Par Ali Safavi
CNRI – Le printemps en Iran a été marqué cette année par une vague nationale de protestation dans pratiquement tous les secteurs de la société iranienne. Elle a débuté en mars avec des manifestations et des grèves suivies par des dizaines de milliers de travailleurs. En avril et en mai, le malaise social a atteint un tel niveau que des dizaines de milliers de travailleurs ont tenu leur promesse de descendre dans la rue en masse.
Plus de cent mille dentre eux ont mené une manifestation le 1er mai à Téhéran, faisant de ce rassemblement le plus important de ces deux dernières décennies en Iran. Ils ont exprimé leur désir ardent de changement en scandant « mort aux oppresseurs » et « la liberté est notre droit inaliénable ».
Des dizaines de milliers de professeurs, qui étaient en grève à Téhéran et dans les quatre coins du pays, les ont rejoints le 2 mai.
Les femmes sont elles aussi descendues dans la rue pour protester contre les mesures répressives radicales dont elles sont victimes sous prétexte d’être « mal voilées ». Les étudiants de lUniversité de Téhéran et dailleurs se sont réunis pour manifester et décharger leur colère face à la politique
répressive du régime.
La résistance continue aux mollahs de lensemble des citoyens, qui se manifeste par exemple par le soulèvement violent qui a eu lieu fin avril à Eqlid, dans le sud de lIran, revêt une importance particulière si l’on tient compte du fait que durant l’année calendaire persane (qui prend fin le 21 mars), 5000 mouvements de protestation ont éclaté à travers le pays, poussant les responsables politiques à exprimer leurs inquiétudes et leurs craintes de perdre le contrôle de la situation. Ce mouvement témoigne de trois faits incontestables aujourdhui en Iran.
Le premier est lexistence dune situation explosive et la volonté de la population d’en finir avec la dictature religieuse, que Khamenei a tenté de consolider en 2005 en propulsant à la présidence un meurtrier notoire, commandant des Gardiens de la Révolution, Mahmoud Ahmadinejad.
Deuxièmement, léchec total du programme politique et sécuritaire dAhmadinejad, à savoir son engagement antérieur aux élections de soulager la misère des citoyens les plus pauvres et son intention ridicule de faire du programme d’armes nucléaires un objet de fierté nationale.
Et troisièmement, lattitude de défi permanente et grandissante de la part de la population, fondée sur un mouvement de résistance organisée, en dépit des mesures de répression brutales.
Pour la théocratie tyrannique au pouvoir, ces faits tirent la sonnette dalarme et expriment d’une part l’élévation du désir ardent de liberté et de démocratie de la résistance nationale et des Iraniens, et dautre part l’impasse irrémédiable dans laquelle se trouve le régime et son incapacité à contenir le mécontentement croissant.
* Ali Safavi, du Conseil national de la Résistance iranienne, est président de Near East Policy Research, société danalyse politique à Washington, DC. www.neareastpolicy.com

