CNRI « Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les droits des résidents de la Cité dAchraf. Chaque obstacle injuste placé devant la Résistance iranienne est un obstacle placé devant le peuple iranien et le peuple irakien. Cela coûte des centaines de vies chaque jour », a déclaré lavocate Azadeh Zabeti, coprésidente du Comité des avocats anglo-iraniens, lors dune conférence au parlement britannique le 15 décembre sur le statut en Irak des Moudjahidine du peuple dIran, le principal mouvement dopposition au régime des mollahs. Voici le texte de son intervention :
Pendant lété 2005, jai eu limmense plaisir de visiter le camp dAchraf en Irak. Là, jai eu loccasion daccompagner une délégation du Parlement européen en mission sur les droits humains.
Je voudrais dire quelques mots à propos dAchraf et des gens qui y vivent. Des amis et des collègues qui connaissent peu la résistance iranienne, me demandent souvent ce quest Achraf. Qui sont les gens qui y vivent et pourquoi ils sont là-bas. La Cité dAchraf est le lieu de résidence des membres de lOMPI. Elle est située au nord de la ville irakienne dAl-Khalis et à environ 100 kilomètres de la capitale irakienne, Bagdad. On y trouve toutes sortes dinstallations sociales, sportives et pédagogiques.
Cest une ville comme les autres. Pour répondre à la question sur les gens qui y vivent et la raison pour laquelle ils y sont, je voudrais évoquer un cas particulier. Permettez-moi, si vous le voulez bien, de vous raconter lhistoire de Reza. Reza est né à Téhéran dans une famille de marchands aisés de la classe moyenne. Ses parents ont tous deux fait leurs études à lUniversité de Téhéran. Sa mère a étudié la mécanique et son père léconomie. À luniversité, ils ont fréquenté le mouvement étudiant pro
démocratique et ont rejoint lOMPI. En 1981, alors que le régime commençait à réprimer violemment ses opposants, les parents de Reza ont été assassinés sous les yeux de leur unique enfant dans leur propre maison.
Orphelin à lâge de six mois, Reza a été conduit à la funeste prison dEvine où il a passé quelques années avant que ses grands-parents puissent le faire libérer et sortir clandestinement du pays. Il a été adopté par sa tante et a déménagé au Canada où il a été scolarisé et où il a étudié la médecine. Reza a maintenant 25 ans et vit à la Cité dAchraf. Je lai rencontré lorsque jy étais et nous avons beaucoup discuté. Jétais fasciné dentendre ce qui lavait poussé à quitter le confort de sa vie au Canada et lavenir brillant qui lattendait après une école de médecine, et à rejoindre les rangs de la Résistance iranienne en plein désert irakien. Jaimerais partager avec vous ce quil ma dit.
Il ma dit avoir atteint un point où il ne pouvait plus supporter dentendre parler de ces enfants affamés, des pleurs des plus vieux, des exécutions, des pendaisons, des disparitions, des lapidations, de la mort, de la persécution, de la misère, de la destruction, des amputations, de la discrimination et des prisons en Iran. Il ne pouvait plus vivre avec lidée quil ne faisait rien pour aider ses compatriotes. Il a dit que si chacun pensait uniquement à sa propre existence et à son avenir, qui penserait à lIran, qui penserait aux Iraniens ? Ce nest pas grave si ma vie est consacrée uniquement à la démocratie, a-t-il dit, ce qui compte, cest que je fasse partie du mouvement qui a contribué à son avènement.
Reza est un homme parmi des milliers dautres dans le même cas, tous plus touchants les uns que les autres. Mais jespère que lhistoire de Reza vous permet de mieux comprendre les personnes qui vivent dans la Cité dAchraf et les raisons pour lesquelles ils ont décidé dy vivre. Ce sont des Iraniens
qui avaient des vies ordinaires avant de rejoindre lOMPI. Puisque vous et moi naurions probablement pas fait le sacrifice ultime de rejoindre le mouvement de résistance, ce que nous pouvons faire, cest de poursuivre ce que nous faisons et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les droits des résidents de la Cité dAchraf. Chaque obstacle injuste placé devant la résistance iranienne est un obstacle placé devant le peuple iranien et le peuple irakien. Cela coûte des centaines de vies chaque jour. Ces restrictions injustifiées doivent être immédiatement levées. Le verdict de la CEJ est la première étape de ce processus.

