirigeants du Hezbollah libanais. Il a joué un rôle dans la coordination entre les chefs des groupes palestiniens et le régime iranien.
Assassinat à l’étranger
Al-Naqqash a échoué dans sa tentative d’assassinat sur le Premier ministre, mais le 6 août 1991, Bakhtiar a été assassiné dans sa maison à Paris avec son secrétaire et trois autres personnes. Un des voisins a également été tué et un policier a été égorgé avec un couteau pour se couvrir. La mort de Bakhtiar a été découverte seulement 36h après les faits.
Deux des meurtriers se sont échappés en Iran, mais le troisième, Ali Vakili Rad, a été arrêté en Suisse et extradé en France avec Zainal Sarhada (un proche du président iranien de l’époque, Akbar Hashemi Rafsanjani). Ali Vakili a été jugé et condamné à la prison à perpétuité en 1994.
La France l’a relâché en 2009 contre Clotilde Reiss, une enseignante française qui avait été arrêtée à Téhéran pour avoir participé à des manifestations dans les rues de villes iraniennes après les élections de la même année.
En 2014, le ministre des Renseignements, Mahmoud Alavi, a avoué des « assassinats d’opposants au régime de la République islamique à l’étranger » au sein des activités du ministère en dehors du pays, alors qu’il mettait l’accent dans un discours publié par l’agence de presse du pouvoir judiciaire : « Les assassinats, dont le chef des Jaysh al-Nasr Baluchi, Abdul Rauf Rigi, son neveu et d’autres personnes au Pakistan. »

