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Forum au Sénat américain : soutien à Maryam Radjavi et l’alternative démocratique pour l’Iran

Forum au Sénat américain : soutien à Maryam Radjavi et l'alternative démocratique pour l’Iran
La présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, s’adresse à une réunion de sénateurs américains et d’experts en sécurité, le 11 décembre 2025.

Le 11 décembre 2025, un forum de haut niveau s’est tenu dans la salle Kennedy du Sénat américain. Sénateurs, anciens hauts fonctionnaires et experts ont soutenu l’alternative démocratique iranienne au régime théocratique. L’événement était centré sur l’appel de Maryam Radjavi à un « changement en Iran par la résistance organisée et un soulèvement populaire », mené par les Unités de Résistance à l’intérieur du pays et fondé sur le Plan en dix points pour une république laïque et non nucléaire, basée sur le suffrage universel et l’égalité des sexes.

Les intervenants ont rejeté la théocratie au pouvoir et tout retour à la monarchie, insistant sur le fait que la souveraineté doit appartenir au peuple iranien. Ils ont mis en lumière l’essor du CNRI, des Moudjahidine du peuple (OMPI ou MEK) et d’Ashraf-3, l’ampleur brutale de la répression et la défaillance de l’économie du régime ainsi que son soutien à des milices extrémistes régionaux. Au-delà des clivages partisans, les participants ont exhorté à un soutien politique, diplomatique et informationnel accru à la Résistance iranienne, tout en insistant sur le fait que les Iraniens eux-mêmes doivent décider de leur avenir.

Dans son discours d’ouverture, la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, a déclaré que des décennies de torture, d’exécutions et de discrimination – en particulier à l’encontre des femmes – n’ont abouti qu’à une seule solution : le changement en Iran par la résistance organisée et un soulèvement populaire. Elle a souligné que « la démocratie est au cœur de cette solution, à la fois l’objectif et l’unique voie pour parvenir à la justice, au progrès et à un gouvernement du peuple ».

Mme Radjavi a décrit les Unités de résistance dirigées par l’OMPI comme le « moteur du soulèvement », implantées dans les villes iraniennes, et a mis en avant Ashraf-3 en Albanie comme un centre névralgique du mouvement, abritant des femmes pionnières, d’anciens prisonniers politiques et des militants dévoués.

La présidente élue du CNRI a insisté sur le fait que l’objectif de la Résistance est de transférer le pouvoir au peuple, et non de s’en emparer. Après la chute de la « dictature religieuse », elle a proposé une brève transition, aboutissant à des élections nationales dans les six mois suivants pour une Assemblée constituante chargée de rédiger une constitution démocratique et de nommer un gouvernement de transition.

La Résistance, a-t-elle souligné, « ne demande ni argent ni armes à aucun gouvernement étranger », mais exige la reconnaissance internationale du droit du peuple iranien à renverser un régime qui « occupe notre pays depuis près d’un demi-siècle ».

Mme Radjavi a averti qu’il ne restait que deux options : la poursuite du fascisme religieux, du terrorisme et de l’escalade nucléaire, ou « un véritable changement apporté par le peuple iranien et sa Résistance, menant à une république démocratique et pluraliste », excluant clairement un retour à la monarchie.

Le général James Jones, ancien conseiller à la sécurité nationale et commandant du Corps des Marines à la retraite, a décrit le régime comme à la fois dangereux et de plus en plus fragile, et la Résistance comme une alternative crédible. Il a déclaré que Téhéran était depuis longtemps « l’épicentre des conflits régionaux, du terrorisme et de l’instabilité », mais que ce que beaucoup perçoivent comme sa force reflète en réalité « l’incapacité persistante de la communauté internationale à la tenir responsable ». Il a soutenu que les opérations iraniennes de la mer Rouge à l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen ne sont « pas des signes de confiance, mais des tentatives désespérées pour retarder ce que nous considérons comme un effondrement inévitable », et qu’aujourd’hui « cet effondrement s’accélère ».

