Par Reza Shafa*
Un jour seulement après lannonce par le régime des mollahs de la mise en place du plan de rationnement de lessence, plus de cinquante stations-service ont été incendiées par les Iraniens furieux et frustrés
dans plusieurs villes dIran : Golestan, Khorassan, Khouzistan, Ispahan, Mazandaran, ainsi que dans les provinces de lAzerbaïdjan de lest et de louest.
Les commandants du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI) et les unités spéciales des Forces de sécurité de l’Etat (SSF) ne sattendaient pas à des réactions aussi vives de la part des habitants depuis la mise en oeuvre de mesures répressives il y a deux mois. Quelque chose les a pris par surprise et a bloqué toute action efficace pour empêcher les Iraniens dagir.
Hier, lors dune réunion top secrète au quartier général du ministère du Renseignement et de la Sécurité (MOIS) dans le nord de Téhéran, létat desprit des hauts dirigeants de la force était à la déception face aux
résultats de la répression impitoyable des jeunes et des femmes menée en avril et en mai sous prétexte d’un « Plan de sécurité publique ».
Selon le compte-rendu divulgué de la réunion, malgré les attaques implacables contre la population visant à préparer le terrain pour le premier test de réaction de la société face aux sanctions de l’ONU, le plan de rationnement de l’essence a totalement échoué.
Le MOIS a estimé que les messages SMS étaient le principal vecteur dinformation servant à rassembler les foules très rapidement lors des événements récents.
Il a transmis une directive au ministère des Communications et de la Technologie ordonnant que tous les messages SMS soient filtrés. Depuis mercredi midi, tous les services de messagerie SMS sont bloqués en Iran.
L’essence représentant le point faible de léconomie chancelante des mollahs, avec plus de 40 pourcent des besoins en essence importés de l’étranger, les sanctions font doucement, mais sûrement, leur effet.
* Reza Shafa est un expert des réseaux de renseignements du régime iranien, en Iran et à létranger. Il a mené des recherches poussées sur le VEVAK, les services secrets du CGR et la force Qods. Il contribue actuellement au site du CNRI.

