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« Le peuple iranien veut un changement, mérite la liberté et doit y parvenir » , Maryam Radjavi

CNRI – « La politique de ces trente dernières années vis-à-vis de l’Iran a échoué. Non seulement le régime en place n’est pas réformable, mais il est aussi incapable de compromis. Il constitue une menace urgente pour la paix et la sécurité du monde. Il faut mettre fin à la politique du silence et de l’inaction face aux violations des droits de l’homme en Iran. Il faut imposer avec fermeté des sanctions générales à ce régime et surtout des sanctions pétrolières. Le peuple iranien a montré qu’il veut un changement de régime et qu’il mérite la liberté et le bonheur, qu’il est digne de la démocratie et il doit y parvenir », a déclaré Maryam Radjavi le 25 janvier à Bruxelles.

La présidente élue de la Résistance iranienne s’eprimait dans une conférence internationale réunissant d’anciens hauts responsables américains des administrations Obama, Bush et Clinton, ainsi que des europarlementaires influents et des personnalités comme le sénateur belge Dirk Claes, l’ex-secrétaire générae d’Amnesty International Irene Khan ou l’avocat espagnol Juan Garcès.

Voici le texte de l’intervention  de Mme Radjavi :

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs

Permettez-moi d’abord de remercier le vice-président du Parlement européen Alejo Vidal-Quadras et le Comité international à la Recherche de la Justice, ainsi que le sénateur Dirk Claes et le comité parlementaire belge pour un Iran démocratique, pour avoir organisé cette conférence très importante et opportune. Je suis ravie de pouvoir y prendre la parole.

Permettez-moi aussi de remercier le sénateur Dirk Claes et l’initiative de la majorité des sénateurs belges en soutien à la lutte du peuple iranien pour la démocratie et les résidents d’Achraf. Cette déclaration, qui fait suite à une déclaration similaire d’une majorité de sénateurs français il y a une semaine, indique une fois de plus que les élus d’Europe se placent aux côtés du peuple iranien.

A ce titre, je souhaiterais aussi remercier le Vice-président Alejo Vidal-Quadras,  M. Struan Stevenson et M. Casaca pour leur rôle clé d’avant-garde en Europe en ayant appelé à une nouvelle politique vis-à-vis de l’Iran et en soutien à la résistance.

Permettez-moi de souhaiter la bienvenue à nos hôtes éminents venus des Etats-Unis et d’autres pays, au général Jones, au gouverneur Richardson, au juge Mukasey, à l’ambassadeur Bolton, à l’ambassadeur Dailey, au professeur Wedgwood et à Mme Khan. 

J’espère que les conférences de Bruxelles, Paris et Washington contribueront à la formation d’une nouvelle politique pour contrer les menaces croissantes.

Je vous remercie tous pour appeler à une politique en défense du peuple iranien qui va aussi contribuer à la paix et la sécurité dans le monde.

Je suis aussi très heureuse de compter parmi nous aujourd’hui Mme Irène Khan, ancienne secrétaire générale d’Amnesty International, pour parler des violations des droits de l’homme en Iran et de la catastrophe humanitaire à Achraf.

Je suis ravie de voir émerger un consensus sur une nouvelle politique vis-à-vis de l’Iran, au cœur de laquelle se trouve la radiation de l’OMPI de la liste noire.  Le message de cette approche bipartitem c’est que le temps est venu de mettre fin à la souffrancedu peuple iranien. Aujourd’hui, je voudrais aborder ce que devrait être une politique correcte vis-à-vis de l’Iran. Si vous me le permettez, je poursuivrai en persan.

La répression en Iran, signe de l’impuissance du régime des mollahs

Cette conférence sur le problème iranien se déroule alors que l’exécution hier matin de deux prisonniers politiques par le fascisme religieux, a consterné et affligé le peuple iranien. Jafar Kazemi et Mohammad-Ali Hadj Agha’i étaient des prisonniers politiques héroïques qui avaient chacun passé plusieurs années dans les prisons du régime du guide suprême sous la torture et les mauvais traitements. Quelques jours avant, ils avaient été amenés à deux reprises au pied de la potence pour leur demander de choisir entre le repentir ou l’exécution. Mais ils sont restés fidèles jusqu’à leur dernier souffle à la cause de la liberté du peuple iranien. En hommage à leur persévarance et en réconfort pour le peuple iranien, applaudissons-les pendant toute une minute.