Le général Jones a déclaré que les piliers de l’influence de Téhéran s’effritent, citant la chute d’Assad, l’affaiblissement du Hezbollah et des Houthis, ainsi que le démantèlement de l’« axe de la résistance ». Sur le plan intérieur, il a souligné la chute libre du rial, la pauvreté généralisée qui touche près de 80 % de la population et les pénuries chroniques de nourriture, de médicaments, d’eau et d’énergie dans un pays riche en pétrole et en gaz. Il a cité près de 2 000 pendaisons cette année et des milliers d’exécutions sous la présidence actuelle comme preuve que le régime est « terrifié par son propre peuple, terrifié par la résistance organisée et terrifié par la vérité ».

Citant le soutien bipartisan au CNRI, le général a déclaré : « La résolution 166 de la Chambre des représentants, adoptée par une majorité bipartite, reconnaît également le rôle des Unités de résistance face aux Gardiens de la révolution. Elle rejette par ailleurs la théocratie et la monarchie comme des avenirs inacceptables pour l’Iran. Ainsi, ces résolutions du Congrès démontrent que la véritable alternative au régime n’est ni le chaos, ni la monarchie, ni la fragmentation, mais une coalition démocratique structurée et organisée, capable de conduire l’Iran vers une nouvelle ère et de réintégrer la communauté des nations civilisées.»

Le Dr Ben Carson, ancien secrétaire américain au Logement et au Développement urbain et neurochirurgien de renom, a estimé que le désir de liberté est universel et remonte à l’histoire de l’Iran, « même à l’époque où le pays s’appelait la Perse et l’Empire médo-perse».
Le Dr Carson a rendu hommage aux femmes iraniennes, notamment aux adolescentes qui refusent de porter le hijab malgré le risque de punition, comme exemples contemporains de ce courage. Il a décrit son propre parcours, de la pauvreté à la neurochirurgie, et a rendu hommage à sa mère qui croyait que « la véritable liberté s’acquiert par l’éducation » et privilégiait la lecture à la télévision. Il a établi un lien avec le pouvoir des idées dans les luttes de libération. S’appuyant sur l’histoire des États-Unis – de la guerre d’Indépendance à la guerre de 1812 et au maintien du drapeau américain sur Fort McHenry – il a soutenu que le courage, la foi et la détermination peuvent triompher des adversaires les plus redoutables.

Le Dr Carson a déclaré que les Iraniens qu’il a connus sont des « personnes extrêmement intelligentes qui aspirent à la paix et à la liberté ». Il a retracé l’origine du « régime brutal » actuel jusqu’à l’autoritarisme du Shah. Mettant en garde contre la propagation de la tyrannie, il a affirmé que tolérer l’oppression à l’étranger « ouvre la voie à la tyrannie chez nous ». Il a conclu son intervention en racontant l’histoire d’une équipe de 18 chirurgiens ayant réussi à séparer des jumeaux, y voyant une métaphore : lorsque l’on se concentre sur l’objectif plutôt que sur la gloire, « notre objectif actuel est la liberté du peuple iranien».

Le sénateur Cory Booker a présenté la lutte pour un Iran libre comme une cause morale universelle, ancrée dans des valeurs partagées. Invoquant l’avertissement de Martin Luther King Jr. selon lequel « l’injustice, où qu’elle soit, est une menace pour la justice partout », il a déclaré que les Iraniens « connaissent la douce saveur de la liberté et la chérissent comme les Américains » et sont « horrifiés par les ténèbres de la tyrannie, tout comme les Américains ». Il a déclaré à l’auditoire qu’en cette période de profondes divisions partisanes, ce forum « unit les gens », rassemblant démocrates et républicains qui « partagent cet engagement, cet engagement commun d’amour » et de solidarité avec le peuple iranien.

S’appuyant sur son propre héritage et sur l’histoire de Frederick Douglass, le sénateur Booker a comparé la lutte iranienne à ce qu’il a appelé un « effort sacré », semblable à la lutte contre l’esclavage et le racisme aux États-Unis. Rappelant comment Douglass avait décrit la seconde investiture de Lincoln comme un « effort sacré », il a appliqué la même expression au travail de ceux qui luttent pour la liberté de l’Iran.

