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Quand la propagande des mollahs perce dans la presse française

CNRI –  Sous la plume de Jean-Pierre Perrin, Libération du 3 janvier commence l’année 2007 avec un article de propagande obscène contre l’opposition iranienne sous le titre de "Moudjahidin du peuple, l’autre fanatisme iranien". Pour le lecteur il est fort difficile de faire la différence entre l’article de l’envoyé spécial de Libération à Téhéran, et l’intoxication habituelle de la presse iranienne à la solde des mollahs. Le ministre de la propagande d’Hitler affirmait que si l’on dit un mensonge assez gros et qu’on le répète suffisamment, alors le monde croira. Il semble que l’auteur de cet article de Libération applique la consigne à la lettre.

Tous ceux qui connaissent un peu la question iranienne peuvent distinguer clairement dans cet article une volonté de secourir les mollahs aux abois et de préparer un complot contre l’opposition. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Perrin publie un manifeste bourré de mensonges et de calomnies contre les Moudjahidine du peuple (OMPI), qui ne ressemble en rien à un article de journalisme. Jamais, il n’a cherché à connaître la position de la Résistance iranienne sur ces questions, ni n’a publié les mises au point adressées à Libération.

Cette fois, l’article rédigé à Téhéran est doublement souhaité par les maîtres du pouvoir iranien. En effet les appareils judiciaires dans le monde les ont mis en rage. La Cour européenne de justice vient de retirer l’étiquette terroriste de l’OMPI, la cour d’appel de Paris a levé les restrictions imposées dans le cadre du contrôle judiciaire contre les membres et les sympathisants de la Résistance et a rejeté la tentative des agents du régime de s’introduire dans le dossier du 17 juin sous couvert de partie civile. De plus, la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l’ONU a déclenché le début du boycott international contre Téhéran. Tout cela alarme les mollahs qui tiennent les Moudjahidine du peuple et le CNRI pour responsables de leur malheur puisqu’en révélant les projets nucléaires du régime qui allaient à l’encontre des intérêts nationaux iraniens, ils leur ont coupé la route à la bombe.    
   
Alors que personne ne doute de l’ingérence grandissante de Téhéran en Irak, au Liban et en Palestine, ni des méfaits de l’organisation en Iran d’une conférence pour nier l’holocauste, M. Perrin apporte une bouffée d’oxygène aux mollahs. Quand toutes les attentions sont concentrées sur la nécessité d’un changement en Iran, les mollahs se plaisent à voir quelqu’un diaboliser la résistance. Le régime voudrait bien persuader le monde qu’il n’existe aucune alternative démocratique, alors mieux vaudrait conserver le statu quo. N’est-ce pas la conclusion que veut en tirer Jean-Pierre Perrin?

Le titre de l’article du 3 janvier est d’abord révélateur des intentions de l’auteur : Il entend nous dire depuis Téhéran qu’il ne faut pas s’y tromper : il n’y a pas que les mollahs qui sont fanatiques, il y a "l’autre fanatisme iranien" celui des "Moudjahidin du peuple", alors gare au renversement de la théocratie! En fait pour Perrin les mollahs ne sont pas si fanatiques que ça.

Dans un article précédent, les plus graves reproches qu’il a pu faire au président criminel Ahmadinejad un peu trop "populiste". Cela demande sûrement un grand courage de s’harmoniser avec le ministère des renseignements des mollahs depuis Téhéran pour ternir l’image de l’opposition et des Moudjahidine du peuple.

Le 16 mai 2005, avant une autre visite à Téhéran,  profitant d’un séminaire juridique en faveur de l’OMPI, Perrin avait écrit un article intitulé "l’opération séduction des Moudjahidine du peuple" pour les accuser de pratiquer la torture … Avant son dernier voyage en Iran, une fois de plus Jean-Pierre Perrin s’était fait l’écho dans un article publié le 19 octobre 2006, des protestations de l’ambassade du régime à Paris contre le soutien de personnalités socialistes en faveur de l’OMPI, la taxant de "secte politico-religieuse". Il s’agit de la même ambassade qui devait lui délivrer les visas pour Téhéran. Rappelons que les mises aux points du Secrétariat du CNRI le 31 mai 2005 et le 30 octobre 2006 n’ont jamais été publiées dans Libération.

Nous attirons l’attention sur les précisions suivantes :

1. L’ensemble de l’article rapporte les déclarations de quatre individus dont l’un est identifié par son seul prénom et qui sont des prisonniers, des captifs, des otages du régime iranien ou des agents de son terrible système. Perrin avoue lui-même que l’un d’entre eux « bénéficie d’une liberté conditionnelle », l’autre condamné à la prison à vie « est aujourd’hui sous contrôle judiciaire ». L’auteur a oublié de mentionner que ces interviews ont été effectuées généralement en présence d’officiels iraniens, à savoir des agents du sinistre service des renseignements des mollahs, le Vevak.
 
