dimanche, décembre 4, 2022
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Iran : Téhéran arrive les mains vides à Bruxelles

Laridjani et SolanaPar Pierre Avril
 
Le Figaro  – Avec un jour de retard sur le calendrier initial, le négociateur iranien sur le nucléaire est arrivé hier soir à Bruxelles. Avec les mains vides. Lors d’un dîner privé avec Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, Ali Laridjani n’a donné aucune réponse concrète aux propositions qui sont faites à Téhéran de mettre un terme à son activité d’enrichissement de l’uranium, en échange d’un programme d’aide économique et sécuritaire.

Téhéran a essentiellement cherché à «lever les ambiguïtés» de l’offre présentée le 6 juin par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (plus l’Allemagne), et qui prévoit notamment un soutien au développement de son secteur nucléaire civil. Depuis cette date, le vocabulaire iranien n’a pas changé d’un iota.
 
Après son escale bruxelloise, Ari Laridjani est attendu aujourd’hui à Madrid, avant une prochaine rencontre prévue le 11. A chaque étape, les négociateurs du Groupe des 5 + 1 guettent un signe de Téhéran, en vain jusqu’à présent. Le régime d’Ahmadinejad avait déjà déclaré qu’il ne fournirait pas de réponse avant le 22 août, un délai jugé trop long par ses interlocuteurs. Cette dernière doit être «rapide et concrète», a répété Paris. «Si nous n’entendons rien [de plus, NDLR], la semaine prochaine, cela signifie que les choses ne marchent pas selon notre ligne», a également commenté la porte-parole de Javier Solana. Le dossier iranien doit enfin être débattu le 15 juillet lors du sommet du G 8 à Saint-Pétersbourg.
 
Brusque annulation
 
Le chef de la diplomatie européenne peut au moins se féliciter d’avoir amené à Bruxelles un négociateur iranien qui, en vingt-quatre heures, a déployé beaucoup d’arguments pour tenter d’esquiver la rencontre. Prévue d’abord mercredi soir, celle-ci avait été brusquement annulée le matin même. Motif : Ari Larijani aurait «raté son avion», avait commenté une source européenne. Ensuite, Téhéran a prétexté la présence, le même jour à Strasbourg, de l’opposante Maryam Radjavi, invitée par un groupe d’eurodéputés. Le Conseil national de la résistance iranienne, qu’elle dirige, est considéré à Téhéran comme une organisation terroriste. Enfin, selon l’agence Isna, la délégation d’Ali Larijani a expliqué craindre la présence, dans la capitale belge, «d’équipes d’assassins soutenus par Israël et certains pays européens».
 
Javier Solana a dû passer un long moment au téléphone avec son homologue pour le convaincre de ne pas renoncer à son étape bruxelloise. «Le problème, c’est qu’on ne sait jamais s’ils vont venir jusqu’au moment où ils franchissent la porte», expliquait une source européenne avant la rencontre. Celle-ci pense que Téhéran cherche, encore une fois, à «gagner du temps», laissant ses interlocuteurs dans l’embarras. «Attendre indéfiniment est contre-productif, mais il serait encore plus contre-productif d’emmener ce processus dans un cul-de-sac», a déclaré pour sa part Vladimir Poutine. Le président russe refuse «pour le moment» de «parler de sanctions».

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