La véritable histoire de l’Iran n’oubliera jamais Jafar Kazemi ni Mohammad-Ali Hadj Agha’i. Tout comme elle n’oubliera pas Ali Saremi, le plus renommé des prisonniers politiques iranien, ni Hossein Khezri, un fils courageux du peuple kurde, exécutés tous deux récemment.

La pendaison hier de ces deux détenus était une vengeance criminelle à l’encontre des Moudjahidine du peuple, parce que le régime est excédé par le rôle de l’OMPI dans le soulèvement et par la popularité d’Achraf dans la société iranienne.

Hier, les amis de ces deux héros, notamment les membres de leur famille, à Achraf comme dans de très nombreux points en Iran et dans le monde, ont organisé des commémorations.  Malheureusement à Achraf, les agents de la police irakienne ont frappé les Achrafiens et même tiré des balles en l’air dans le but d’empêcher cette cérémonie pour satisfaire le régime. Cependant les Achrafiens ont tenu leur cérémonie, mais ces pressions et ces harcèlements continuent.

En vérité il s’agit là de l’expression de l’impuissance des mollahs vis-à-vis de la résistance du peuple iranien. Le régime taxe ces victimes des exécutions de Mohareb ou d’ennemis de Dieu, parce qu’ils s’étaient rendu à Achraf et parce qu’ils défendaient avec beaucoup de courage la résistance.

Mais je le dis à nouveau : si déployer des efforts et lutter pour la liberté et la démocratie c’est être Mohareb ou ennemis de Dieu,alors nous-mêmes et l’ensemble du peuple iranien sommes Mohareb et nous en sommes fiers.

En apparence, on pourrait croire que le peuple iranien face à ce régime n’a que ses larmes, son sang et les mains vides. Mais je dis à mes compatriotes que leur soif de liberté et la persévérance de leurs enfants dans la lutte pour un changement de régime, recèlent une puissance sans commune mesure qui finira par instaurer la liberté.

Aujourd’hui la vague du changement en Afrique du nord et au Moyen-Orient et la soif de liberté des peuples opprimés, rappellent une fois de plus la vérité que le pouvoir des mollahs approche de sa fin. Vous avez pu voir que dans le soulèvement de l’an passé, les Iraniens ont crié des milliers de fois « A bas le principe du guide suprême ». Ils feront à coup sûr de ce slogan une réalité. Les mollahs n’ont ni légitimité, ni stabilité, ni base populaire.

Comme l’a dit une fois le dirigeant de la Résistance iranienne Massoud Radjavi : « Si l’Europe et les Etats-Unis n’avaient pas collé l’étiquette de terrorisme aux Moudjahidine du peuple, il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui il ne resterait plus de trace du régime du guide suprême ». C’est pourquoi dans cette conférence, je suis porteuse d’un message du peuple iranien et de sa résistance. Notre message est  le suivant : Reconnaissez le droit du peuple iranien à changer de régime !

L’échec de la complaisance, la nécessité d’une nouvelle politique

La politique de complaisance qui a guidé trente années durant les gouvernements occidentaux vis-à-vis de l’Iran, a échoué à tous les examens et ses bases se sont effondrées. 
De telle manière qu’il est devenu évident que :
– la stabilité et la tranquillité en Irak, au Liban et en Afghanistan portent préjudice à ce régime et jamais il n’y sera favorable.
– La fermeté à l’encontre de ce régime ne mobilise pas le peuple en sa faveur.
– Ce régime trouve ses intérêts pragmatiques dans la poursuite de son bellicisme.
En conclusion, il n’accepte pas les paquets de mesures incitatives et ne respecte ni la coopération, ni les négociations sans condition.

A la veille de la seconde guerre mondiale, le ministre des Affaires étrangères nazi s’était vu demander : vous voulez le secteur frontalier avec la Pologne, c’est-à-dire Dantzig, ou le corridor de Dantzig ? Le ministre d’Hitler avait répondu : aucun des deux, nous voulons la guerre. Aujourd’hui, les mollahs veulent la bombe, la domination de l’Irak et enchaîner le peuple iranien,  parce qu’ils se savent en phase terminale.