La grossièreté d’offrir une tribune à des individus sous contrôle de la gestapo islamiste pour proférer de la propagande contre la principale opposition ne peut avoir été ignorée par l’auteur. Cela démontre ses mauvaises intentions. Interviewer des prisonniers ou des personnes sous contrôle du ministère des renseignements de Téhéran contre l’opposition est contraire aux conventions internationales et piétine la déontologie journalistique et la morale tout court. C’est devenir un instrument du régime fasciste religieux. Un cas de figure identique par une radio britannique en langue persane, a été condamné dans une résolution du Parlement européen daté du 20 février 1997.
  
2. L’auteur sait parfaitement que le régime des mollahs se sert des transfuges où des agents infiltrés contre la Résistance iranienne. En particulier des éléments tombés dans les embuscades des pasdarans, brisés sous la torture et les pressions sur leur famille. Le groupe des droits de l’homme du Parlement britannique a dénoncé ces méthodes dans un livre publié en juin 1996 intitulé "L’Iran, le pouvoir de la terreur". On peut y lire : "L’une des méthodes utilisées consiste à se servir de quelques repentis qui ont collaboré à une époque avec les organisations ou des individus de l’opposition. Par manque de motivation pour continuer la lutte ou conserver leurs principes, ils se sont vendus au régime iranien. Ces gens ont rendu jusque là au régime les plus grands services politiques et les plus précieux renseignements. Outre des renseignements sur les cibles des opérations terroristes du régime, ils ont préparé le terrain politique à l’assassinat d’opposants en diffusant de la propagande contre des individus ou des organisations avec qui ils avaient collaboré, les accusant d’être pires que le régime au pouvoir."

3. Aujourd’hui toute personne équitable peut comprendre que les mensonges astronomiques des agents du régime et des éléments brisés par le Vevak sont des fatwas en faveur de la répression de l’OMPI en Iran et à la Cité d’Achraf en Irak. Ce n’est pas sans raison que l’auteur écrit autant d’insanités sur la Cité d’Achraf et sa gestion. Rappelons que le 12 avril 2003, les agents du régime avaient répété les mêmes allégations lors d’une conférence à Paris dans le but de préparer le terrain à la rafle du 17 juin contre les bureaux du CNRI. Mais l’époque des fatwas des ayatollahs qui circulent entre la rue Béranger et les avenues de Qom et de Téhéran est révolue. 

4. Jean-Pierre Perrin répète une fois de plus les accusations mâchées par les agents du régime iranien comme quoi les Moudjahidine du peuple auraient participé au massacre des Kurdes irakiens. Ce mensonge qui n’a d’autre source que le régime des mollahs a été démenti à maintes reprises par des autorités kurdes irakiennes. A ce sujet, l’agence Reuters du 22 mai 2002 rapporte dans une dépêche : "Reuters a obtenu un document signé par une des plus hautes autorités kurdes déclarant qu’il n’existe aucune preuve comme quoi les Moudjahidine auraient participé à la campagne de répression du gouvernement irakien en 1991 contre les Kurdes. Nous n’avons obtenu aucun indice qui montrerait une quelconque animosité des Moudjahidine à l’égard du peuple kurde." Récemment, un écrivain irakien M. Safi Yasseri a publié une enquête qu’il a menée sur cette question prouvant que l’OMPI n’a jamais participé à la répression des Kurdes. En réalité, l’OMPI s’est abstenue de toute ingérence dans les affaires intérieures irakiennes et dans le moindre conflit avec le peuple irakien quelles que soient les ethnies ou les religions. Le soutien en juin dernier de 5,2 millions d’Irakiens, toutes ethnies et religions confondues, aux Moudjahidine du peuple d’Iran est la preuve la plus claire qu’ils sont au-dessus de tout soupçon. M. Perrin ferait mieux d’ouvrir les yeux une fois pour toute. D’ailleurs, on peut constater dans un article du 12 décembre 2003, qu’il est lui-même resté bouche bée en constatant l’étendue du soutien des Irakiens à l’OMPI devant les portes de la Cité d’Achraf.

5. Croire les accusations du genre interdiction de "sortir","divorce obligatoire", "réfectoires séparés", et même "stations-service distinctes", ainsi que des allégations ridicules comme des baignades "tout habillé" sont le fruit de la naïveté de l’auteur puisque tout observateur indépendant visitant Achraf peut témoigner du ridicule de ces mensonges.

6. Le plus honteux sont les insultes de Perrin à l’encontre des personnalités et des défenseurs de la liberté et de la démocratie qui soutiennent la Résistance iranienne. Dans son article du 16 mai 2005, il les qualifie de "naïfs". Dans son article du 19 octobre 2006, il publie les noms de certaines personnalités françaises appuyant la Résistance iranienne dont l’ambassade du régime a dressé grossièrement la liste. Dans son dernier article, il les taxe haineusement d’ "Idiots Utiles". Bien entendu dans la logique de l’auteur, le renversement des mollahs et le changement en Iran ne peuvent être qu’un cauchemar, par conséquent il faut lapider d’insultes tous ceux qui souhaitent un changement démocratique en Iran et soutiennent la Résistance, et leur rabâcher la propagande du Vevak.
 
