vendredi, février 3, 2023
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L’Allemagne devrait reconsidérer sa politique vis-à-vis de l’Iran

« L’Allemagne devrait se méfier des menaces et programmes de Téhéran » est le titre d’un article informatif publié par Majid Rafizadeh, président du Conseil International Américain au Moyen-Orient :

« L’influence et les interventions croissantes de l’Iran au Moyen-Orient sont bien documentées et connues des analystes politiques, des politiciens et des universitaires. Pourtant, peu d’études ont été menées sur les activités et la politique de Téhéran envers l’Allemagne.

Depuis l’accord nucléaire, l’Allemagne a relancé le commerce et les affaires avec l’Iran, et contrairement à la France, elle sous-estime les menaces que constituent les missiles balistiques de Téhéran.

L’Allemagne devrait se rendre à l’évidence que l’administration du président iranien Hassan Rohani est une parodie de diplomatie et de démocratie. Les Gardiens de la révolution (pasdaran), leurs milices et le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, sont le véritable visage du régime. Ils sont les principaux bénéficiaires de l’accroissement du commerce et de la complaisance en Allemagne, ce qui a de graves conséquences pour la région et pour les intérêts ainsi que la sécurité de l’Allemagne sur le long terme.

Le modus operandi de Téhéran consiste à tromper les gouvernements étrangers en recrutant des tiers étrangers pour opérer secrètement en son nom. Selon un récent rapport du journal allemand Bild, l’Allemagne a décidé de verser des centaines de milliers de dollars à une filière chiite pro-Téhéran.

Le rapport indique que ce financement, qui est assuré par le Fonds de sécurité intérieure de l’UE et administré par l’agence fédérale des affaires criminelles allemande, vise à lutter contre l’extrémisme et à promouvoir la déradicalisation. Berlin ne semble pas avoir examiné l’interdépendance entre Téhéran et certains groupes nationaux pro-iraniens qui opèrent sous divers déguisements.

L’exportation de ses idées religieuses extrémistes n’est pas le seul moyen que Téhéran utilise pour porter atteinte à la sécurité nationale de l’Allemagne. Elle a également activement ciblé les entreprises allemandes pour mener des opérations de contrefaçon et contourner les normes financières mondiales qui protègent les structures financières.

Récemment, les pasdaran ont été tenus responsables de l’utilisation d’entreprises allemandes dans un stratagème complexe de contrefaçon de monnaie. Le plan a fourni aux banques yéménites des devises d’une valeur potentielle de centaines de millions de dollars pour la Force Qods affiliée aux pasdaran et à leurs milices au Yémen.

Le Département du Trésor américain a imposé des sanctions aux entreprises allemandes, affirmant qu’elles étaient utilisées comme « des sociétés écrans pour tromper les fournisseurs européens, contourner les restrictions à l’exportation et acquérir des machines d’impression de pointe, des machines d’impression sécurisée et des matières premières » pour faciliter le système de fausse monnaie.

En outre, depuis la mise en œuvre de l’accord nucléaire, l’Iran essaie d’inciter les entreprises allemandes à lui fournir des technologies illicites qui peuvent être utilisées pour faire progresser ses programmes militaires nucléaires et de missiles balistiques. Ces tentatives constituent des violations de l’accord nucléaire et de la résolution 2231 de l’ONU.

Selon trois rapports des services de Renseignement allemands, Téhéran a fait en 2016 « 32 tentatives d’acquisition… que des programmes de prolifération ont été certainement ou très probablement entrepris ». De nombreuses tentatives ont été faites dans le Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Depuis le début de cette année, 141 tentatives ont été enregistrées en ce qui concerne les tentatives iraniennes d’obtention de marchandises illicites dans la seule ambition de prolifération.

Téhéran essaie de contourner les restrictions internationales sur ses programmes nucléaires et de missiles par l’intermédiaire de tierces parties, en ciblant particulièrement les entreprises allemandes parce qu’elle estime que cela attirera moins de soupçons, d’enquêtes et d’attention médiatique mondiale. L’Allemagne doit reconsidérer sa politique vis-à-vis de l’Iran. »

• Majid Rafizadeh est un politologue irano-américain diplômé d’Harvard. Il est spécialiste de l’Iran et de la politique étrangère américaine, homme d’affaires et président du « Iranian American Council ». Il siège aux conseils d’administration de la Harvard International Review, du Conseil des Relations Internationales et de l’US-Middle East Chamber for Commerce and Business.
Source: Arab News

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