samedi, novembre 26, 2022
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La mise en place d’une politique juste en Iran prend du retard

La mise en place d'une politique juste en Iran prend du retard

The Washington Times: Par Soona Samsami* – La plupart des étudiants de Physique 101 ont été soumis à une expérience sur la pensée bien connue : le « chat de Schrödinger ». Dans cette expérience, un physicien danois réputé, Erwin Schrödinger, illustre une caractéristique absurde de la théorie quantique, qui permet à un hypothétique chat d’être à la fois vivant et mort en même temps. Ceci, cependant, est impossible.

C’est un paradoxe. Malheureusement, le chat mort-vivant de Schrödinger peut simplement être la meilleure illustration de la politique contradictoire de l’Occident envers le Moyen-Orient, et plus particulièrement, envers l’Iran.

En Syrie, l’administration Obama oppose et soutient simultanément Bachar al-Assad. Tout en appelant à la destitution de M. Assad, des milliards de dollars de l’accord nucléaire négocié par les Américains avec l’Iran contribuent à renforcer les chances de survie du dictateur. En effet, sans un appui soutenu de Téhéran, l’Etat syrien aurait émietté il y a bien longtemps comme nous le savons, empêchant ainsi à Daech de disposer d’un terreau fertile. Cela aurait pu arriver quand les prix mondiaux du pétrole ont chuté, rendant presque impossible la poursuite de versements en espèces à la Syrie pour aider M. Assad, du point de vue économique. Mais le nouvel afflux de trésorerie provenant de l’accord sur le nucléaire a revitalisé la capacité de l’Iran de reprendre ses contributions et a développé à la fois la formation et le soutien matériel de M. Assad.

Pendant ce temps en Irak, l’administration insiste : elle est favorable à mettre un terme à la violence sectaire vicieuse qui a coûté des milliers de vies d’Américains et des milliards de dollars américains, alors qu’elle approuve tacitement la dépêche de combattants de la Force Qods du régime iranien, le financement et la formation de la Garde révolutionnaire islamique et sa structure de commandement en Irak, pour combattre vraisemblablement Daech. Mais cela ajoute l’huile sur le feu, comme Daech est née de la violence sectaire en Irak alimentée activement par Téhéran dans le sillage de l’invasion américaine et son retrait ultérieur. Puisque les sunnites irakiens détestent le régime iranien beaucoup plus que Daech, l’implication de l’Iran en Irak ne fait que renforcer le recrutement de Daech.

En effet, c’est dans la politique de Washington envers l’Iran lui-même, que les contradictions inhérentes à la politique américaine actuelle dans la région sont les plus prononcées. Washington semble à la fois contre les violations des droits de l’Homme en Iran et en même temps prêt à tolérer quel que soit le régime de fait. En juillet, l’administration a condamné le record de violation des droits de l’Homme en Iran et a débloqué un peut d’argent par le biais du Département d’Etat, pour financer des programmes pro-démocratie et pour les droits de l’Homme en Iran. Mais ils ont fait chemin inverse et ont autorisé le versement de milliards de dollars de fonds dégelés dans les coffres d’un régime qui, selon les organisations des droits de l’Homme comme Amnesty International, abat et emprisonne son propre peuple à un « rythme stupéfiant ».

Le Département d’Etat américain répertorie l’Iran comme Etat n°1 dans le sponsoring du terrorisme dans le monde. Il est le premier patron du Hezbollah, de Hamas et de la dictature en Syrie. Pourtant, le même Département d’Etat a légitimé le régime de Téhéran aux yeux du monde grâce à la diplomatie.

Même s’ils n’ont pas été aussi largement rapportés dans les États-Unis comme on pouvait s’y attendre, les mollahs de Téhéran continuent de lancer des missiles sur l’Irak en visant les dissidents iraniens qui ont trouvé refuge au camp Liberty, en Irak. La dernière attaque a eu lieu le mois dernier et a coûté la vie de 24 habitants. Le Département d’Etat exprime des condamnations générales lorsque ces attaques se produisent, mais a jusqu’à présent échoué à honorer les engagements répétés qu’il a faits concernant la sûreté et la sécurité des habitants du camp.

L’accord sur le nucléaire désormais en place n’aura que peu, voire pas d’influence pour permettre de changer le comportement de l’Iran sur le long terme. Il ne parviendra par à destituer le régime qui, à ce jour, considère les Etats-Unis comme le « Grand Satan ». Le lendemain de la signature de l’accord, le guide suprême iranien Ali Khamenei a déclaré que Téhéran continuerait à soutenir ses « amis » dans la région, ajoutant que la politique de Téhéran au Moyen-Orient était diamétralement opposée aux objectifs des Etats-Unis. Cela fait quatre mois que l’accord a été signé entre Washington et Téhéran, et pendant cette période le régime a intensifié la répression intérieure tout en développant son implication dans la guerre contre le peuple syrien. Un mois après les frappes aériennes russes, les médias d’Etat de Téhéran ont signalé 50 décès parmi le personnel de la Garde révolutionnaire islamique, dont la moitié étaient des officiers supérieurs.

Pour la plupart des observateurs indépendants, la politique américaine envers l’Iran et dans la région semble confuse. C’est comme si les Etats-Unis n’avaient soit pas de réelle politique ou soit comme s’ils poursuivaient des objectifs différents et incompatibles dans une région plus complexe et interconnectée qu’ils ne croient. Cela nuit aux Etats-Unis dans la région. Les dirigeants du monde se demandent ce que Washington est vraiment en train d’essayer d’accomplir, mais il y a des conséquences encore plus graves pour les millions de personnes dans la région qui souffrent, sous le joug de dictatures ou qui sont la cible du terrorisme.

• Soona Samsami est la représentante du Conseil national de la Résistance iranienne aux Etats-Unis

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