7. Jean-Pierre Perrin prétend que le régime a tendu la main aux repentis. Nous lui répondons que si les Moudjahidine du peuple et la Résistance iranienne étaient disposés à vendre leurs idéaux et leur peuple et à reconnaître la dictature religieuse du guide suprême au lieu de rester fidèle à la souveraineté populaire et au suffrage universel, alors ils seraient maudits par les Iraniens et les générations futures. L’auteur veut-il ainsi dissimuler l’évidence à propos du régime? Récemment une résolution de l’ONU a condamné ce régime pour " le recours systématique à la torture et aux peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants tels que la flagellation et l’amputation" pour "la persistance des exécutions publiques, y compris les exécutions collectives en public, de nombreuses autres exécutions au mépris des garanties internationalement reconnues, et de condamnations à la lapidation" et "en particulier l’exécution de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans lorsque l’infraction a été commise".

Comment croire à la clémence d’un régime envers les opposants qui souhaitent son renversement alors qu’il ne tolère même pas un journaliste officiel dans ses propres journaux? M. Perrin a oublié de dire à ses lecteurs qu’après cinq ans d’incarcération, Valiollah Feiz Mahdavi a été assassiné le 26 août 2006, le jour même de son anniversaire, à la prison d’Evine pour avoir tenté de rejoindre l’OMPI. Il a oublié de rappeler que Hodjat Zamani a été pendu le 8 février 2006 pour son appartenance aux Moudjahidine du peuple, et que de nombreux autres opposants ont été exécutés durant l’année qui vient de s’écouler pour avoir participé à une simple manifestation. M. Perrin doit savoir qu’aux yeux des mollahs se repentir équivaut à participer à la torture et aux interrogatoires et finalement à donner des coups de grâce. Perrin ferait mieux de relire l’article 186 du code des châtiments islamiques du régime qui stipule : "Tout groupe ou association organisée qui déclenche une insurrection armée contre le pouvoir islamique, tant que sa direction subsiste, l’ensemble de ses membres, et de ses sympathisants qui connaissent la position de ce groupe ou association et qui s’activent d’une manière ou d’une autre pour faire avancer efficacement ses objectifs sont considérés comme des personnes en guerre, qu’il soient dans la branche armée ou non."

8. Ceux que Jean-Pierre Perrin présente comme des membres repentis qui essaient, à travers une "petite association", de s’employer "à exfiltrer ceux qui sont demeurés en Irak", sont en vérité membres d’une terrible organisation gouvernementale créée par le ministère des renseignement des mollahs surnommé l’association "sauvetage". Son activité consiste à harceler les familles des membres de la Résistance qui se trouvent en Irak ou à l’étranger pour les dénoncer, à défaut de quoi ils subissent des menaces, des tortures et des emprisonnements. Cette association méprisée par les Iraniens se charge de la délation et de la collaboration avec la gestapo des mollahs. C’est un laboratoire pour tester ces fameux repentis. Un des individus interviewés par Perrin se nomme Babak Amine. C’est un des organisateurs de l’association sauvetage dans la ville d’Arak. Il a personnellement participé à l’interrogatoire et à la torture de prisonniers, ainsi qu’à l’intimidation des familles des résistants  membres de l’OMPI. Il fait partie d’un groupe que le Vevak a expédié à Paris en septembre dernier pour mener une action de propagande contre la Résistance iranienne.

9. Houra Chaltchi qui est présentée par Perrin comme un femme qui déteste désormais tout ce qui touche à la politique, est une des membres les plus actives de l’association de sauvetage. Il s’agit d’une prisonnière brisée qui vend ses services au Vevak depuis l’an 2000. Elle participe dans presque tous ses meetings et les fausses manifestations organisées par le ministère des renseignements devant les instances internationales à Téhéran. Elle a également participé aux séances d’interrogatoire pour faire plier les prisonniers résistants. Elle a participé aux pressions exercées sur son propre père Haji Chaltchi arrêté et condamné à la perpétuité pour son appartenance aux Moudjahidine du peuple. Elle a été emmenée à la prison d’Ilam pour essayer de briser la résistance de Hojat Zamani qui a été exécuté par la suite.

L’un des aspects à la fois désolant et ridicule, c’est que dans un pays où Perrin reconnaît que les déplacements d’Ahmadinejad sont "extrêmement contrôlés" au point "où les journalistes iraniens et étrangers ne sont tolérés que s’ils s’abstiennent de rencontrer ceux qui viennent l’entendre" (Ahmadinejad au creux de la vague – Perrin, 22 décembre 2006), il prétend que ses interlocuteurs – des repentis sous contrôle du Vevak autorisés à rencontrer un journaliste étranger et qui gèrent selon lui une association "d’où ils s’emploient à exfiltrer ceux qui sont demeurés en Irak" – "n’ont pas rejoint pour autant le régime islamique"! Avec la force de tels arguments, il peut lui aussi prétendre n’avoir pas rejoint les fanatiques de Téhéran.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 4 janvier 2007

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