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Iran : Un appel à plus de fermeté

28 juin 2008 - 70 000 Iraniens se réunsissent à Villepinte en soutien à Maryam RadjaviPar Dominique Brière

La revue parlementaire, juillet 2008 – 70 000 Iraniens réunies à Villepinte appellent la présidence française de l'UE à plus de fermeté à l'égard de l'Iran des mollahs et à appliquer les décisions de justice retirant l'OMPI de la liste noire.

 

 

28 juin 2008 - 70 000 Iraniens se réunsissent à Villepinte en soutien à Maryam Radjavi

Par Dominique Brière

La revue parlementaire, juillet 2008 – 70 000 Iraniens réunies à Villepinte appellent la présidence française de l'UE à plus de fermeté à l'égard de l'Iran des mollahs et à appliquer les décisions de justice retirant l'OMPI de la liste noire

Un immense rassemblement a réuni à la fin du mois de juin plus de 70 000 Iraniens venus de toute la France, d’Europe et des autres continents pour demander à la communauté internationale  plus de fermeté à l'égard des mollahs.

Le parc des expositions de Villepinte n’a sans doute jamais vu de meeting politique aussi enthousiaste et d’une telle ampleur. Par dizaines de milliers, les Iraniens sont venus écouter la dirigeante de la Résistance, Maryam Radjavi. La présence massive de femmes et de jeunes détonnait dans la foule d’exilés. Cadres supérieurs, corps médical, universitaires, commerçants, professions libérales, représentaient la classe moyenne citadine à l'origine de tous les bouleversements en Iran. Brandissant des portraits de Massoud et de Maryam Radjavi, les dirigeants de la Résistance iranienne, ils ont appelé la France et l'UE à adopter davantage de fermeté avec Téhéran et à suivre la décision des Britanniques de retirer l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) de la liste du terrorisme quelques jours plus tôt.

Le rassemblement « est particulièrement significatif à trois jours de la présidence française de l'UE. A cet égard, la France joue un rôle de premier plan dans la crise de l'Iran », ont souligné les organisateurs. Les intervenants ont plaidé pour un Iran « libre et démocratique », demandant aux gouvernements européens et américains de ne pas faire obstacle au « changement démocratique » en Iran incarné par la résistance iranienne.

Des délégations parlementaires venues d'Allemagne, d'Australie, de Belgique, du Canada, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d'Irak et de Jordanie étaient présentes. Elles ont toutes salué la décision de Londres de supprimer l'OMPI de leur liste des organisations terroristes.

La délégation britannique composée d’une quinzaine de parlementaires des deux Chambres, notamment de l’ancien ministre de l’Intérieur Lord Waddington, de Lord Corbett président du groupe travailliste à la chambre des Lords. La délégation d'une vingtaine de parlementaires européens était présidée par Alejo Vidal-Quadras, vice-président du PE. Une imposante délégation irakienne d’une cinquantaine de personnalités composée de dirigeants de partis politiques et de chefs de tribus, a apporté le soutien du  peuple irakien à la Résistance iranienne et aux membres de l'OMPI à la Cité d’Achraf en Irak.

La rassemblement avait été parrainé par une centaine d'associations en Europe et plus de 600 parlementaires en Europe dont les députés français.

28 juin 2008 - 70 000 Iraniens se réunsissent à Villepinte en soutien à Maryam RadjaviLa délégation française était composée de parlementaires, de maires, d'anciens ministres et personnalités dont Alain Vivien l'ancien secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, le préfet Yves Bonnet ancien directeur de la DST, François Colcombet, magistrat, ancien juge à la Cour de Cassation, le Sénateur UMP Philippe Dallier, les députés Georges Pau Langevin (PS), et Jean-Pierre Brard (GDR) ainsi que le maire de Villepinte Nelly Roland Iribery.

« Aujourd’hui je viens vous dire que je suis à vos côtés pour faire vivre la démocratie en Iran et partout dans le monde, a lancé le sénateur Philippe Dallier, particulièrement applaudi. La flamme de la résistance iranienne ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Et seule la démocratie est une voie possible pour le peuple iranien. Alors n’ayons pas peur et engageons nous pour un Iran libre et démocratique. »

Alain Vivien qui prenait la parole au nom du Comité français pour un Iran démocratique, a mis en garde : « Si aujourd’hui l’OMPI est retirée de la liste des organisations terroristes anglaise, l’Europe n’a pas encore constaté ce retrait alors qu’elle aurait dû déjà l’avoir fait. Il faut donc prendre garde à des initiatives de dernière heure qui tendraient à calomnier une fois de plus la vaillante opposition, la vaillante Résistance iranienne et à prolonger la souffrance de tout le peuple iranien. »

Yves Bonnet a pour sa part rappelé que qualifier de terroriste l'OMPI qu'il ne l'est pas n'a fait qu'entraver la véritable lutte contre le terrorisme.

