mercredi, décembre 7, 2022
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Iran : Souvenons-nous des leçons du passé

Iran : Souvenons-nous des leçons du passé (Struan Stevenson)De Struan Stevenson*

The Washington Times – Le philosophe politique hispano-américain, George Santayana, a prononcé une phrase célèbre : « Ceux qui n’apprennent pas les leçons de l’histoire sont destinés à les répéter ». Les événements actuels en Iran indiquent que nous ferions bien de nous préparer pour quelques leçons d’histoire désobligeantes. Tandis que le régime brutal et fasciste resserre ses griffes au Moyen-Orient, le parallèle avec la montée du nazisme allemand est saisissant.

Sous la loi tyrannique du guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, 120 000 opposants ont été exécutés depuis la chute du chah il y a 27 ans. Les femmes, même des femmes enceintes, sont pendues du haut des grues sur les places des villes ou bien tuées à coups de pierre. Les criminels sont régulièrement fouettés en public. Les détenus se voient amputer des membres ou arracher les yeux.  En août 2004, une jeune fille de 16 ans a été pendue d’une grue en public dans le nord de l’Iran pour des « actes incompatibles avec la chasteté ».

Les similitudes avec les Nazis d’Adolf Hitler ne s’arrêtent pas là. Depuis que le président Mahmoud Ahmadinejad est arrivé en poste l’année dernière, les exécutions publiques se poursuivent au rythme de trois par jour. Comme Hitler, M. Ahmadinejad déteste les minorités. Les jeunes homosexuels sont couramment fouettés en public avant d’être pendus. Des millions de Kurdes, de Baloutches, de Turkmènes, d’Arabes, d’Azéris et bien d’autres groupes ethniques font quotidiennement face à la discrimination et à l’humiliation.

Ce même homme, qui a qualifié l’holocauste de « mythe » et déclaré qu’Israël devait être « rayé de la carte », cultive une haine envers les Juifs qui aurait fait plaisir à Heinrich Himmler. Il a suggéré qu’Israël soit déplacé en Alaska ou en Europe, ce qui rappelle les idées contenues dans Mein Kampf d’Hitler, qui recommandait de transporter tous les Juifs à Madagascar ou à Bornéo.

L’Occident ne doit pas non plus être dupe et penser qu’il s’agit simplement des fantaisies d’un leader politique bercé d’illusions jouant sur sa popularité nationale. Il réclame la disparition totale de l’Etat d’Israël. Mais ses ambitions géopolitiques ne s’arrêtent pas là. Comme Hitler, il nourrit un désir profond de propager un peu plus sa propre marque de fascisme et il reconstruit l’arsenal de l’Iran pour parvenir à ses fins.

Selon des rapports d’espionnage, les Iraniens ont réussi à se procurer des pièces de missiles balistiques capables d’atteindre l’Europe, pendant qu’ils se concentrent sur la modernisation et l’extension de la portée des missiles Shahab 3, qui ont une portée de 1200 kilomètres et la capacité de toucher Israël. La génération suivante de Shahab (« étoile filante » en persan) est capable d’atteindre l’Autriche et l’Italie.

Le renseignement américain a rapporté qu’un groupe d’Iraniens haut placés participaient en tant qu’observateurs aux récents lancements controversés de missiles en Corée du Nord, ce qui vient contredire les ambitions nucléaires soi-disant pacifiques de l’Iran.

L’Iran finance aussi l’insurrection en Irak voisin. En envoyant des milliers de Gardiens de la Révolution et d’agents du renseignement en Irak et en dépensant des centaines de millions de dollars pour recruter des mercenaires et rassembler du soutien parmi les Irakiens pauvres et sans ressources, l’Iran a cherché à déclencher une guerre civile  afin de jeter les fondations d’une prise de pouvoir islamo-fasciste par les mollahs.

L’Iran tire les ficelles de la crise qui est en train de s’aggraver au Liban. Il est conscient que chaque jour de bombardements et d’exécutions entaché de sang en Irak rappelle tout simplement aux Arabes que les Iraniens ne sont ni des Arabes ni des Sunnites et que les mollahs ont décidé de financer et d’orchestrer l’attaque du Hezbollah contre Israël, pensant que combattre les Juifs unit toujours les Musulmans et permet de gagner la gratitude du monde musulman. Leur tactique détourne également l’attention internationale de leur programme d’enrichissement nucléaire avançant à grande vitesse.

Ces horreurs n’ont pas dissuadé les partisans de l’apaisement, menés par les gouvernements britannique, allemand et français. Ils affirment que toute mesure ferme vis-à-vis de Téhéran pourrait déclencher une guerre à l’irakienne. Ils s’imaginent qu’accéder aux demandes des mollahs va leur assurer une paix durable.

