samedi, février 4, 2023
AccueilActualitésActualités: Iran & MondeIran-Turquie : scandales financiers et réseaux de blanchiment

Iran-Turquie : scandales financiers et réseaux de blanchiment

Par la rédaction

Les inspecteurs des finances turcs ont examiné trois sociétés fictives turques et ont révélé que d’énormes sommes d’argent ont été transférées de l’Iran vers la Turquie. Selon les médias qui couvrent une vaste enquête pour corruption qui a secoué la vie politique turque, la banque nationale iranienne a transféré 87 milliards d’euros vers la Turquie, avec le richissime homme d’affaires irano-turc Reza Zarrab comme médiateur.

Des sociétés (Cihan Kiymetli Madenler, Deniz Kiymetli Madenler et Kapital Kiymetli Madenler) ont ainsi été créées par Reza Zarab, qui est aujourd’hui au centre d’un scandale financier majeur en Turquie. Selon les médias turcs, ce dernier a révélé qu’il a agi sous les directives de son « patron », le milliardaire iranien Babak Zanjani qui a dirigé une opération de blanchiment d’argent via la Turquie.

Les enquêteurs turcs ont révélé que l’inspection des comptes des sociétés enregistrées par un collaborateur de Reza Zarab dans les banques Garanti, Kuveyt Turk, Denizbank et Aktif Bank, montre qu’environ 5 millions d’euros auraient été transférés chaque jour dans chacun de ces comptes. Les inspecteurs ont été surpris qu’aucune de ces entreprises n’aient de dettes fiscales. Le collaborateur incriminé a déclaré dans son témoignage qu’il avait reçu des instructions pour transférer de l’argent de l’Iran.

Selon les médias turcs et iraniens, Zanjani et Zerrab ont également été impliqués dans des ventes d’or par la Turquie à l’Iran. Ils ont notamment collaboré pour le transfert d’au moins un avion rempli de lingots d’or depuis l’aéroport d’Istanbul vers Dubaï. Depuis décembre 2011 ils auraient transféré 1,5 tonne d’or à l’étranger donnant des dizaines de millions de dollars de pots-de-vin à des responsables turques.
Le nom du controversé Babak Zanjani, jeune homme d’affaires qui a amassé un colossal capital financier en peu de temps grâce à un vaste réseau de relations tissé avec les plus hautes autorités iraniennes, a émergé à maintes reprises ces dernières années dans divers dossiers de délits économiques, sans toutefois jamais être inquiété. Jusqu’à tout récemment, lorsqu’il a été arrêté dans le contexte de la lutte intestine que se livrent les factions du régime depuis l’élection de juin.

Dans une récente interview avec l’agence de presse ISNA, avant son arrestation, Zanjani s’était vanté de posséder « 64 sociétés iraniennes et étrangères et d’employer quelque 17.000 salariés dans des activités commerciales et dans le secteur des services en Iran et dans le monde ». Et sur sa page Facebook il s’est décrit comme un « milicien économique », expliquant que « j’ai consacré ma vie, mon honneur et mes efforts à la prospérité du pays et pour défendre la ligne du Guide suprême ».

Babak Zanjani a été placé en avril sur la liste noire du Trésor américain, qui l’accuse d’avoir été le cerveau d’un réseau destiné à déplacer du pétrole et de l’argent au profit de l’Iran, avec l’aide d’une société suisse et d’une banque en Malaisie, pour contourner les sanctions qui étouffent l’économie iranienne. L’Union européenne avait pour sa part pris des mesures contre cet homme d’affaires dès décembre 2012.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe