dimanche, décembre 4, 2022
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« L’économie iranienne est dans un trou noir », selon un économiste

CNRI – Un économiste iranien a tiré la sonnette d’alarme sur le danger de l’effondrement de l’économie iranienne, qui échappe au contrôle des autorités.

Mohsen Ranani, le directeur de la chambre de l’industrie et des mines d’Ispahan a déclaré sur le site Economie Iranienne, le 12 août: « L’économie iranienne est à comparer avec un trou noire. Quand un système tombe dans un trou noir elle y reste jusqu’à la complète consumation de son énergie, ou bien, sous l’effet d’un choque on peut l’en sortir. »

« Ce à quoi nous sommes confrontés aujourd’hui, c’est l’accumulation de trente années de crises, a expliqué le spécialiste iranien. Crise dans la gestion du quotidien et du temporaire, crise dans la planification globale, crise dans notre système financier et budgétaire, crise dans le système bancaire, crise dans le système judiciaire et les prisons, crise dans l’éducation, crise dans la production, crise dans la santé etc.… »

«Globalement nous sommes face à trois crises. S’il y en a une qui déborde, nous aurons un mouvement social qui peut devenir ingérable », a-t-il insisté.

« Sur le plan politique nous avons la fragmentation du pouvoir, l’abondance des pôles politique et l’absence d’une gestion unifiée. C’est pourquoi notre système politique est en crise. Des gestions parallèles, aux objectifs diverses et contraires, a fait en sorte que des courants politiques discordantes ont monopolisé chacun une portion du pouvoir et font du chacun pour soi. A présent que l’énergie et les ressources internes au système se sont épuisées, le pays est en crise.

« Tant qu’il y aura la manne pétrolière pour compenser les dégâts et faire les frais de l’abondance des centres de décision rivaux, les crises ne déborderont pas. Mais quand il n’y aura plus la manne pétrolière, il ne sera plus possible de dépenser tant d’argent pour autant d’objectifs discordants. Il ne sera pas non plus possible de gérer le pays avec autant d’objectifs discordants. »

Sur le plan économique

L’économiste iranien a expliqué que « sur le plan économique nous avons une grande capacité de production, mais pas les moyens de production. Nous disposons de mains-d’œuvre, mais pas la capacité de leur intégration. Une grande quantité de liquidité a été versée dans l’économie du pays, mais on ne sait pas où elle est allée, et n’a pas servi dans la production. Notre manne pétrolière s’élève à 700 milliards de dollars, mais notre croissance économique s’approche de zéro. Le dollar a grimpé, mais les exportations peinent à remonter, le revenu global du pays a augmenté, mais la paupérisation aussi.

« Dans le domaine économique, il faut citer la crise de la santé, l’accumulation de 16 millions de dossiers dans le système judiciaire, la croissance rapide du taux des divorces, l’augmentation de la corruption sous toutes ses formes (…) Nous avons quelques cinq millions de chômeurs et on prévoit qu’au cours des cinq prochaines années nous aurons cinq millions de diplômés supplémentaires sur le marché du travail. »

Mohsen Ranani s’est également penché sur les retombés de l’élection d’Hassan Rohani au mois de juin: « Pour l’instant l’élection a eu l’effet de l’injection d’un puissant sérum qui pourra faire tenir le malade pour un temps. Mais cela ne signifie pas que la maladie aura disparue, et si on ne trouve pas un remède, si les traitements requis ne sont pas fournis, le malade risque de rechuter. »

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