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Maryam Radjavi : Doit-on laisser le fascisme religieux en Iran dégrader la justice européenne ?

CNRI – « La position adoptée par le Conseil de l’Union européenne le 30 janvier est absolument illégitime et injustifiée. Car dans son jugement, la Cour a très clairement rejeté l’étiquette de terroriste imposée à l’OMPI. Elle a souligné qu’aucune restriction ne pouvait être appliquée contre ce mouvement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
 
Ainsi, la lettre du Conseil, qui maintient l’OMPI sur la liste, constitue une violation flagrante de la loi. Elle confirme que cette désignation de terroriste avait des motivations politiques et était absente de tout fondement légal. Elle montre également que ce geste était dès le départ un geste de complaisance vis-à-vis des mollahs », a déclaré aujourd’hui Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, dans un message vidéo adressé à une conférence internationale à Bruxelles.

Présidée par Lord Russel-Johnston, ancien président de la Assemblée parlementaire du Conseil de L’Europe, la conférence a rassemblé des parlementaires, des personnalités et des juristes de divers pays. Ils sont venus débattre de la décision de la Cour européenne de Justice de supprimer le nom de l’OMPI de la liste du terrorisme et du refus du Conseil des Ministres de l’UE d’obtempérer.

Voici le texte de l’intervention de Mme Radjavi :

Mesdames et Messieurs,
 
Je salue chacun d’entre vous, experts et juristes distingués, réunis à Bruxelles aujourd’hui pour examiner l’impact de la décision de la Cour européenne de justice sur l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).
 
La décision du Tribunal de Première Instance des Communautés européennes de retirer l’OMPI de la liste des groupes terroristes représente sans aucun doute non seulement une victoire pour l’OMPI et la Résistance iranienne, mais aussi la victoire de la justice sur la politique et le commerce.
 
Les personnes qui préfèrent ignorer ce jugement, violent de toute manière la décision du tribunal et ignorent la loi, pilier de la démocratie. Les juristes considèrent ce verdict comme une révolution judiciaire majeure et unique.
 
La Cour a reconnu que tout le processus ayant conduit à la proscription de l’OMPI n’était fait que d’injustice et de violation de la loi et qu’il avait débouché sur de sérieuses erreurs de jugement. La Cour a donc rejeté l’accusation de terrorisme.
 
Comme on pouvait s’y attendre, le régime des mollahs a immédiatement réagi. En privé et en public, il fait tout son possible pour faire entrave à l’application de cette décision. 
Les mollahs exercent des pressions dans les cercles diplomatiques afin que les dirigeants européens ignorent le verdict de la cour.
 
Puis, le Conseil a refusé d’admettre que l’OMPI ne figurait plus sur la liste de l’UE.
 
La position adoptée par le Conseil de l’Union européenne le 30 janvier est absolument illégitime et injustifiée. Car dans son jugement, la Cour a très clairement rejeté l’étiquette de terroriste imposée à l’OMPI. Elle a souligné qu’aucune restriction ne pouvait être appliquée contre ce mouvement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
 
Ainsi, la lettre du Conseil, qui maintient l’OMPI sur la liste, constitue une violation flagrante de la loi. Elle confirme que cette désignation de terroriste avait des motivations politiques et était absente de tout fondement légal. Elle montre également que ce geste était dès le départ un geste de complaisance vis-à-vis des mollahs.
 
Je rappelle à ceux qui insistent pour conserver l’OMPI sur la liste que la complaisance aura des conséquences désastreuses. C’est de la vie d’êtres humains dont il est question ici.
 
Actuellement, les mollahs, par l’intermédiaire de leurs agents au gouvernement irakien, se servent de cette liste terroriste comme prétexte pour faire expulser et massacrer les membres de l’OMPI à la Cité d’Achraf.
 
Je lance une mise en garde : deux décennies de complaisance vis-à-vis des mollahs conduisent aujourd’hui à une nouvelle catastrophe.
 
Dans tous les cas, ce scénario commence par la persécution et les injustices infligées contre le mouvement de résistance. Puis il est accompagné de concessions accordées aux mollahs.
 
Cette approche, tel que cela s’est produit jusqu’à maintenant, prépare le terrain et encourage le développement de l’intégrisme, du terrorisme et des armes nucléaires. Elle est également assortie de violations de la loi et du mépris de la démocratie et enfin du non-respect des principes fondamentaux de l’Europe.
 
Nous ne parlons pas uniquement du sort de la Résistance iranienne. Nous ne parlons pas non plus de l’impact négatif de cette politique sur l’établissement de la liberté et de la démocratie en Iran. Nous mettons en lumière des décisions irresponsables qui font de la paix et de la sécurité dans le monde, ainsi que des vies et libertés des citoyens européens, les otages des mollahs.
 
Nous sommes donc face à une affaire qui va bien au-delà de l’injustice. Il s’agit d’une approche intéressée, violant la justice, la loi, la démocratie et les droits humains.
 
Mesdames et Messieurs,
 
Si l’étiquette de terroriste est une grande injustice à l’encontre du mouvement de Résistance, mépriser le verdict de la Cour revient à se moquer du système juridique européen.
 
Doit-on laisser un régime religieux fasciste dégrader même la justice européenne ?
 
Cette violation scandaleuse ce la loi, doit-elle saper la démocratie et les valeurs fondamentales de l’Europe ?
 
Ces dernières semaines, des centaines de députés du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, d’Italie et du Parlement européen, ainsi qu’un grand nombre d’associations de défense des droits humains et des milliers de citoyens européens ont officiellement protesté contre cette décision. Ils ont très justement souligné que l’Union européenne devait respecter le verdict de la cour du Luxembourg et retirer l’OMPI de la liste terroriste.
 
J’appelle tous les gouvernements européens, partis et personnalités en faveur de la paix et des droits humains à faire en sorte que cette erreur soit corrigée, erreur qui porte atteinte à l’image de l’Europe aux yeux des Iraniens, des peuples du Moyen-Orient et des musulmans anti-intégristes.
 
Le dossier iranien est devenu une crise internationale majeure, que la complaisance n’a pas su résoudre. Une guerre ou une intervention étrangère ne sont pas une solution non plus au problème iranien. Il existe une solution viable et efficace : un changement démocratique opéré par le peuple iranien et sa Résistance.
 
Je voudrais vous remercier pour nous aider à atteindre ce but et encourager notre campagne contre ces accusations sans fondement, qui placent la paix et la démocratie entre les mains de l’extrémisme, et pour participer à amener la liberté, la démocratie et la justice en Iran.