La tyrannie ne peut être apaisée. Le mal ne peut être racheté avec des pétrodollars. La démocratie ne peut s’imposer par la corde et le fouet. Le général Douglas MacArthur dans son célèbre discours d’adieu au Congrès en avril 1951 a déclaré : « L’histoire nous enseigne indubitablement que l’apaisement ne fait qu’engendrer une nouvelle guerre  sanglante ».

Les tentatives vaines d’apaiser Hitler et les Nazis nous le disent depuis le passé mais leurs cris tombent dans l’oreille de sourds. L’ancien ministre des Affaires étrangères britanniques, Jack Straw, s’est rendu à Téhéran plus souvent que dans n’importe quelle autre grande capitale, mis à part Bruxelles et Washington. Il a toujours préconisé l’apaisement et ignoré l’oppression, la brutalité et la menace grandissante pour la civilisation occidentale. Il a même accepté la requête des mollahs pour que les Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), principal groupe d’opposition iranien et le seul craint par le régime fasciste de Téhéran, figurent sur la liste de l’UE, bien que l’OMPI ait constamment fourni à l’Occident des renseignements exacts identifiant les sites principaux du programme d’armes nucléaires de l’Iran.

Cependant, M. Straw ne faisait que suivre l’exemple des Etats-Unis, qui ont accepté à al demande de Téhéran de cataloguer l’OMPI d’ « Organisation terroriste étrangère » en 1997, malgré l’absence de preuves que le groupe ait effectivement été engagé dans des activités terroristes. Là encore, on peut établir un parallèle frappant avec l’échec historique des Alliés qui n’ont pas su reconnaître et soutenir le principal mouvement de résistance aux Nazis.

Plus récemment, les mollahs ont dit à Javier Solana, haut représentant de l’UE aux affaires étrangères, qu’il interviendrait personnellement pour empêcher la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, de rencontrer les trois groupes politiques principaux du Parlement européen à Strasbourg. M. Solana a téléphoné plusieurs fois aux premiers ministres et chanceliers des pays membres de l’UE, leur préconisant d’annuler le meeting, avançant que les mollahs cesseraient d’examiner le paquet d’avantages de l’Occident à moins que la visite de Radjavi soit annulée.

En fin de compte, c’est Mme Radjavi elle-même qui, de manière très responsable, a privé les mollahs de l’opportunité de rejeter la faute de l’échec des négociations sur le CNRI en remettant les réunions à Strasbourg à plus tard. Mais les événements qui ont eu lieu par la suite ont corroboré ses soupçons selon lesquels les mollahs n’étaient pas sérieux à propos de la paix et qu’ils tentent simplement de gagner du temps.

Face au défi iranien, nul besoin de choisir entre la guerre et l’apaisement. Comme Mme Radjavi l’a dit devant le Parlement européen en 2004, « Aucune concession ne va dissuader les mollahs à poursuivre leurs objectifs sinistres … L’équation ‘soit une invasion militaire soit l’apaisement’ est un exercice de supercherie politique. Une troisième option est à portée de main. Le peuple iranien et sa résistance organisée ont la possibilité et la capacité d’amener un changement ».

L’apaisement ne maîtrisera pas ni ne changera ce régime maléfique, et ne nous fera pas éviter une guerre. Placer les Moudjahidine du Peuple d’Iran sur les listes terroristes a paralysé l’Occident. Nous devons arrêter de considérer ce groupe anti-fondamentaliste et anti-fasciste de terroriste et nous devons nous ranger du côté des millions d’Iraniens qui désirent la paix et un changement de régime.

Les manifestations quotidiennes et les mouvements de protestation en Iran prouvent que l’opposition au régime prend de l’ampleur. Les tentatives hystériques des mollahs pour empêcher Mme Radjavi de faire un discours de 15 minutes devant le Parlement européen indiquent clairement  qu’ils la craignent avant toute autre personne, parce qu’elle promet de remplacer la corde du bourreau par l’urne électorale.

Un Iran moderne, laïque et démocratique serait non seulement la clé à la paix régionale et à la sécurité mais aussi un allié durable de l’Occident, au moment où nous tentons d’implanter la démocratie dans tout le Moyen-Orient et dans le monde. Sans le soutien de Téhéran, le Hamas et le Hezbollah s’évanouiraient et mourraient. La paix serait de retour.

N’oublions pas les leçons de l’histoire et surtout ne les répétons pas. Adressons un message fort aux mollahs, un message qu’ils comprendront clairement : vous allez être traduits en justice. Vos crimes contre l’humanité ne resteront pas impunis.

*Struan Stevenson est membre conservateur du Parlement européen pour l’Ecosse et coprésident de l’intergroupe Amis d’un Iran libre. Il a participé la semaine dernière à des briefings à la Chambre des députés.

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