CNRI «Il ne sagit pas seulement du sort de la Résistance iranienne. Il ne sagit pas seulement de sopposer à linstauration de la liberté et de la démocratie en Iran. Il sagit de décisions irresponsables qui font de la paix et de la sécurité dans le monde, et notamment de la vie des citoyens européens, des otages aux mains des mollahs ». Cest en ces termes que Maryam Radjavi sest élevée contre la décision du Conseil de lUnion européenne de transgresser larrêt de la Cour Européenne de Justice.
Elle sexprimait lors dune conférence à Paris le 5 février rassemblant les plus grands experts en matière de droit international et européen, comme Lord Slynn of Hadley, ancien juge de la CEJ, le Pr. Henri Labayle doyen de la faculté de droit de Bayonne, ainsi que de nombreuses personnalités politiques et parlementaires de divers pays dEurope.
Voici le texte de lintervention de Mme Radjavi :
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureuse de voir autant de juristes et dexperts éminents réunis pour la défense des droits de la population et de la résistance iranienne. Pour commencer, je souhaiterais vous remercier pour vos efforts durant les cinq dernières années contre laccusation injuste de terrorisme portée contre les Moudjahidine du peuple, particulièrement Lord Slynn of Hadley, MM. David Vaugn et Jean-Pierre Spitzer et tous leurs collaborateurs.
Ces efforts et cette détermination de la Résistance ont fini par donner leurs fruits et la cour européenne de Luxembourg a confirmé que le processus dinscription de lOMPI dans la liste noire a été du début à la fin rempli dinjustices et de violations des lois. Ce processus a conduit à une grave erreur dappréciation. Par conséquent, larrêt du tribunal enlève toute crédibilité à laccusation de terrorisme.
Ce jugement est une grande victoire non seulement pour les Moudjahidine du peuple et la résistance iranienne, mais cest aussi la victoire de la justice sur la politique et les intérêts économiques. Aujourdhui, tous ceux qui veulent ignorer ce jugement rejette cet arrêt et piétine létat de droit qui est la base de la démocratie.
Cependant, comme on pouvait sy attendre, le régime des mollahs a réagi en privé et en public avec tous ses moyens pour y faire obstacle.
Quatre jours après lannonce du jugement de la Cour du Luxembourg, le conseiller de la Cour suprême des mollahs a déclaré : « Ce nest pas parce quun tribunal en Europe a rendu un jugement, que nous allons reculer. » Il a promis de remettre ce jugement en question. De son côté, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères des mollahs a lui aussi rejeté le jugement de la cour européenne, particulièrement la levée du gel des avoirs de lOMPI, disant quelle était sans fondement juridique et inacceptable.
Par ailleurs, comme dhabitude, le régime exerce de nombreuses pressions dans les milieux diplomatiques en Europe. Nous avons appris quen coulisse, le régime des mollahs a annoncé que le jugement de la Cour européenne était un obstacle à ses relations avec lEurope. La demande précise des mollahs, cétait que les autorités de lUnion Européenne prennent position contre le jugement de la Cour de Luxembourg.
A la suite de ces événements, le Conseil de lUnion européenne a refusé de manière arbitraire de reconnaître que les Moudjahidine du peuple nétaient plus dans la liste. Cette position du 30 janvier du Conseil de lUnion européenne est une mesure totalement illégitime et inacceptable. Car dans son arrêt, le tribunal a clairement annulé linscription de lOMPI et souligné quon ne peut imposer aucune restriction à ce mouvement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Cest pourquoi, ce que dit la lettre du Conseil de lUnion européenne sur le maintien de lOMPI dans la liste, est une violation flagrante de la loi. Cela témoigne clairement du caractère politique de cette inscription et de labsence de fondement juridique et légal. Dans sa lettre, le Conseil explique que la raison pour mettre lOMPI sur la liste vient de la décision du 29 mars 2001 du ministre de lIntérieur britannique de lépoque, M. Jack Straw. Mais quand il était ministre des Affaires étrangères, M. Jack Straw a reconnu dans deux interviews séparées en janvier 2006 que cette décision avait été prise à la demande du régime des mollahs.
