lundi, décembre 5, 2022
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« Je vois au travers des résistants d’Achraf un courage, un symbole », Gilles Paruelle

 CNRI – « c'est incroyable le nombre de jeunes résistants qui se trouvent à Achraf . Un nombre impressionnant de jeunes diplômés qui venaient d'Allemagne, du Canada, des États-Unis et bien évidemment d'Iran, venus pour donner leur vie pour la résistance et pour la démocratie. À chaque fois que j’ai les bras qui m’en tombent. Je les écoute et je me dis : je ne serai certainement pas capable de faire ce choix, et encore de rester dans la résistance aussi longtemps. C'est une expérience qui est importante : rencontrer des personnes qui résistent dans l'intérêt de la démocratie est un plus pour leur pays, on n'en trouve pas beaucoup ! », a déclaré Me Gilles Paruelle.

L’ancien bâtonnier du Val d’Oise s’exprimait dans un colloque à l’occasion du 30e anniversaire de la révolution antimonarchiste en Iran, organisé au Sénat le 11 février par le Comité français pour un Iran démocratique.

La réunion a été l’occasion de se pencher sur la terrible situation des droits de l’homme et de faire un tour d’horizon de la dictature religieuse et de la Résistance iranienne. Les orateurs ont insisté sur la nécessité de lever les restrictions qui pèsent encore sur la résistance, notamment de clore le dossier vide du 17 juin 2003 qui touche des opposants iraniens. Le maintien du dossier étant une des conséquences de la politique erronée de complaisance avec le régime des mollahs.

Voici son intervention :

Je fais partie des rares privilégiés qui se sont rendus à plusieurs reprises à Achraf et j'y étais il y a quelques semaines encore au milieu des résistants. Achraf c'est une ville avec des personnes qui me sont particulièrement attachées. Car je vois au travers d’eux, un courage, un symbole exemplaire !

On vous a indiqué ce qu’était le gouvernement iranien, il suffit que vous ouvriez tous les journaux pour vous rendre à quel point le terrorisme se trouve de ce côté-là : les lapidations, les arrestations, les flagellations, le non-respect des femmes.

Je regardais hier soir sur France 24, à 23 heures, il y avait une interview d'une dizaine de minutes du nouvel ambassadeur d'Iran en France, c'était à pleurer ! Par ce qu'il nous expliquait que l'Iran était le pays le plus démocratique qu'il soit et que c'était la France qui était elle-même terroriste en acceptant qu'une partie de son opposition puisse exercer et s'exprimer en France. C'était franchement extrêmement triste !

Pendant ce temps-là je pensais aux ressortissants d’Achraf. La première fois que j’y suis allé la situation étais difficile, car à ce moment-là ils n'avaient aucun statut, les Américains pensaient devoir les extrader, les expulser et les renvoyer en Iran. J'ai rendu visite à ces personnes qui étaient interrogées individuellement pour savoir si véritablement elles souhaitaient rester dans la résistance du camp d'Achraf ou bien si elles devaient être renvoyées dans un autre pays.

C'était une période extrêmement difficile, j'y suis retourné il y a quelques semaines dans une situation tout aussi difficile puisque la sécurité du camp d'Achraf doit revenir très rapidement dans le cadre du pouvoir du gouvernement irakien, avec toutes les difficultés qu'on peut y trouver, avec l'influence du gouvernement iranien au sein même du gouvernement irakien. Donc les mêmes difficultés, les mêmes craintes pour les gens d'Achraf.

Sept personnes sont là, résistant depuis 30 ans. Je me suis toujours interrogé : 30 ans ? On fête aujourd'hui le 30e anniversaire de la révolution islamique, ont fête également les 30 ans de la résistance iranienne ! Alors je me disais, ce qui était important c'est de savoir ce que pensaient ces gens d'Achraf. J'ai rencontré un certain nombre de personnes -j'espère pouvoir publier leurs témoignages. Il y a trois types de personnes que j'ai pu entendre : ceux qui sont là depuis le début, ils ont subi les difficultés, la terreur du gouvernement du chah, ils ont résisté sous le chah, ils sont là en résistance par rapport à ce qu'ils avaient vécu. Et puis il y a les plus nombreux : ceux qui ont subi dans leur chair, dans leur famille, les difficultés et la terreur du gouvernement islamique. Ils sont extrêmement nombreux.

Et il y a un certain nombre de jeunes. Mais c'est incroyable le nombre de jeunes résistants qui se trouvent à Achraf ! Je me disais je comprends une résistance de 30 ans pour les personnes qui ont subi ce qu'ils ont subi sous le chah et au début du régime des mollahs, mais 30 ans après, que représente la résistance iranienne ? Eh j'ai rencontré un nombre impressionnant de jeunes diplômés qui venaient d'Allemagne, du Canada, des États-Unis et bien évidemment d'Iran, et qui viennent pour donner leur vie pour la résistance et pour la démocratie.

À chaque fois j’ai les bras qui m’en tombent. Je les écoute et je me dis : je ne serai certainement pas capable de faire ce choix, et encore de rester dans la résistance aussi longtemps. Je vous assure que c'est une expérience qui est importante : rencontrer des personnes qui résistent dans l'intérêt de la démocratie est un plus pour leur pays, on n'en trouve pas beaucoup !

J'ai rencontré des personnes qui sont dans le camp depuis 20 ans à résister. Ils ont donné leur jeunesse, ils ont donné leur famille, ils ont tout donné pour la démocratie. Je crois qu'il ne faut pas les oublier !

Cette expérience que j'ai eue au travers de mes visites à Achraf, c'est important pour moi. Il n'y a pas une seule journée où je me réveille sans penser à ces gens d'Achraf. Il faut faire en sorte qu'ils puissent rester là où ils sont actuellement, c'est-à-dire à Achraf.

 

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