CNRI – « Face au fascisme, il n’y a qu’une solution, la résistance. Quel est notre devoir ? C’est de soutenir la résistance », a déclaré Jean-Pierre Brard.
Il s’exprimait dans une manifestation le 23 décembre, devant le quai d’Orsay à Paris. Les manifestants réclamaient l’application immédiate du jugement européen (le 4e en deux ans et le second en un mois) retirant les Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme de l’Union européenne.
Voici des extraits de son intervention :
Il y a deux mois nous avons constitué à l’Assemblée nationale, le comité parlementaire de soutien pour un Iran libre, démocratique et laïc face aux mollahs. Je suis vice-président de ce comité. Le président est mon collègue Philippe Maurer, UMP. Moi, je suis membre du groupe de la gauche démocrate et Républicaine. Je suis donc de gauche et il est de droite. Parce que lorsqu’il y a une grande cause à défendre, il n’y a pas de place pour le clivage entre la gauche et la droite dans notre pays qui plusieurs fois dans son histoire a montré au peuple du monde la voie, dès lors qu’il s’agissait des droits de l’homme et de la liberté.
C’est dans ce quartier, en 1789 que les droits fondamentaux de notre peuple ont été définis. Le refus de l’Union européenne et du gouvernement français qui assure la présidence de l’Union actuellement, de se soumettre à la décision de la justice constitue un viol du droit. Le refus de respecter le droit sur notre continent en continuant de fouler aux pieds les droits du peuple iranien qui se bat avec courage, avec héroïsme contre la dictature fasciste des mollahs.
Face au fascisme, il n’y a pas de place pour la complaisance, il n’y a pas de place pour le dialogue. Nous Français, nous savons bien ce que veut dire le dialogue avec les fascistes. en 1936, Hitler a réoccupé la Rhénanie avec son armée. Qu’ont fait les démocraties en face ? Elles ont reculé. Elles ont encouragé Hitler à continuer. En 1938, il y a eu l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche. Qu’ont fait les démocraties ? Elles ont reculé. Puis, il y a eu l’annexion de la Tchécoslovaquie. Qu’ont fait les démocraties ? Elles ont reculé, avec les honteux accords de Munich. Face au fascisme, il n’y a qu’une solution, la résistance. Quel est notre devoir ? C’est de soutenir la résistance. Quand on résiste, on n’est pas les plus forts.
Rappelez-vous le 20 septembre 1792, lorsque les troupes de la révolution étaient à Valmy face aux troupes coalisées, nous étions seuls mais nous avions raison. Et nous avons gagné. Rappelez-vous, le 18 juin 1940, le général de Gaulle à Londres, il était seul à l’extérieur à l’époque, mais il portait la voix de la France, la voix de la liberté, la voix des droits de l’homme, et nous avons gagné après un combat acharné.
Et aujourd’hui, que fait le peuple iranien ? Il se bat pour sa liberté et nous devons, nous français, être solidaires et nous devons pousser l’Union européenne à être solidaire. Nous devons nous soumettre à la décision de la justice et cessez avec ce comportement honteux de complaisance.
Aujourd’hui sont exposées les personnes qui résident à Achraf et que le gouvernement irakien veut expulser. On sait ce que cela veut dire : les expulser c’est les livrer et les destiner à la mort. Nous devons être solidaires de ces combattants de la liberté. Et dans ce pays qui est celui des droits de l’homme, où est aujourd’hui Rama Yade ? Elle n’est pas là. Où est le président de la république qui a soutenu Ingrid Betancourt pour la faire sortir de sa geôle. Où est le président de la République qui a rencontré le Dalaï lama ?
Et je terminerai par un regret en réaffirmant notre devoir de solidarité. Je regrette le Bernard Kouchner des droits de l’homme, le Bernard Kouchner qui portait les sacs de riz et qui a échangé les sacs de riz contre les jerricans de pétrole qu’il porte de Rangoon à Téhéran, parce qu’à vendre son âme pour du pétrole, on perd toute place dans l’histoire. Alors soyons solidaires avec le peuple iranien dans une circonstance difficile et exigeons de notre gouvernement gauche droite réunies, qu’il respecte le droit européen.

