jeudi, décembre 8, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran & MondeLa justice argentine accuse l'Iran de l'attentat de 1994 contre une association...

La justice argentine accuse l’Iran de l’attentat de 1994 contre une association juive

ImageLe Monde – Douze ans après les faits, la justice argentine a officiellement accusé, mercredi 25 octobre, l’Iran et le mouvement chiite libanais Hezbollah d’être responsables d’un attentat contre une association juive, qui avait fait 85 morts et 300 blessés à Buenos Aires en 1994. La décision de commettre l’attentat contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) "a été prise par les plus hautes autorités de la République islamique d’Iran, qui a chargé le Hezbollah de réaliser l’attaque", a déclaré Alberto Nisman, chef de l’équipe de procureurs chargée de l’enquête. Ces magistrats ont réclamé un mandat d’arrêt international à l’encontre des plus hautes autorités du gouvernement iranien de l’époque, dont le président Ali Rafsandjani.

Cela fait longtemps que l’AMIA, soutenue par Israël et les Etats-Unis, porte ces accusations, fondées sur des renseignements des services secrets argentins, américains et israéliens. Mais elles ont toujours été rejetées par Téhéran et le Hezbollah.

Les auteurs de cet attentat, le plus meurtrier qu’ait connu l’Argentine, n’ont jamais été retrouvés et aucune condamnation n’a jamais été prononcée dans le cadre de l’enquête, qui a donné lieu à de nombreuses accusations d’irrégularités. Le procès de l’attentat, débuté en 2001, s’était achevé en 2004 dans un climat de frustration, avec la relaxe des cinq Argentins poursuivis pour avoir fourni un soutien logistique. Selon l’enquête officielle, le siège de l’association, dans le centre de la capitale argentine, avait été partiellement détruit par quelque 300 kg d’explosifs dissimulés dans une voiture.

"RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT" DANS LES CARENCES DE LA JUSTICE

Le juge argentin Juan José Galeano, qui mena l’enquête pendant neuf ans, avait désigné comme chef d’opération Moshen Rabbani, conseiller culturel de l’ambassade d’Iran à Buenos Aires, avant de se voir retirer l’affaire pour des irrégularités. L’accusation provoqua de vives tensions entre l’Argentine et l’Iran, surtout lorsque, en 2003, la justice britannique arrêta sur mandat argentin l’ex-ambassadeur iranien à Buenos Aires, Hadi Soleimanpour, avant de juger les preuves insuffisantes et de le remettre en liberté.
La justice a accusé fin 2005 un Libanais de 21 ans, membre du Hezbollah, Ibrahim Hussein Berro. Mais la procédure est restée au point mort, faute de preuves et en raison de nombreuses irrégularités judiciaires.

Mercredi, le procureur Niesman l’a, lui aussi, accusé d’être l’auteur matériel de l’attentat, en dépit des dénégations de la famille Berro.
Les gouvernements argentins successifs, à commencer par celui de l’ex-président Carlos Menem, au pouvoir au moment des faits, ont été sévèrement critiqués pour l’absence de progrès dans l’enquête. Le président Nestor Kirchner avait pour la première fois reconnu en 2005 la "responsabilité de l’Etat" dans les carences de la justice.

La communauté juive argentine, la plus importante d’Amérique latine avec quelque 300 000 personnes, réclame chaque 18 juillet, à l’occasion de l’anniversaire de l’attentat de l’AMIA, que justice soit faite, y compris pour un autre attentat, commis deux auparavant contre l’ambassade d’Israël et qui avait fait 22 morts. Là encore, les auteurs n’ont jamais été retrouvés. La communauté juive argentine estime d’ailleurs que si l’enquête avait été correctement menée en 1992, l’attentat contre l’AMIA aurait probablement pu être évité.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe