CNRI – Cest au cours dune réunion solennelle au parlement britannique hier quune déclaration peu commune de juristes et de législateurs a été rendue publique. Londres a rarement connu un tel consensus en matière de droit et de politique étrangère. Sil est un point à retenir dans cette déclaration ce nest pas tant le nombre impressionnant de signatures 2000 juristes, 200 Lords et la majorité des députés mais bien lunanimité dhorizons politiques antagoniques qui se sont levés comme un seul homme pour défendre létat de droit et appeler Downing Street à respecter la loi.
Pourquoi cette levée de bouclier ? Laffaire remonte au 12 décembre dernier. Le Tribunal de Première instance des communautés européennes, la fameuse Cour européenne de justice, annule une décision du Conseil européen de mettre sur sa liste du terrorisme le principal mouvement dopposition au régime des mollahs, les Moudjahidine du peuple dIran.
Cest une première juridique, une véritable « révolution » au sens des juristes qui suivent laffaire, puisque le Tribunal vient dencadrer très sévèrement toute inscription sur la liste noire, jugeant quun grand nombre de droits élémentaires ont été violés. Qui plus est, larrêt de justice est rétroactif ; lannulation signifie que la décision de taxer lOMPI de terrorisme na jamais existé. LUE doit débloquer les fonds gelés et verser les quatre cinquièmes des frais de justice.
Or si à laudience le Conseil européen sengage à appliquer le jugement, une fois mis devant le fait accompli il annonce, en plein mépris de larrêt, quil maintient lOMPI sur la liste. Il agit à la dérobée lors dune réunion du Conseil des ministres des Affaires économiques et financières. Il avance pour se justifier, comme la première fois, des raisons brandies par la Grande-Bretagne, ces mêmes raisons rejetées clairement par le Tribunal.
Trop cest trop. Les juristes et parlementaires britanniques ne peuvent accepter cette transgression flagrante de létat de droit. Ils condamnent vigoureusement les considérations politiques et la complaisance vis-à-vis du régime iranien qui poussent les gouvernements à piétiner les fondements de lEurope démocratique. Ils exigent le respect de la loi, le retrait des Moudjahidine du peuple dIran de la liste du terrorisme.
Si laffaire était restée un moment limitée à une résistance légitime et une dictature religieuse, elle vient soudain de sétendre à lEurope avec les législateurs les élus et les gardiens de la lois les juristes qui rappellent sévèrement à lordre lExécutif. Lintégrisme est plus sournois et dangereux quon ne le pense puisquil vient débranler la base même de lUnion européenne.
Les signataires de la déclaration ne sy sont pas trompés. Des parlementaires ont même lancé une action en justice pour forcer Londres à obtempérer. Bataille politique autant que juridique. Elle augure bien des dangers de la complaisance qui en 1938 avait accouché des accords de Munich et de la seconde guerre mondiale, et qui sefforce aujourdhui doffrir une bombe atomique sur un plateau dargent au pire des régimes contemporains, le fascisme religieux de Téhéran.
Bataille qui démontre, si besoin est, du bien fondé de la Troisième voie proposée par Maryam Radjavi, la dirigeante de la Résistance iranienne, qui balaye dun revers de main cette complaisance irresponsable et la funeste idée dune intervention militaire, en mettant en avant un changement démocratique en Iran, un changement opéré par la population et sa résistance. La résistance iranienne, dont lOMPI fait partie, est à même de réaliser ce changement.
Pour se faire, il faut lever les obstacles posés devant ce mouvement, il faut appliquer le jugement de la Cour, il faut retirer lOMPI de la liste du terrorisme. Il devient évident que le régime en Iran nest pas un danger uniquement pour son peuple mais bien pour lensemble du Moyen-Orient et, si lon ne se dépêche pas, pour le reste de la planète. Le mélange bombe atomique – missiles de longue portée ne met personne à labri des velléités hégémoniques des mollahs.

