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Iran: un régime théocratique fasciste désireux d’exclure toute indépendance de pensée (lord anglais)

CNRI – Le 7 décembre, un séminaire était organisé au parlement britannique en présence de dizaines de parlementaires des trois principaux partis qui ont pris la parole en faveur d’une nouvelle politique vis-à-vis du régime iranien et de son alternative, le Conseil national de la Résistance iranienne. Voici l’intervention de Lord Taverne :

J’ai entendu plusieurs discours éloquents ce matin qui ont bien insisté sur le fait que nous avions eu tort de penser que nous pouvions négocier avec ce régime. Il y a ce refus persistant des dirigeants occidentaux de comprendre la nature de ce régime.  Je voudrais maintenant me concentrer sur un sujet complètement différent qui pourrait être considéré comme un élément mineur de la politique énigmatique de ce régime, mais je pense qu’il est important et je serai bref.

Ce qui est clair, c’est que le régime iranien reconnaît la menace à laquelle il fait face à l’intérieur du pays avec les jeunes et les intellectuels d’Iran et la grande majorité d’étudiants des universités, et on a pu s’en rendre compte récemment avec le renforcement de la censure sur les livres. Un interdit a été décrété sur un grand nombre d’ouvrages, certains probablement surprenants. Je ne vois pas comment le Da Vinci Code peut constituer une menace pour le régime, mais aussi certains grands auteurs de la littérature perse. Nous devons nous rendre compte que nous sommes face à un régime théocratique fasciste, tout aussi désireux que les fascistes l’étaient, d’exclure toute indépendance de pensée, et particulièrement toute indépendance de pensée provenant de la lecture de grandes idées de la littérature passée et de la littérature présente.
 
Les mollahs viennent d’annoncer à nouveau que ce à quoi ils font face est la menace de l’imaginaire et de la pensée. Cette menace est rehaussée par ce fantastique écrivain qu’est Azar Nafizi, un des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers temps. Son message est le suivant. Le ministre de la Guidance islamique et de la Culture a déclaré que nous devions empêcher les éditeurs de servir un plat empoisonné à la jeune génération. Le président Ahmadinejad lui-même a reconnu que malgré 27 années de révolution, ils ne sont pas parvenus à convaincre les citoyens iraniens et particulièrement ceux sur qui ils comptent, les enfants de la révolution et certains des ardents gardiens de la révolution. Il a admis qu’ils avaient échoué dans l’élimination de toutes pensées libérales et laïques, parce qu’il avait spécifiquement demandé aux étudiants de purger leurs universités et leurs classes de tous les éléments libéraux et laïques, car il avançait que la lecture de littérature étrangère était la preuve de l’infériorité de l’Iran. Cela le met en position de laquais de l’Occident.
 
Aujourd’hui bien entendu, la grande littérature n’est pas occidentale, ni orientale, elle est universelle et s’ils ne peuvent pas établir de liens avec le monde extérieur, alors les étudiants veulent nouer ce contact par les livres. Ce n’est pas uniquement la littérature occidentale qui est attaquée. C’est aussi les chefs-d’oeuvre de la littérature iranienne. C’est une grande tragédie qu’un des grands centres de la culture perse soit supprimé et c’est quelque chose qu’ils cherchent à détruire. Après tout, l’Iran est le plus grand centre, et le plus animé, d’étudiants au Moyen-Orient et il est en train de disparaître. Ils cherchent aussi à détruire l’inspiration de leur propre passé, tournant le dos celui-ci, lorsqu’à une époque, l’Islam était un centre de civilisation. Tout comme les grands intellectuels de Perse et de Bagdad, qui ont sauvé la littérature grecque pour le monde. Ils ont traduit Aristote et Platon. Ils ont sauvé les tragédies grecques. Ils ont importé les sciences du monde entier. C’était le centre de la connaissance scientifique.
 
Ils tournent le dos à tout ceci, parce que les influences extérieures qui faisaient partie de la civilisation islamique sont un dangereux plat empoisonné. C’est l’arme traditionnelle des dictateurs. La censure a toujours été une arme importante pour eux, mais elle est particulièrement dangereuse lorsqu’elle est en vie comme beaucoup d’orateurs l’ont fait remarquer. Il ne s’agit pas seulement d’une dictature passive, mais d’une dictature qui cherche à exporter sa révolution au monde extérieur. N’oublions pas que l’ambition première du gouvernement iranien est d’établir une fédération d’Etats théocratiques islamiques, gérée et dirigée par l’Iran.
 
De nombreux orateurs ont très justement dit que la morale de tout cela, de tout ce que nous tirons des événements en Iran est que lorsque nous faisons face à une dictature fasciste, et dans ce cas une théocratie fasciste, aucun compromis et aucune négociation n’est possible. Ils n’ont rien à donner. Le seul espoir est de renverser ce régime et ce de l’intérieur. L’expérience de l’Irak montre très clairement à quel point un changement de régime venant de l’extérieur peut conduire à un désastre. Le seul espoir est de renverser le régime et le seul espoir pour le bien-être à long terme du Moyen Orient, lorsque l’Iran jouera un rôle prééminent, est Mme Radjavi.