Oui, le temps où le régime du guide suprême propageait des illusions à son sujet a pris fin. Définir une politique juste vis-à-vis de l’Iran, ne se fait plus à tâtons dans l’obscurité. Les leçons de l’Histoire au fil des trente dernières années, ont démontré des vérités importantes que partagent des analystes politiques de tendances diverses.
1- La politique de ces trente dernières années vis-à-vis de l’Iran, c’est-à-dire espérer un changement d’attitude de la dictature en place, a échoué.
2- Non seulement le régime en place n’est pas réformable, mais à cause de sa fragilité intrinsèque, il est aussi incapable du moindre compromis.
3- Ce régime constitue une menace urgente pour la paix et la sécurité du monde.
4- Il ne faut pas permettre à ce régime intégriste, à cet Etat parrain le plus actif du terrorisme et à ce fascisme religieux de se doter de la bombe atomique.
5- Il faut mettre fin à l’ingérence de ce régime en Irak, au Liban, en Palestine et en Afghanistan.
6-  Il faut mettre fin à la politique du silence et de l’inaction face aux violations des droits de l’homme en Iran. Il faut imposer avec fermeté des sanctions générales à ce régime et surtout des sanctions pétrolières.
7- Le peuple iranien a montré qu’il veut un changement de régime et qu’il mérite la liberté et le bonheur, qu’il est digne de la démocratie et il doit y parvenir.

Nous appelons la communauté internationale à adopter une nouvelle politique sur la base de ce socle commun. Il faut mettre fin à la dictature religieuse en Iran. Ce n’est possible ni par la guerre, ni par la complaisance. La solution repose dans une troisième voie, un changement démocratique réalisé par le peuple iranien et sa résistance.

L’impasse des négociations

Après les avis communs, je voudrais aborder un thème sur lequel existent des convictions diverses, voire contraires. Il s’agit des négociations avec le régime. Lorsqu’on examine en profondeur ce sujet, on constate que les divergences ne portent pas sur les négociations en soi, mais sur l’évaluation de la nature du régime. On ne peut pas récuser les négociations comme moyen de régler les querelles internationales. Mais sept années de négociations de la Troïka européennes puis des 5+1, n’ont jamais amené les mollahs à en respecter les obligations. Regarder l’échec total des négociations d’Istanbul. Les mollahs y ont demandé avec impudence et la bombe et la domination de la région. Cette attitude ne vient pas d’une erreur ou d’une vision à courte vue de leur part, mais du fait qu’il s’agit d’un régime moyenâgeux. C’est pourquoi  il assure sa survie avec la répression, le terrorisme et le bellicisme. Le bellicisme est pour lui un mécanisme de défense. Par conséquent, quand dans une négociation, vous demandez aux représentants du régime d’abandonner les violations des droits de l’homme, le terrorisme ou la bombe atomique, cela revient à leur demander de couper la branche sur laquelle ils sont assis.

Sur la base d’une expérience de trente ans de lutte sur tous les fronts avec ce régime, nous avons toujours dit aux pays occidentaux que s’ils arrivaient, au moyen de marchandages et de dialogue, à faire reculer quelque peu ce régime sur son programme atomique, le terrorisme ou les violations des droits de l’homme, eh bien qu’ils marchandent ! Mais s’ils faisaient des concessions à ce régime sur le dos du peuple iranien et de sa résistance, ils sacrifieraient la paix et dans cette région et dans le monde et vous subiriez un échec politique.  C’est pourquoi nous vous appelons à prendre une autre chemin : placez-vous du côté du peuple iranien.

Les erreurs de la politique occidentale

La politique de l’Occident ces trente dernières années vis-à-vis de l’Iran, a glissé d’erreur en erreur. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas venus blâmer le passé. Nous sommes venus construire le futur. Donc il nous faut voir la cause de ces erreurs.

Dans une analyse complète, on s’aperçoit que deux erreurs principales sont à l’origine de ce problème : Tout d’abord, croire les illusions que dispensent les mollahs voulant faire croire que la répression montre leur force et leur base sociale. Ensuite, ignorer la véritable solution pour l’Iran qui a toujours été et demeure le peuple iranien et sa résistance. Il ne fait aucun doute qu’ignorer la résistance renforce cette illusion qu’il est impossible de changer de régime.

– Des années durant, les pays occidentaux ont justifié leur conciliation avec les mollahs en avançant pour argument qu’en Iran il n’existait pas d’autre option que ce régime.
– Des années durant, les Etats-Unis et l’Europe ont justifié leur inaction avec l’argument de ne pas vouloir s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Iran. Alors qu’avec l’étiquette de terroriste, ils ont entravé l’option iranienne la plus efficace et ont commis l’ingérence la plus effective dans les affaires iraniennes, mais en faveur du régime.
– Des années durant, l’Occident a fait cette inscription et l’a maintenue en avançant comme justification de vouloir contenir ou modérer les mollahs. 
– Cette grande concession aux mollahs – qui revient à nourrir des fauves – les rend plus insatiables et plus extrémistes. De plus, la stratégie de renforcement des réformateurs a débouché sur Ahmadinejad.

