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La politique iranienne d’Obama ne doit pas échouer

des manifestants piétinant le portrait du guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, Téhéran, 4 novembre 2009Par Lord Peter Archer et R. Bruce McColm *

The Washington Times, 12 janvier – Le 27 décembre, lors d’une des célébrations les plus saintes de l’islam chiite, Achoura, des millions d’Iraniens sont descendus dans les rues de Téhéran et d’autres villes d’Iran, défiant les avertissements et une répression brutale des forces de sécurité, pour appeler au renversement de la théocratie désormais de plus en plus vulnérable. Qui aurait penser qu’un régime théocratique comme Téhéran assassinerait ses adversaires en plein jour durant une telle journée ? Bienvenue dans l’Iran d’aujourd’hui.

Les événements remarquables de l’Achoura ont montré que les mesures rigoureuses prises par les autorités lors des manifestations précédentes ont peu fait pour intimider les millions d’Iraniens qui appellent à la liberté et qui semblent être dirigés par des femmes. Leur message pour le monde extérieur a été fort et clair : « Nous ne céderons pas à ce régime aussi facilement, et vous devriez en faire de même. »

La question maintenant est de savoir ce que l’Europe et les États-Unis vont faire ?

Regardons : le choix de la communauté internationale des deux côtés de l’Atlantique à propos de l’Iran est clair : se tenir aux côtés des oppresseurs ou des opprimés.

Cela dit, il ne devrait y avoir aucun doute que l’Europe et les États-Unis sont en droit de marcher au pas de leurs propres intérêts. L’année dernière à cette époque, la communauté internationale espérait ardemment un nouveau président américain. Son message était l’ouverture.

Le Président Obama espérait véritablement qu’une vigoureuse ouverture diplomatique vers les dirigeants iraniens pourrait, finalement, les convaincre d’abandonner leur programme d’armes nucléaires. Les alliés européens de l’Amérique, se sont accrochés à cet espoir pendant longtemps. Or non seulement l’Iran a refusé de se désister, mais il a pris des mesures pour décupler son programme.

Pourquoi ? La réponse ne réside pas tant dans nos intentions, mais dans les calculs stratégiques des dirigeants iraniens inspirés par les profondes menaces intérieures. Récemment, dans un acte sans précédent, les jeunes Iraniens ont brûlé des photos du fondateur du régime iranien l’ayatollah Khomeiny et piétiné ses portraits grandeur nature, à Téhéran. «Mort à Khamenei» (l’ayatollah Ali Khamenei) est désormais un mot d’ordre de premier plan dans les rues iraniennes, alors que les militants protestent contre le système tout entier, et non plus seulement contre l’élection frauduleuse. Ces actions ont mis les manifestants spontanés plus en accord avec le principal groupe d’opposition iranien, les Moudjahidine du peuple (OMPI), qui conteste depuis longtemps la légitimité de la République islamique.

C’est pourquoi en tant que guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei a désespérément besoin d’armes nucléaires pour garantir la pérennité du régime face aux protestations croissantes.

Pour atteindre cet objectif, l’ayatollah utilise les négociations pour gagner davantage de temps pour son programme nucléaire. De toute évidence, de nouvelles concessions à Téhéran ne seraient pas seulement interprétées comme une faiblesse par les dirigeants iraniens, mais leur donnerait aussi des moyens. Cela leur permettrait de financer leurs activités terroristes, d’accélérer leur programme nucléaire et de consolider le pouvoir en réprimant la dissidence. C’est extrêmement dangereux pour les intérêts de l’Amérique et ses alliés de l’autre côté de l’Atlantique.

Néanmoins, les États-Unis ne peuvent pas s’engager dans un conflit militaire avec l’Iran, dont les risques seraient bien supérieurs aux avantages. Au lieu de cela, l’Amérique et l’Europe devraient tendre la main aux millions d’Iraniens qui souhaitent le changement démocratique, la dénucléarisation de l’Iran et une nation pacifique. C’est là où nos intérêts convergent avec les aspirations démocratiques du peuple iranien.

Comme mesure concrète sur cette piste, les États-Unis devraient supprimer la désignation de terroriste du principal groupe d’opposition iranien. Les Moudjahidine du peuple (OMPI) ont été classés entité « terroriste » en 1997 par le Département d’Etat comme un comme un geste de bonne volonté pour le gouvernement iranien. La Grande-Bretagne et l’Europe ont suivi l’exemple de l’Amérique pour mettre l’OMPI sur leurs listes mais ont été forcés de revenir sur leurs décisions sur ordres de leurs plus hautes juridictions. Ces tribunaux ont examiné toutes les preuves relatives à l’OMPI et ont conclu qu’il n’y avait pas l’ombre d’une preuve liant l’organisation au terrorisme.

La désignation de terroriste du groupe a été, cependant, incroyablement controversée dans la mesure où dans les derniers jours de l’administration Bush, même le plus haut responsable du contre-terrorisme au Département d’Etat, Dell Dailey, avait fortement conseillé au ministère de corriger cette gaffe. Le conseil a été rejeté par la secrétaire d’Etat américaine d’alors, Condoleezza Rice, en raison de considérations politiques.

Une question humanitaire est aussi en cause ici. L’Iran comme l’Irak ont utilisé la désignation de terroriste de l’OMPI pour réprimer ses membres et sympathisants. Au moins 11 d’entre eux ont été tués l’été dernier quand les forces de sécurité irakiennes ont lancé une attaque contre le camp d’Achraf, le siège de l’OMPI en Irak. Et début janvier, le pouvoir judiciaire iranien a annoncé avoir inculpé cinq manifestants accusés d’appartenir au «groupe terroriste contre-révolutionnaire», l’OMPI et d’être Moharebeh (ennemi de Dieu), pour avoir participé à des manifestations antigouvernementales de l’Achoura. Moharebeh entraîne automatiquement la peine de mort.

Le 27 décembre, face aux cris de «mort au dictateur », les forces de sécurité iraniennes et les représentants du gouvernement ont rétorqué aux cris de «mort aux hypocrites », un terme péjoratif que le régime utilise pour saper l’OMPI en Iran. Si le président Obama décidait d’adopter un décret pour supprimer l’étiquette injustifiée de terroriste de l’OMPI, il attirerait certainement l’attention de Téhéran, tout en démontrant au peuple iranien que l’Amérique ne bloque plus les groupes d’opposition pour œuvrer à instaurer la démocratie en Iran. Mais, le temps est compté et les options de Washington sont sévèrement limitées.

Voir un Iran démocratique pourrait et devrait être notre bonne résolution en cette nouvelle année.

*Lord Peter Archer est un ancien avocat général du Royaume-Uni.
R. Bruce McColm est le président de l’Institute for Democratic Strategies (IDS) et ancien directeur exécutif de Freedom House aux USA.

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