lundi, janvier 30, 2023
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« La justice cherche à faire durer cette affaire le plus longtemps possible » Me Champetier de Ribes

Me Philippe Champetier de RibesCNRI – « On a l’impression que ce que cherche la justice c’est de faire durer cette affaire, à continuer à la faire durer le plus longtemps possible de façon à sans doute conserver de bons rapports avec l’Iran. En tout cas il est clair que nos principes sont foulés au pied », a déclaré Me Philippe Champetier de Ribes.

Il s’exprimait le 4 mars lors d’une conférence à Paris intitulée «Justice pour la Résistance iranienne», qui rassemblait juristes de renom et personnalités politiques venus examiner les moyens de mettre un terme à l’information judiciaire ouverte le 17 juin 2003 contre des opposants iraniens. Trois avis juridiques remarquables du Pr. Cassese, du Pr. Labayle et du Pr. Bouloc ont été présentés. L’invitée d’honneur était Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici des extraits se son intervention :

Le lendemain de la libération de mon client des locaux de la DST, de sa mise en examen, il m’a demandé : « mais qu’est-ce qui va se passer maintenant ? » Et je lui ai répondu : il ne va se passer rien du tout. Rien du tout parce qu’on avait compris dès cet instant que cette action de la justice française avait une origine qui n’était pas celle de  l’application simplement des règles de droit, qui ont d’ailleurs été détournées à cette occasion, mais qui était beaucoup plus vaste et sans soute politique. Ce n’est pas le rôle des avocats d’en parler. Mme Radjavi l’a fait excellemment tout à l’heure. Mais il suffit de se souvenir que le 22 juin suivant, cinq jours après l’interpellation de mon client, le Journal du Dimanche faisait le rapprochement entre l’intervention des forces de police à Auvers-sur-Oise et les contrats passés par la France avec l’Iran notamment en matière de recherche pétrolière. 

Donc il y avait manifestement ici une situation qui dépassait le cadre judiciaire. C’est la raison pour laquelle l’intuition que j’avais avec tous les autres avocats de la défense, qu’il ne se passerait rien, a été confirmée.

On voit bien qu’il s’agit, à chaque fois que l’instruction s’enlise, qu’elle dure trop longtemps, de convoquer à nouveau les personnes mises en examen pour les interroger, de sorte que la justice n’encourt pas le reproche d’être totalement passive.

Nous sommes évidemment plein d’espoir aujourd’hui, à la suite de la grande victoire obtenue par les avocats européens notamment par mon ami et associé Jean-Pierre Spitzer, qui a été l’objet d’un combat terrible devant des juridictions européennes.

Nous pensons que la France pour une fois pourrait peut-être en tenir compte et prendre des décisions qui s’imposent.

Nous sommes pleins d’espoir mais nous sommes prudents. Parce que comme l’a dit tout à l’heure notre confrère William Bourdon, à chaque fois que nous obtenons une victoire, la justice déplace le problème.

On a l’impression que ce que cherche la justice c’est de faire durer cette affaire, à continuer à la faire durer le plus longtemps possible de façon à sans doute conserver de bons rapports avec l’Iran. En tout cas il est clair que nos principes sont foulés au pied, avec le respect des libertés individuelles, de la dignité des personnes qui habitaient en France depuis près de vingt ans avant d’être interpellées, et alors qu’elles ne s’étaient livrées à aucune activité différente de celle qui était les leurs au sein de l’organisation depuis si longtemps. Tout cela est inexplicable, tout cela est profondément choquant.

Et nous tous les avocats de la défense des personnes mises en examen, nous continuerons de toutes nos forces à lutter pour faire reconnaître leur innocence, soit effectivement dans une ordonnance de non lieu qui pourrait être rendue prochainement.

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