Et à ceux qui aujourdhui poursuivent cette politique pour conserver cette étiquette contre les Moudjahidine du peuple, il faut leur dire que cette étiquette a de graves conséquences et quelle met des vies en danger. Ces jours-ci, le régime des mollahs avec laide de ses agents au gouvernement irakien en sappuyant sur la liste du terrorisme fomente des complot pour faire expulser ou pour massacrer les Moudjahidine du peuple qui se trouvent à la Cité dAchraf en Irak. Oui, le prix de cette liste, ce sont des vies.
Par conséquent, nous sommes aujourdhui face à une affaire qui dépasse linjustice. Ce refus du Conseil de lUnion Européenne est un acte arbitraire qui réprime la justice et piétine la loi, la démocratie et les droits de lhomme. Il y a cinq ans, quand les Moudjahidine du peuple ont été mis sur la liste du terrorisme, nous avons assisté à la même chose : une décision prise sans évaluation précise et sans contrôle, qui viole lobligation de motivation, les droits de la défense et la présomption dinnocence. Cette décision viole aussi le droit au respect de la vie privée et de la dignité de la personne des membres de cette résistance.
Toutes ces violations durant cinq ans ont été justifiées sous prétexte quelles étaient basées sur des documents confidentiels. Mais lors du procès, les avocats du Conseil de lUnion Européenne nont pas pu montrer au juge un seul de ces documents confidentiels. En fait, la position du Conseil de lUnion Européenne continue léchec de la politique de complaisance avec les ayatollahs en faisant payer non seulement la population iranienne et sa résistance mais aussi la démocratie et la justice européenne.
Malheureusement, le Conseil de lUnion Européenne a fini par satisfaire la demande des mollahs, en opposant à la justice des considérations diplomatiques et commerciales.
Dans ce face à face, la justice européenne et la majorité des parlementaires de nombreux pays dEurope, ainsi que des milliers de personnalités de la défense de la paix et des droits de lhomme récusent laccusation de terrorisme portée contre lOMPI. Mais les autorités européennes persistent dans leur politique de complaisance avec les mollahs.
Je lance une mise en garde : lexpérience de vingt années de complaisance avec les mollahs est en train de créer une nouvelle catastrophe. A chaque fois cela commence par une mesure de répression et dinjustice contre le mouvement de la résistance. Cette injustice saccompagne dune énorme concession aux mollahs. Ensuite, elle ouvre la voie au développement de lintégrisme, du terrorisme et de la bombe atomique et entraîne de nombreuses violations de lois et de mépris pour la démocratie et les principes fondamentaux de lEurope.
Oui, il ne sagit pas seulement du sort de la Résistance iranienne. Il ne sagit pas seulement de sopposer à linstauration de la liberté et de la démocratie en Iran. Il sagit de décisions irresponsables qui font de la paix et de la sécurité dans le monde, et notamment de la vie des citoyens européens, des otages aux mains des mollahs.
Mesdames et Messieurs,
Si cette désignation a été une grande injustice pour le mouvement de la résistance, désobéir au jugement de la Cour revient à se moquer du système judiciaire européen. Faut-il permettre que le fascisme religieux méprise un arrêt de la justice européenne ? Faut-il permettre quune violation surprenante des lois discrédite la justice, la démocratie et les valeurs européennes fondamentales ? Non, absolument pas.
Cest pour cela que lUnion européenne doit annoncer officiellement quelle accepte le jugement de la Cour européenne et quelle retire le nom de lOMPI de la liste du terrorisme.
Jappelle lensemble des gouvernements, des partis européens et des défenseurs de la paix et des droits de lhomme à coopérer pour corriger lerreur qui a porté un coup à la position de lEurope en Iran, au Moyen-Orient et chez les musulmans anti-intégristes.
Le problème de lIran sest transformé en crise internationale majeure. La politique de complaisance face à cette crise a échoué. La guerre et une intervention étrangère ne sont pas non plus des réponses au problème de lIran. Mais il existe une véritable solution efficace. Il sagit dun changement démocratique par les Iraniens et leur résistance.
Chers amis,
Je vous rends hommage à tous et je vous appelle à laide pour la poursuite de ce combat. Un combat contre des accusations sans fondement qui donne en otage aux intégristes la paix et la démocratie, et un combat pour la liberté et la démocratie en Iran.
Je vous remercie.