Jean-Pierre Béquet ancien député et maire d'Auvers-sur-Oise s'est adressé aux autorités françaises en espérant « qu’elles vont avoir la sagesse de nos amis britanniques et qu’à leur suite elles vont aussi œuvrer pour retirer l’OMPI de la liste des organisations terroristes. Car aujourd’hui le monde a besoin d’un Iran qui sorte de la dictature et du fascisme religieux. Le monde a besoin d’un Iran démocratique, d’un Iran apaisé." S'adressant à l'assemblée il a déclaré : "l'alternative que vous représentez, la résistance que vous incarnez autour de Maryam Radjavi a pour objectif de restaurer la paix, la liberté et la démocratie."

La principale oratrice Mme Maryam Radjavi (voir encadré) a appelé l’Union européenne à suivre les conséquences juridiques du décret adopté par le parlement britannique et à retirer l’OMPI de la liste terroriste. Elle a prévenu que toute tentative de soutenir le maintien de l’OMPI dans cette liste serait un énorme scandale.
 

Encadré :

La présidente élue de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi a prononcé lors du rassemblement à Villepinte un discours de 90 minutes, interrompu à plusieurs reprises par les acclamations enthousiastes du public

Extraits :

Maryam Radjavi au meeting de 70 000 Iraniens à Villepinte"Les mollahs sont en situation de renversement et sont dépourvus de toute légitimité politique et religieuse. Et ils sont encerclés par la colère populaire. Aujourd’hui, ils ne s’appuient que sur une infime minorité. Ce sont les gardiens de la révolution, les miliciens du Bassidj et les services de renseignements. Ce nombre constitue à peine 3 % de la population iranienne."

"Ces dernières semaines, le régime des mollahs a essayé à coups de chantage et de tromperie de pousser la France à soutenir le maintien de l’OMPI sur la liste noire. Le prétexte derrière cette tentative illégale, c’est l’affaire du 17 juin 2003. Tout le monde se souvient de cette affaire, de la vaste rafle dans les bureaux du Conseil national de la Résistance iranienne en 2003 qui était le fruit d’un accord direct entre le gouvernement Chirac-Villepin et le régime des mollahs. Le dossier qui a été ouvert à la suite, est un dossier vide et sans fondement qui à cause de l’absence de documents probants, a été constitué sur la base de la liste noire de l’Union européenne. Une liste qui d’un point de vue juridique, est aujourd’hui caduque et s’en servir comme justification est illégal. Nous disons que si, comme vous le prétendez, ce dossier n’est pas vide et infondé, eh bien, après cinq années d’esquive, il est temps de le régler. Et si comme votre attitude en témoigne, ce dossier est sans valeur, alors pourquoi en faire un prétexte pour maintenir l’étiquette du terrorisme ?"

S’adressant aux partisans de la complaisance avec le régime des mollahs et à ceux qui s’inquiètent de le voir changer, Mme Radjavi a dit : Vous avez fait quatre erreurs de calcul fondamentales. Le régime iranien met en avant son terrorisme et sa sauvagerie comme un signe de la puissance de leur régime décrépit et vous avez peur de lui. Votre deuxième erreur, c’est que vous ne savez pas à quel point le peuple iranien hait ce régime, ou bien vous feignez de ne pas le savoir. Les lobbies du régime propagent l’idée que face à la fermeté de la communauté internationale, comme un boycott, la population soutiendrait les mollahs. Votre troisième erreur, c’est de ne pas voir la situation explosive de la société en Iran et son désir ardent d’un changement démocratique. Votre quatrième erreur, c’est de n’avoir pas pris en compte la véritable solution de la crise iranienne. Pourtant jamais la société iranienne n’a autant protesté. Ces trois dernières années, en moyenne, chaque année, il y a eu 4700 mouvements de protestation.

Maryam Radjavi a lancé à l'attention des puissances : "Ne privez pas le monde du levier le plus efficace pour affronter le fascisme religieux et le terrorisme. Placez-vous du côté qui apporte la liberté au peuple iranien."