Le rôle de la Résistance iranienne et d’Achraf

En observant la source de cette querelle, nous pouvons voir que la cause de la puissance du régime, ou l’absence de rôle de la Résistance dans la société iranienne, sont des inventions de cette dictature.

Si ce mouvement est sans importance et n’a pas de base, pourquoi les mollahs placent-ils son maintien sur la liste du terrorisme tout en haut de leurs priorités diplomatiques internationales ?
– Pourquoi depuis un an ne cessent-ils de crier que les Moudjahidine du peuple ont joué un rôle déterminant dans le soulèvement ?
– Pourquoi redoutent-ils autant le camp d’Achraf, désarmé et assiégé, et ne cessent-ils de fomenter des complots à son encontre et de l’attaquer ?
– Pourquoi ont-ils signé avec le gouvernement irakien un accord mutuel pour la répression d’Achraf ?
– Et pourquoi tous ceux qui sont allés à Achraf, sont-ils accusés d’être des Mohareb ou en guerre contre Dieu ?

Ici également, les réactions des mollahs ne sont pas aveugles ou sans raison. Dans leurs démarches et leurs déclarations, ils présentent Achraf comme symbole de la résistance. C’est la réalité. Achraf est l’incarnation d’une stratégie et d’une politique correcte, la persévérance  pour un changement de régime dans sa totalité, au lieu de s’accomoder avec la dictature en place.

Les mollahs redoutent la Résistance iranienne  parce que c’est une alternative politique et culturelle profondément enracinée dans la société. Une alternative forte de 45 années de résistance pour la liberté, et de 120.000 martyrs, des femmes et des hommes courageux qui ont donné leur vie pour la liberté. Une alternative qui a placé au cœur de son programme l’instauration d’une république fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité des femmes et des hommes et le pluralisme, et qui est connue pour sa défense des minorités religieuses et ethniques.

Une alternative qui par l’attachement de sa force axiale, les Moudjahidine du peuple d’Iran, à un islam démocratique et tolérant, constitue l’antithèse efficace de ce régime qui a instauré une dictature terroriste sous le couvert de l’islam. Les Moudjahidine du peuple qui croient dans un islam se distinguant par sa liberté et sa tolérance politique et religieuse, défient l’idéologie démoniaque des mollahs.

Un front international en soutien à une nouvelle politique

Aujourd’hui, heureusement, un large front de politiciens et de parlementaires s’est formé dans le monde en soutien à cette solution. Cette vaste tendance dépassant les intérêts partisans, se retrouve dans la politique correcte de supression de l’étiquette injuste de terrorisme collée à l’OMPI.  De même, ils sont très nombreux dans le monde à souligner, comme la justice espagnole, le statut légal des résidents d’Achraf, en tant que personnes protégées par la quatrième convention de Genève.

Profitant de cette occasion, je voudrais m’adresser à la Secrétaire d’Etat américaine pour lui dire de mettre fin à cet héritage erroné. Il ne fait aucun doute que si l’on se fonde sur le droit et la justice, cette étiquette ne pourra pas durer. Comme l’a dit le dirigeant de la résistance iranienne Massoud Radjavi : « là où il y existe encore une goutte de droit et une once de liberté et de conscience, soyez assurés que nous serons victorieux ». Par conséquent, la crédibilité des Etats-Unis dépend aujourd’hui de cette décision. C’est pourquoi j’appelle les gouvernements occidentaux et en particulier les Etats-Unis,  à reconnaitre le droit du peuple iranien de résister au fascisme religieux.

Nous voulons pour le peuple iranien le même droit sur lequel il y a 235 ans, la déclaration d’indépendance américaine insistait. « Le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur » et que « toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement. »

Jamais nous n’avons voulu et ne voudrons que les Etats-Unis, ni aucun autre pays, envoient leurs enfants à la guerre contre les mollahs. Mais nous leur demandons de lever les obstacles qu’ils ont posés sur le chemin du changement en Iran. La supression de l’étiquette du terrorisme, le respect des engagements des Etats-Unis sur la protection d’Achraf, des mesures urgentes pour lever le blocus inhumain du camp, et la dissolution du comité illégal de répression d’Achraf, sont les premiers pas nécessaires dans ce sens.

J’appelle tous les gouvernements du monde à reconnaître la résistance du peuple iranien pour un changement de régime et j’appelle le monde à venir en aide à Achraf.

Je vous remercie.