AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceUn procès bidon à Téhéran contre les membres de l’OMPI

Un procès bidon à Téhéran contre les membres de l’OMPI

Dans un contexte d’escalade des crises internes et internationales, le régime iranien continue de concentrer une énergie considérable sur ce qu’il perçoit comme l’une des plus grandes menaces pour son existence : l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Cette détermination est évidente dans les procès-spectacles organisés à Téhéran comme un moyen pour le régime de faire connaître ses griefs contre l’OMPI au peuple iranien et à la communauté internationale.

Lors de la dernière audience, le 14 août, les inquiétudes du régime concernant le dernier rapport de Javaid Rehman, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, ont été longuement discutés. Tout au long de la séance, les protagonistes se sont adressés à plusieurs reprises aux pays occidentaux, tentant de légitimer les actions brutales du régime sous couvert de lutte contre le terrorisme.

L’une des figures clés du procès, présentée comme un avocat du nom de Molaei, a déclaré : « Dans le cadre de la jurisprudence islamique, le crime de « Baghi » [rébellion] est équivalent à la loi antiterroriste. »
Un certain Sedaqat, présenté comme expert en jurisprudence, a déclaré : « Dans le contexte de la jurisprudence islamique, si même quelques membres d’un groupe commettent un acte terroriste, l’ensemble du groupe est considéré comme Baghi et, par conséquent, tous les membres du groupe sont condamnés à mort. »

Lors d’un échange révélateur, le cynique président du tribunal a demandé : « Est-ce que le fait de soutenir et d’encourager des groupes terroristes fait de quelqu’un un terroriste ? » Ce à quoi Sedaqat a répondu : « Si un partisan est membre du groupe, il est considéré comme un Baghi et certainement un terroriste, car Baghi est le degré le plus élevé du terrorisme. Les événements des années 1980 ont conduit certains à accuser la République islamique d’Iran et à se demander pourquoi certains membres de ce groupe ont été exécutés. »

Mostafa Pourmohammadi attempts to justify his heinous crimes during Iran’s 1988 massacre

Sedaqat a ensuite tenté de justifier le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988, dont beaucoup étaient sympathisants de l’OMPI, en affirmant que les soi-disant « comités de la mort » étaient en fait des « comités de pardon » qui cherchaient à sauver les prisonniers.

Il a fait valoir : « À cette époque, des comités de trois membres étaient formés dans chaque province pour déterminer le sort de ces individus. Selon la jurisprudence et la loi, tous ces individus auraient dû être exécutés. L’imam Khomeini [le premier guide suprême du régime] a formé des comités de pardon, pas des comités de punition. Ces comités se rendaient dans les prisons et, sous n’importe quel prétexte tentaient de dire que ces individus s’étaient repentis. »

Poursuivant ce récit, Sedaqat a déclaré : « Si ces comités de pardon ou ces tribunaux composés de trois juges n’avaient pas été formés, la punition de Baghi leur aurait été appliquée. Cependant, l’histoire a présenté les choses différemment. Mais l’imam Khomeini a dit : Allez et sous n’importe quel prétexte retirez-les de la catégorie des Baghi. S’ils admettent qu’ils ne font plus partie de ce groupe, ils seront sauvés de l’exécution. »

Le juge qui présidait le tribunal a alors demandé : « Alors, bien qu’ils aient été emprisonnés pour appartenance à une organisation terroriste, ils ont eu droit à un autre procès axé sur le pardon ? » Ce à quoi Sedaqat a répondu : « Avec l’aide du comité de trois membres, sur ordre de l’imam Khomeini, des milliers de personnes ont été retirées de cette catégorie jurisprudentielle et ont été graciées. Tout en République islamique d’Iran, y compris ce procès, se déroule dans des dizaines de séances en présence d’avocats représentant les plaignants et les accusés, qui sont invités à assister et à se défendre, démontrant ainsi l’état de droit en République islamique d’Iran. »

Dans un moment glaçant, l’avocat représentant les plaignants a averti les autres pays : « Les pays démocratiques ont donné refuge aux Monafeqin [terme péjoratif du régime pour l’OMPI] ; ces pays nous ont trahis, et je demande que cette question soit traitée à l’échelle internationale. » Citant des pays comme le Royaume-Uni, la France et l’Albanie, Molaei les a accusés d’hypocrisie : « Vous, qui prétendez soutenir les partis démocratiques, cet individu [Radjavi] a ouvertement admis avoir détruit des partis, et pourtant vous leur donnez refuge et les soutenez ? »