dimanche, décembre 4, 2022
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« Il y a là une injustice qui doit être réparée au plus tôt » (LDH)

Jea-Pierre DuboisCNRI – « Nous somme ici mobilisés non seulement autour de principes juridiques, non seulement autour du respect de l’état de droit, mais aussi autour d’une certaine conception des droits. Une conception universaliste qui refuse qu’il y ait deux poids, deux mesures et qui refuse que le respect des droits s’efface dans des considérations qui peuvent être en effet pétrolières, nucléaires, géopolitiques ou autres, mais qui pour légitimes qu’elles puissent être parfois, ne doivent jamais compromettre la défense des droits »,  déclarait Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’Homme, le 17 juin au siège de la LDH.

« Le 17 juin 2003, une rafle de la police française est lancée contre le Conseil national de la Résistance iranienne et débouche sur la garde à vue puis la mise en examens de ses dirigeants et le blocage de ses avoirs. Il a été dénoncé plus tard que l’attaque contre ces opposants avait été décidée lors du voyage à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. Depuis sept ans, tout a été fait pour éviter le non lieu-général qui s’impose. Aucune complaisance ne peut être de mise aujourd’hui vis-à-vis du régime de Téhéran. Le temps est venu pour la justice française de démontrer son indépendance en clôturant ce dossier enlisé ». Tel est le thème de la conférence de presse qui s’est tenue le 17 juin 2010 à la Ligue des droits de l’homme. Sous la houlette de Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, étaient réunis Me Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, Me Mario Stasi, ancien bâtonnier de Paris, Me Joseph Cohen-Sabban, Jean-Michel Belorgey, ancien président de l’intergroupe parlementaire de la LDH, François Colcombet, ancien juge-conseil à la cour de cassation, et Mohammad Mohaddessine, président de la commission des Affaires étrangères du CNRI.

Voici des extraits de l’intervention de Jean-Pierre Dubois :

Chers Amis, merci donc d’être venus à la ligue des droits de l’homme, pour ce rendez-vous annuel. C’est la huitième fois que nous nous retrouvons et ce seul fait est en soi quelque chose d’assez scandaleux, puisqu’il s’agit de ce dossier incroyable d’une opération politico judiciaire montée à grand spectacle médiatique, il y a maintenant sept ans et visant à présenter le Conseil national de la Résistance iranienne comme une organisation terroriste au bénéfice d’un régime de justice d’exception que la Ligue des droits de l’homme dénonce depuis qu’il a été institué.

Donc nous nous retrouvons tous les ans pour constater qu’un dossier qui est désespérément vide, traine, n’est pas clos, chacun sait ce qu’il en est de part et d’autre mais comme nous le disons année après année, les enjeux politiques, diplomatiques et de diverses nature internationale font qu’on n’arrive pas à se rendre à l’évidence. L’organisation des Moudjahidine du peuple iranien a été finalement rayée des listes d’organisations terroristes, les combats judiciaires ont été gagnés en Grande-Bretagne, l’Union européenne en a pris acte. Bref tout est réuni pour que l’on constate qu’il y a eu une espèce de montage sans aucun rapport avec la réalité des faits. Nous ne nous décourageons pas. Nous savons qu’il y a beaucoup d’élément extrajudiciaires qui pèsent sur ce dossier, mais nous ne renoncerons pas à dire que sur le principe même, cette justice d’exception s’est comportée d’une manière qui n’était pas conforme au droit et qu’il y a là une injustice qui doit être réparée au plus tôt (…)

Nous avions sur le sol français un terroriste iranien. Il a été jugé, il a été condamné, il vient d’être expulsé et il va maintenant pouvoir retrouver ce qu’il sait le mieux faire en Iran où il a été accueilli avec beaucoup de sympathie, c’est l’assassin de Chapour Bakhtiar. Nous sommes effectivement dans un système où la Justice française, instrumentalisée par le pouvoir politique français, sait récompenser les mérites de chacun en qualifiant de terroriste des gens qui ne le sont pas et en faisant en sorte que ceux qui sont vraiment des terroristes puissent continuer à vivre ailleurs (…)

Nous ne découvrons pas aujourd’hui que la justice d’exception est à la justice ce que la raison d’Etat est à la raison, pour paraphraser Clémenceau. Donc nous sommes pour nous sur une question de principe sur laquelle nous ne lâcherons pas (…)

Vous avez compris que nous somme ici mobilisés non seulement autour de principes juridiques, non seulement autour du respect de l’état de droit, mais aussi autour d’une certaine conception des droits. Une conception universaliste qui refuse qu’il y ait deux poids, deux mesures et qui refuse que le respect des droits s’efface dans des considérations qui peuvent être en effet pétrolières, nucléaires, géopolitiques ou autres, mais qui pour légitimes qu’elles puissent être parfois, ne doivent jamais compromettre la défense des droits. Vous pouvez être assurés de notre détermination à continuer sur ce chemin. Je ne sais pas quand nous gagnerons mais je suis sûr que nous gagnerons, ça c’est absolument certain. J’espère que ce sera le plus tôt possible.

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