AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceLa proscription de l’OMPI aux Etats-Unis sert à justifier un massacre

La proscription de l’OMPI aux Etats-Unis sert à justifier un massacre

Par TARSEM KING, Analyste extérieur de UPI *

UPI, 26 avril – Alors que les forces irakiennes ont fait irruption dans un camp de l’opposition iranienne ce mois-ci, au cours de ce qui a été qualifié par le président de la Commission des Affaires étrangères du sénat américain pour de « massacre »  et par les politiciens britanniques de « crime contre l’humanité », il est clair que le maintien de la proscription de l’OMPI aux Etats-Unis permet à l’Irak et à l’Iran de justifier le massacre des membres de ce groupe.

L’OMPI – les Moudjahidines du peuple d’Iran – qui est le plus important groupe d’opposition de l’Iran et la plus grande épine dans le flanc du régime iranien, ont depuis plus de dix ans leur base principale au camp d’Achraf en Irak. Désormais refuge de 3 400 membres du groupe, le camp d’Achraf s’est avéré une épine dans le flanc du premier ministre irakien Nouri al-Maliki qui considère le groupe comme un obstacle à de meilleures relations avec les dirigeants religieux de Téhéran, avec qui il a passé la majeure partie de son temps en exil.

Maintenant, comme le régime iranien l’a fait pendant des années alors en exécutant des opposants politiques, Maliki avance la proscription de l’OMPI aux Etats-Unis pour justifier l’attaque du groupe. En envoyant une force de 2 500 soldats, la police anti-émeute et les Forces spéciales, Maliki a dirigé une attaque contre le camp. Les Nations Unies ont confirmé que 34 habitants désarmés avaient été tués et plus de 300 blessés. La plupart des morts ont succombé à la suite de blessures par balles et les autres ont été écrasés par des Humvees et des véhicules militaires.

Le gouvernement des Etats-Unis se retrouve maintenant membre d’un étrange trio avec les régimes irakien et iranien en maintenant le groupe à l’index. Il semble que plutôt que de suivre les jugements des plus hautes juridictions du Royaume Uni et de l’Union Européenne, qui ont abouti à l’annulation de la proscription de l’OMPI au Royaume Uni et dans l’Union Européenne, le Président des Etats-Unis Barak Obama et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton continuent à se cramponner à cette proscription dans le vain espoir de complaire au régime iranien.

Un jour, il y a fort longtemps, la politique a peut-être justifié une prudence politique concernant l’Iran. La proscription est en place depuis maintenant 14 ans, période pendant la quelle le régime iranien a accru son soutien au terrorisme dans la région, multiplié ses atteintes aux droits humains dans son pays et a avancé à pleine vapeur dans activités visant à obtenir des armes nucléaires. Si tant est qu’un raisonnement politique prudent ait jamais existé, aucun analyste intelligent ne peut prétendre qu’il existe encore. 
  La proscription de l’OMPI n’est plus une question politique mais une question qui conduit quotidiennement à des morts en Iran et en Irak. Rares sont ceux qui considéreraient que mettre un terme à la proscription aux Etats-Unis aurait un quelconque impact sur le régime iranien en ce qui concerne ses continuelles atteintes aux droits humains. Cependant, en Irak, il ne fait aucun doute que cela sauvera des vies.

Les résidents du Camp d’Achraf sont des vies que les Etats-Unis n’ont pas seulement le devoir de protéger en vertu du statut de « personnes protégées » accordé aux résidents dans le cadre de la Quatrième Convention de Genève, mais aussi sur la base de garanties personnelles de protection par les autorités américaines données à chaque résident. En tant qu’ancien commandant général de l’OTAN, Wesley Clark a récemment déclaré : « Nous avons promis qu’ils seraient considérés comme des personnes protégées. C’est la parole donnée par les Etats-Unis d’Amérique ».

Obama et Clinton doivent agir maintenant et immédiatement pour radier l’OMPI de la liste des organisations interdites, non seulement parce qu’il n’y a plus de justification légale au maintien de cette proscription, mais aussi parce que c’est son maintien, tout à fait injustifiable, que les autorités irakiennes brandissent pour justifier un massacre de civils désarmés.

Le temps est venu pour les Etats-Unis de comprendre que le régime iranien ne peut tout simplement pas être satisfait et plutôt que de maintenir une proscription injustifiée contre le plus grand groupe d’opposition de l’Iran, Obama doit respecter sa parole et celle des Etats-Unis en protégeant les résidents du camp d’Achraf et en soutenant les aspirations démocratiques du peuple iranien.
 
(* Tarsem King est membre du Parti travailliste de la Chambre des Lords du Royaume Uni et membre de la Commission parlementaire britannique pour la liberté de l’Iran).