samedi, décembre 3, 2022
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Javier Solana à nouveau snobé par l’Iran

Javier Solana à nouveau snobé par l'Iran Le négociateur iranien Larijani a fait faux bond au chef de la diplomatie européenne

Par Alexandrine Bouilhet
 
Le Figaro – Deux Rendez-vous manqués en deux semaines : face aux Iraniens, Javier Solana a appris à garder son calme. La rencontre prévue mercredi, à Vienne, avec le négociateur sur le nucléaire, le Dr Ali Larijani, pourrait finalement se tenir demain. Déjà fin août, une rencontre n’avait pu avoir lieu. Et quant au nouveau rendez-vous, les Iraniens peuvent aussi bien l’annuler à la dernière minute, comme ils l’ont déjà fait les 5 et 6 juillet dernier, à Bruxelles.

Obligé de garder son sang-froid, le chef de la diplomatie européenne s’en est allé, hier, au Danemark, rendre visite à la reine, et au premier ministre, «dans le cadre de relations bilatérales». Pendant ce temps, le Dr Larijani paradait à Madrid, rencontrant successivement le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, puis le premier ministre, José Luis Rodriguez Zapatero. «L’Espagne souhaite faciliter le dialogue entre les Iraniens et Solana», assurait-on hier à Madrid, alors que le diplomate espagnol tente en vain de voir Larijani depuis la fin du mois d’août.
 
Pour le chef de la diplomatie européenne, c’est un nouvel affront. Mandaté par les six grandes puissances pour discuter de l’offre européenne sur le nucléaire, Javier Solana se retrouve otage de l’agenda iranien, obligé de subir sans mot dire des annulations de dernière minute, depuis le mois de juillet. «Cela fait partie de leur mise en scène», relativise-t-on à Bruxelles. «Les Iraniens font escale en Espagne avant de venir voir Solana. Cela devient une habitude. Mais ce n’est pas l’Espagne qui négocie au nom des Six !», rappelle l’entourage du haut représentant.
 
«Les Iraniens disent qu’ils préfèrent discuter avec les ministres européens qu’avec un émissaire», explique un diplomate, «ils cherchent aussi à diviser le camp occidental, en allant voir les ministres qu’ils croient les plus favorables à leur cause».

 «Situation humiliante»
 
Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, est considéré comme le plus «pro-arabe» des ministres européens, alors que Javier Solana, dans le dossier nucléaire, parle au nom de l’Europe et de la Russie, mais aussi et surtout des Etats-Unis.
 
«La situation devient humiliante pour Solana. Il faut que cela cesse», estime un diplomate allemand. Alors que les Iraniens ont annulé le rendez-vous avec Solana mercredi, «pour des raisons pratiques», la chancelière Angela Merkel a tenu des propos sévères, les plus durs jamais tenus par un responsable européen. «La réponse de l’Iran n’est pas satisfaisante. Nous n’allons pas fermer la porte aux négociations, mais nous, la communauté internationale, n’allons pas rester passifs pendant que l’Iran porte atteinte aux règles des autorités nucléaires de l’ONU», a-t-elle dit à des parlementaires allemands. Face à l’impatience de la communauté internationale, également palpable chez les Russes, les Iraniens restent impassibles. «Nous avons notre propre calendrier», répètent-ils, conseillant aux Occidentaux, notamment à Javier Solana, de rester «patients».

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