Par Ed Koch
RealClearPolitics , 27 février – Il y a quelques jours, le New York Times a publié un article absolument effrayant sur les tactiques de combat des insurgés en Irak. Cet article rapportait : « Il est probable que les insurgés continuent de placer dans les voitures piégées du gaz de chlore et dautres éléments chimiques pour lancer des attaques similaires aux trois qui ont eu lieu ces dernières semaines, qui ont répandu du chlore et rendu malades de nombreux Irakiens, a averti larmée jeudi ».
Mais entre 1980 et 1988, Saddam Hussein sest servi de ces gaz contre les Kurdes irakiens et contre larmée iranienne. Les insurgés irakiens et les terroristes dAl Qaïda nont pas hésité à employer les pires tactiques de terreur, en faisant exploser des voitures piégées stationnées sur des marchés, qui tuent et blessent des milliers de civils irakiens innocents, mais aussi qui torturent et décapitent des civils, des Américains et des Irakiens, ce dans le but de faire partir les Américains dIrak. Maintenant ils utilisent du gaz de chlore. Pourraient-ils avoir recours à ces tactiques contre nous ici, chez nous ?
Lorsque les USA quitteront lIrak (les démocrates ont juré de forcer Bush à le faire), devront-nous faire face à la perspective que des djihadistes enhardis fassent exploser des Américains ici aux États-Unis en criant « Dieu est Grand » ? Si les terroristes font exploser des bombes radioactives et des camions-citernes de gaz de chlore dans les villes américaines, ou pire encore, de véritables armes nucléaires, quelle serait notre réaction ? Fera-t-on comme les Anglais et les Espagnols qui, lorsque leurs trains ont explosé à Londres et à Madrid, se sont retournés sur eux-mêmes et se sont soumis aux demandes des terroristes ?
En réponse aux attentats terroristes sur son sol, lEspagne a retiré ses troupes dIrak et a changé son gouvernement. Le parti travailliste de Grande-Bretagne a répudié son leader, le Premier ministre Tony Blair, en lobligeant à démissionner avant septembre prochain, et a commencé à réduire leffectif de ses forces militaires en Irak. Ces hommes, qui totalisaient autrefois 40 000, sont maintenant 8000 et il est prévu que leur retrait saccomplisse en grande partie dès maintenant et jusquen 2008. Le président Bush et la secrétaire dÉtat, Condoleezza Rice, ont fait référence à lannonce du retrait des Britanniques comme à un événement planifié, bienvenu pour les USA, et une victoire sur les insurgés et les terroristes. Si Pinocchio avait lui-même prononcé cette phrase, son nez aurait inévitablement grandi.
Le prochain président, démocrate ou républicain, va-t-il réagir en retirant par peur nos troupes pour solliciter la paix ? Quel sera le prix de la paix ? Peut-être la conversion à lIslam. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et les chefs dAl Qaïda, Ben Laden et al-Zawahiri, ont publiquement déclaré que tous nos péchés seraient pardonnés si nous nous convertissions et si nous poussions le président Bush à montrer lexemple avec sa propre conversion.
Bien entendu, un grand nombre de ceux, membres du Congrès ou non, qui se sont battus pour que nos troupes reviennent au pays, doivent rire à lidée que la conversion des leaders du gouvernement ou lhommage des USA puissent un jour rendre un résultat. Beaucoup pensaient quils pourraient apprivoiser Hitler qui avait défini ses projets en détail dans Mein Kampf avant le début du règne prévu du Troisième Reich pendant 1000 ans, un Troisième Reich qui a pris fin grâce aux efforts combinés des USA, de la Grande-Bretagne et de lURSS. Mais le coût en a été épouvantable. Plus de 400 000 soldats américains, hommes et femmes, sont morts, ainsi que 382 000 soldats britanniques et dix millions de soldats russes. Des millions de civils ont été tués dans le monde entier.
Malgré toute lhorreur et le carnage du passé, il semblerait que nous ne retenions pas les leçons que nous enseigne lhistoire. Il semblerait que nous ne nous rappelions pas que la complaisance ne fonctionne jamais. Elle na pas marché à Munich en 1938 avec la tristement célèbre déclaration de Chamberlain qui disait que nous avions obtenu « la paix pour notre temps » avec Hitler. Ce nest pas aujourdhui que cela va marcher. La promesse de quitter lIrak napportera pas la paix pour la Grande-Bretagne. Les autorités britanniques disent maintenant que le risque dattentats terroristes en Grande-Bretagne est plus élevé que jamais, des milliers de djihadistes du pays se tenant prêts à attaquer.
Pourquoi ne prenons-nous pas les personnes qui nous menacent au mot ? Pourquoi ne cessons-nous pas de leur donner des excuses pour leur comportement menaçant jusquà ce que finalement nous soyons forcés dagir parce quils ont fait exploser une bombe, voire même la vraie bombe atomique, sur notre propre sol ?
Le jour viendra où il sera trop tard pour simplement riposter à une attaque. Après une telle attaque sur notre propre sol, nous pourrions avoir subi de si grands dégâts corporels et compter un si grand nombre de victimes que nous naurions rien dautre à faire que denvisager de nous rendre. Nous pourrions dici là avoir perdu notre volonté nationale car il serait trop difficile pour nous de rassembler la force morale et physique nécessaire pour nous défendre. Rappelez-vous du refrain, apparu en Europe pendant la Guerre froide : « plutôt rouge que mort ? »
Suis-je en train de dresser un tableau trop sombre ? Je ne le crois pas. Réveille toi, Amérique ! Cette guerre na pas seulement lieu en Irak. Lenjeu de ce combat est lavenir du monde. Nos ennemis ont lintention de nous conquérir, comme ils le disent si ouvertement. Le moment de la résistance, cest maintenant.
Ed Koch était maire de la ville de New York.

