dimanche, novembre 27, 2022
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« Assez de complaisance avec l’Iran »

« Assez de complaisance avec l’Iran »Nord Eclair – Point commun entre eux et Salman Rushdie : Ils font l’objet d’une fatwa. Laïa, Parvine et Ali, ont dû fuir leur pays. Samedi à Roubaix, ils ont évoqué la terreur que le régime des mollahs impose à la population iranienne au sein de laquelle la résistance selon eux, serait en train de s’organiser…

 

Parvine Abdi ouvre son sac et nous montre la photo d’un adolescent. « C’était mon frère, l’année de ses seize ans, l’année aussi de son arrestation par les pasdarans. Cinq ans après, c’était en 1988, juste après la guerre avec l’Irak, Khomeiny l’a fait pendre comme 30.000 autres prisonniers politiques »… Parvine pour sa part a été arrêtée alors qu’elle se rendait aux funérailles d’une amie, suspecte aux yeux du régime. Elle travaillait alors dans un journal des Moudjahidine. Impardonnable. Le procès s’est réglé en 10 mn sans avocat. Au bout de quelques mois de captivité, de tortures, d’humiliations, elle est parvenue à s’évader. Mais ce sont ses compagnes de captivité qui ont dégusté.

Ancienne dentiste, Laïa Rozan a elle aussi été arrêtée. Elle raconte tout ce qu’elle a subi et tout ce qu’elle a vu dans un camp qui n’avait décidément rien à envier à celui d’Auschwitz avec des gardiens n’attachant guère plus de sentiments que des SS.  Les coups de câble électrique sur les plantes de pieds puis sur le dos, les tortures, les humiliations, les viols et quantités d’autres choses.  « On comptait le nombre de détonations lors des coups de grâce pour savoir combien d’entre nous étaient passées au peloton d’exécution. »

Elle s’en est sortie. « Une de mes amies a tenté de se suicider en utilisant une épingle qu’elle avait trouvée par terre. Mais moi, il fallait à tout prix que je survive pour raconter. » La même détermination chez Laïa que chez ceux qui ont échappé à l’Holocauste.

Les subtilités du code civil

Les femmes manifestement ont droit à des égards particulier en Iran : On les torture avec plus de sadisme encore que les hommes. C’est le régime des mollahs qui veut ça. Il y a notamment l’article 1041 du code civil qui prévoit que le mariage avant la puberté est possible… si le marié est consentant ; l’article 1133 qui stipule que le marié peut obtenir le divorce à tout moment sans être tenu de verser une pension alimentaire. Il y a aussi ces adolescentes qui sont vendues pour l’équivalent d’une trentaine d’euros, voire si elles sont vraiment jeunes pour 35 euros. « La femme doit être un calmant pour son mari », assurent les mollahs.

« Mais que l’Europe, notamment la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne cessent de faire montre de complaisance avec cette dictature ! » implore Ali Eftekhari, un ingénieur qui, lui aussi considéré comme subversif, a dû fuir l’Iran. « Un cousin et une cousine ainsi que des amis ont été exécutés en 1982. Quand le chah est tombé, tout le monde était content. Il ne nous a pas fallu deux ans pour perdre toutes nos illusions. » Ce que l’on appelle tomber de Charybde en Scylla…

Ali s’étonne de l’étonnement actuel de l’Occident quant à la possibilité pour l’Iran de disposer rapidement de l’arme nucléaire. « Cela fait 18 ans que nous signalons ce risque. En 2002, nous avons fourni la liste des sites mais l’Europe fait montre de trop de complaisance pour ne pas se priver de ressources énergétiques. Dans deux ans, l’Iran aura sa bombe atomique et le monde entier sera en danger. Il faut se dire aussi que la guerre civile qui fait rage actuellement entre sunnites et chi’ites en Irak est orchestrée par le régime iranien. On ne demande pas à l’occident de déclarer la guerre à l’Iran mais de faire montre de neutralité. De boycotter le pétrole iranien. La population ne souffrira pas davantage pour cela. 87% des habitants sont déjà au-dessous du seuil de pauvreté. »

Ali est persuadé que c’est le peuple iranien lui-même qui balaiera  le régime des mollahs. Difficile pourtant pour lui de chiffrer le nombre de résistants à l’intérieur du pays. Le Conseil national de la résistance iranienne que préside une féministe, Maryam Radjavi, est l’émanation de cinq formations politiques. Mais quel est son poids réel dans un pays dont les dirigeants ont horreur des fortes têtes ?

« Ce n’est pas l’islam que je condamne », nous précise Ali. « C’est la négation d’une démocratie dont nous avons tant besoin. Musulman je suis toujours, et chi’ite je reste. »

(Article paru le 21 mars 2006)

 

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