mercredi, février 1, 2023
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La résolution sur la Corée devrait aider l’ONU à faire face à l’Iran

La résolution sur la Corée devrait aider l’ONU à faire face à l’IranDe Nick Wadhams

The Associated Press, Nations Unies – Le vote à l’unanimité du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant le lancement de missiles en Corée du Nord constitue un précédent important et renforce le puissant organe de l’ONU tandis qu’il fait face à un nouveau défi : confronter le programme nucléaire suspect de l’Iran, selon des diplomates.

 

Cette semaine, le conseil va aborder la question du refus perpétuel de l’Iran de répondre formellement aux propositions avantageuses de l’Occident visant à stopper l’enrichissement d’uranium. Le fait que le conseil ait été capable de s’unir autour d’une résolution difficile sur la Corée du Nord laisse espérer un accord unanime des diplomates sur une résolution sur l’Iran.

Ceux-ci ont déclaré que le succès de cette mesure ferme contre la Corée du Nord allait porter ses fruits lors des pourparlers sur l’Iran. La question de l’Iran et de la Corée du Nord sont les premiers problèmes de prolifération portés devant le Conseil depuis l’Irak, qui a profondément divisé celui-ci.

« Nous avons besoin de l’unité du conseil sur ces questions de non-prolifération », a déclaré l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Jean-Marc de la Sablière, à la suite du vote sur la Corée du Nord samedi. « Ainsi, le fait que nous ayons, à mon avis, construit une unité autour du problème nord-coréen au conseil va je pense nous aider concernant l’Iran. »

Les diplomates ont négocié la résolution de la Corée du Nord pendant 11 jours très tendus, évitant le veto de la Chine qui s’oppose à tout report au chapitre 7 de la Charte de l’ONU. Le chapitre 7 rend de telles résolutions légalement obligatoires et exécutables avec une action militaire.

La Grande-Bretagne a accepté un compromis en abandonnant la référence au chapitre 7 et permettant ainsi aux 15 membres du conseil de voter à l’unanimité pour la résolution.

Un veto chinois aurait dégradé le ton des négociations sur l’Iran et intensifié les divisions parmi les cinq membres permanents (les USA, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie). Il aurait certainement empêché toute volonté d’aboutir à un compromis des deux côtés.

La résolution sur la Corée du Nord a été affaiblie pendant les pourparlers mais prévoit toujours deux mesures cruciales : elle impose des sanctions limitées et les diplomates pensent qu’elle renforcera l’autorité des nations à interdire les cargaisons d’armes en provenance et à destination de la Corée du Nord.

La résolution de samedi est la première que le conseil ait adopté sur la Corée du Nord depuis 1993, fait dont l’Iran doit se souvenir, selon l’ambassadeur américain John Bolton.

« Cela fait 13 ans que le Conseil de Sécurité attendait de se reprendre en main concernant la Corée du Nord et il va le faire aujourd’hui de manière unanime », a-t-il dit avant le vote de samedi. « C’est une indication politique très, très importante pour tous proliférateurs potentiels. »

En mars dernier, le Conseil de Sécurité de l’ONU a demandé à l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium. Cette exigence a été communiquée dans une simple déclaration du conseil à caractère non obligatoire, résultat du refus de la Chine et de la Russie de considérer une résolution qui aurait été plus ferme.

Après que l’Iran ait refusé d’obéir, les puissances occidentales ont présenté le paquet d’avantages en juin dans le but de ramener l’Iran à la table des négociations et de suspendre l’enrichissement. Cependant, l’Iran a insisté sur le fait qu’il avait besoin de plus de temps pour répondre, conduisant les puissances mondiales frustrées à se mettre d’accord mercredi pour renvoyer l’Iran devant le Conseil de Sécurité pour une demande plus sévère et éventuellement obligatoire de suspension de l’enrichissement.

Signe que l’Iran craint peut-être une unité au sein du conseil, Téhéran a déclaré dimanche que les avantages occidentaux visant à stopper son programme nucléaire constituaient « une base acceptable » pour des négociations et qu’ils étaient prêts pour des discussions approfondies.

Cela pourrait être une tentative de semer le conflit dans le conseil. Les diplomates ont dit dans les dernières réunions que l’Iran n’allait nulle part et que Téhéran cherchait peut-être à gagner du temps ou à exploiter d’éventuelles divisions.

Existe aussi le danger d’un précédent d’un tout autre genre.

La question de savoir si Pyongyang va obéir aux demandes du conseil plane au-dessus des discussions sur la Corée du Nord. La réponse du pays est arrivée quelques minutes après l’approbation de la résolution. L’ambassadeur Pak Gil Yon a annoncé au conseil que la Corée du Nord rejetait la résolution et continuerait ses tests de missiles.

Il a accusé le conseil d’agir de façon « injustifiable et à la manière de bandits » et a brutalement quitté la salle du conseil avant la fin du meeting, infraction au protocole diplomatique.

L’Iran et la Corée du Nord qui font partie de l’ « axe du mal » du président Bush, aux côtés de l’Irak de Saddam Hussein, pourrait être renforcés par la réponse enragée de la Corée. Elle a déjà prévenu que des sanctions du Conseil de Sécurité contre Téhéran ne ferait qu’exacerber les tensions au Moyen-Orient.

« C’est maintenant l’occasion unique pour l’Iran et l’Europe d’entamer des négociations détaillées », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Hamid Reza Asefi. « Renvoyer le dossier au Conseil de Sécurité de l’ONU revient à bloquer et à rejeter toutes discussions. »

 

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