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OMPI : La crainte du régime refait surface dans le débat politique en Iran

OMPI : La crainte du régime refait surface dans le débat politique en Iran
Le dernier épisode du débat entre Ahmad Zeydabadi et Mehdi Nasiri, intitulé « Réforme ou révolution ? », a été publié sur la chaîne YouTube de Studio Pat le 18 mars 2025.

Le 6 avril 2025, le journal d’État Ham Mihan a publié un débat entre les analystes politiques Ahmad Zeydabadi et Mehdi Nasiri, ancien rédacteur en chef de Kayhan, qui a révélé par inadvertance la crainte profonde du régime vis-à-vis de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Animé par Studio Pat et intitulé « Réforme ou révolution », le débat a mis en lumière l’idée qu’a le régime concernant la force organisationnelle de l’OMPI et sa capacité à mobiliser le mécontentement populaire.

Le débat, intitulé « Réforme ou révolution ?», a été initialement mis en ligne le 16 mars 2025, et son deuxième épisode, cité par Ham Mihan, a été publié le 18 mars.

Alors que le régime promeut ces discussions pour créer l’illusion d’une « liberté d’expression » et d’une opposition contrôlée, il cherche à canaliser le mécontentement public par le biais de « plateformes autorisées » comme soupape de sécurité, évitant ainsi tout alignement sur un véritable mouvement opposition.

Au cours du débat, Ahmad Zeydabadi a évoqué l’incapacité du régime à affronter l’opposition organisée, désignant notamment l’OMPI comme la force la plus redoutable capable pour défier la dictature cléricale : « On ne peut pas former d’organisation à l’intérieur [de l’Iran], mais à l’extérieur, le seul groupe organisé est l’OMPI. »

Zeydabadi a souligné la force organisationnelle de l’OMPI, avertissant : « Si l’État s’effondre, les Moudjahidine du peuple [OMPI], avec leurs 40 000 à 50 000 membres organisés, prendront le pouvoir, et ce sera un désastre. »

Mehdi Nasiri, quant à lui, a fait la promotion du régime Pahlavi déchu, affirmant qu’il bénéficiait même d’un soutien au sein de la province du Sistan-Baloutchistan, une région gravement négligée et démunie sous les dictatures monarchique et cléricale. Sa tentative de présenter les monarchistes comme une force d’opposition viable met en évidence la stratégie du régime consistant à soutenir des groupes moins menaçantes que l’OMPI.

Évoquant la possibilité d’une révolution, Zeydabadi a soutenu que la dissidence populaire à elle seule ne suffirait pas à provoquer un changement de régime, à moins qu’elle ne soit guidée par une opposition organisée. Tout en reconnaissant le mécontentement généralisé des Iraniens, il a affirmé que sans groupe structuré, la possibilité de renverser le régime restait faible.

Zeydabadi a également estimé que, contrairement à l’époque du Shah, où des organisations clandestines telles que l’OMPI et l’Organisation de guérilla Fadaiyan jouaient un rôle clé, les réseaux de communication actuels sont trop transparents pour permettre des opérations secrètes. Il a néanmoins reconnu la capacité continue de l’OMPI à fonctionner comme une opposition organisée, même sous une répression sévère.

Ce dernier débat public témoigne de l’inquiétude persistante du régime iranien quant à la capacité de l’OMPI à présenter une alternative viable au système actuel. L’incapacité du régime à démanteler la structure de l’OMPI, malgré des années d’efforts, suggère qu’il est parfaitement conscient de ses propres vulnérabilités.

Qui est Mehdi Nasiri ?
Mehdi Nasiri, ancien rédacteur en chef du journal Kayhan et représentant du Guide suprême du régime, Ali Khamenei, a connu une « transformation notable » ces dernières années. Après des décennies de loyauté envers la dictature cléricale, Nasiri s’est repositionné comme un critique virulent de Khamenei, prônant l’unité de l’opposition contre le régime. En 2024, avant son voyage au Canada, il a proposé une alliance entre les soi-disant réformistes et les monarchistes en exil, citant notamment Reza Pahlavi, le fils du Shah déchu, aux côtés de figures « réformistes » emprisonnées comme Mostafa Tajzadeh.

Cependant, les initiatives de Nasiri ont suscité la méfiance de l’opposition en raison de ses liens de longue date avec le régime. Ses critiques affirment que son changement soudain de cap et son rapprochement avec les monarchistes pourraient être une manœuvre calculée orchestrée par le régime pour semer la discorde parmi ses adversaires.