mercredi, février 8, 2023
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La mort des pasdaran iraniens en Syrie illustre l’engagement croissant de Téhéran

La mort des pasdaran iraniens en Syrie illustre l'engagement croissant de Téhéran

Téhéran n’a jamais donné de chiffre sur le nombre d’Iraniens présents en Syrie, mais un responsable américain, cité par l’AFP, a affirmé mi-octobre que jusqu’à 2.000 Iraniens ou combattants soutenus par l’Iran participaient près d’Alep à une offensive contre les groupes rebelles.

Cette offensive est coordonnée avec le régime du président Assad et la Russie qui mène depuis le 30 septembre une intense campagne de frappes aériennes contre les groupes armés rebelles.

Fait exceptionnel en Iran, la mort de combattants et commandants des pasdaran, l’armée d’élite des mollahs, commence à susciter un débat sur différents sites internet, dont ceux de l’agence Fars, affiliée au pasdaran, et de la télévision d’Etat Irib. « Nous ne devrions pas perdre nos commandants aussi facilement » en Syrie, a écrit un internaute en parlant de « faute ».

Parmi les commandants de haut-rang des pasdaran tués dans le combat d’Alep durant le mois d’octobre on peut notamment citer le général Hossein Hamedani, un des fondateurs du Corps des pasdaran et commandant en chef des forces iraniennes en Syrie (tué le 8 octobre 2015) ; le général Farshad Hassounizadeh, ancien commandant de la Brigade Saberin, une unité des Forces spéciales des pasdaran (tué le 12 octobre 2015) ; le colonel Hamid Mokhtarband, ancien commandant de la Brigade d’Ahvaz (tué le 12 octobre 2015) ; le colonel Moslem Khizab (tué le 18 octobre 2015) ; Rasoul Pourmorad, un commandant de la milice du Bassidj (tué le 14 octobre 2015) ; Nader Hamid, un autre commandant du Bassidj, chargé d’organiser la milice d’Assad (tué 8 octobre 2015).

Les autorités iraniennes savent que la survie de leur régime dépend de celui du dictateur syrien. L’ancien chef pasdaran, Mohsen Rezaie, a mentionné le rôle crucial de cette force en Syrie et l’importance stratégique du maintien du régime syrien pour la survie même du celui des mollahs à Téhéran: « La raison pour laquelle Hamedani a été tué en Syrie est claire, c’est pour que l’insécurité n’atteigne pas Téhéran. Les gens ne devraient pas demander pourquoi il a été tué en Syrie. Hamedani y était pour assurer la sécurité [de l’Iran]… Hamedani a participé à 80 opérations en Syrie. Il a inauguré la caserne Hazrat Zeinab à Damas et a formé 40 à 50 000 syriens ». (Médias officiels, 11 octobre).

Ali Chamkhani, chef du Conseil Suprême de la Sécurité Nationale du régime a pour sa part déclarée : « Si des hommes comme Hamedani ne prennent pas position en Syrie, l’insécurité et l’instabilité parviendront à nos frontières »

Le mollah Taeb, le commandant de la base Amar pasdaran, un organe de répression, a pour sa part reconnu que l’existence-même du régime des mollahs dépend de la dictature syrienne : « La Syrie est notre 35e province stratégique. Si l’ennemi nous attaque et veut s’emparer de la Syrie ou du Khouzistan, la priorité pour nous est de conserver la Syrie, parce que si nous gardons la Syrie, nous pourrons reprendre le Khouzistan, mais si nous perdons la Syrie, nous ne pourrons garder Téhéran (…) A présent nous sommes occupés en Syrie et notre ligne de front est là-bas, où nous affrontons toute l’Arrogance (l’ennemi)»

Les méfaits du régime iranien dans la région sont innombrables, Liban, Palestine, Syrie, Yémen… La faiblesse de la communauté internationale y est cependant pour quelque chose. Elle a non seulement hésité à aider la résistance syrienne dans son combat si crucial, mais a aussi renoncé à contrer l’ingérence iranienne et ses agents libanais du Hezbollah en Syrie. Cette attitude a eu pour résultat l’émergence de Daech et de son « califat islamique », aujourd’hui devenu une crise inextricable pour l’ensemble de la communauté internationale.