Il a parlé de revenir chaque année avec l’espoir d’un « Iran libre » et a insisté sur le fait qu’« il n’y a pas d’urgence plus grande que la liberté, ni de meilleur chemin pour y parvenir que l’amour », qu’il a défini comme le service, le sacrifice et l’engagement. Il a promis que les sénateurs « resteraient unis au Sénat dans notre engagement envers un Iran libre ».

La sénatrice Jeanne Shaheen a souligné l’opportunité stratégique créée par les récents changements régionaux et la nécessité de protéger ceux qui fuient le régime. Elle a souligné que « le Moyen-Orient a connu de profonds bouleversements au cours de l’année écoulée », notamment la chute d’Assad, les frappes directes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes et l’effondrement de l’économie iranienne. Elle a affirmé qu’il existe désormais « une réelle opportunité pour toute la région de bâtir un avenir différent, un avenir libre et démocratique », un avenir qui doit impérativement inclure l’Iran. Elle a félicité les participants d’avoir « donné la parole à l’Iran pour son avenir démocratique » et d’avoir veillé à ce que le monde entende la vérité malgré la répression persistante.

La sénatrice Shaheen a condamné les menaces nucléaires continues du régime, son soutien à la guerre menée par la Russie, les exécutions de masse, la répression des prisonniers politiques et les « discriminations et violences sexistes », qualifiant de « très préoccupantes » les récentes expulsions d’Iraniens par les États-Unis. Elle a averti que les personnes expulsées courent un « grave danger » et a fait état de convocations émanant des services de renseignement des Gardiens de la révolution. Depuis 1979, a-t-elle déclaré, les États-Unis sont un refuge pour les dissidents et les minorités iraniennes, et « nous devons protéger les demandeurs d’asile iraniens de l’expulsion, notamment les résidents du camp Ashraf 3 ». Elle a appelé à renforcer le soutien aux militantes iraniennes, à accroître le financement de la documentation des violations et à renforcer les sanctions contre les auteurs de violations des droits de l’homme, affirmant qu’un Iran laïc et démocratique est à la fois ce que son peuple mérite et ce qui est dans l’intérêt de l’Amérique.

Le sénateur Roy Blunt a mis à profit son long engagement sur ce dossier pour souligner la persévérance et l’évolution des rapports de force. Il a rappelé avoir assisté à « chacune de ces » réunions depuis la première. Il a affirmé que la répétition est essentielle et que le succès se mesurerait à la capacité des participants à repartir en disant « tous ces intervenants ont dit la même chose » et en se souvenant des messages clés partagés. Le sénateur Blunt a salué la détermination de Mme Radjavi à garantir « la liberté pour ceux qui sont prêts à œuvrer pour leur propre liberté, et aussi la liberté pour un Iran non nucléaire ».

Le sénateur américain a affirmé que « le régime n’a jamais été aussi faible », citant l’affaiblissement considérable, voire la destitution, de ses principaux alliés et du régime d’Assad. Il a rappelé comment le CNRI, avec le soutien de l’OMPI, avait révélé l’existence d’installations nucléaires secrètes en 2002.

L’effort de deux mille milliards de dollars déployé par l’Iran pour devenir une puissance nucléaire semble être un pari risqué, voire voué à l’échec, surtout après les récentes frappes. Parallèlement, il a averti que « l’oppression et les exécutions se poursuivent », soulignant que plus de 300 personnes – principalement des jeunes – ont été exécutées en un seul mois pour avoir résisté au régime. Revenant sur son travail auprès des résidents de Camp Liberty et d’Ashraf, il a décrit comment il avait contribué à organiser la relocalisation de 3 000 dissidents en Albanie et les avait rencontrés sur place, ce qui a mené à la création d’Ashraf-3.

Le sénateur John Cornyn a prononcé un bref discours réaffirmant son soutien indéfectible à la Résistance et à sa communauté en exil. Il a rappelé son voyage en Albanie en 2017 pour visiter Ashraf-3 et avoir rencontré nombre de ses membres, rapportant que le général Jones lui avait dit qu’ils représentaient « l’espoir de l’avenir de l’Iran ». Il a décrit les Iraniens sous le régime théocratique actuel comme un peuple privé d’espoir et de perspectives d’avenir.

Le sénateur Cornyn a décrit le régime iranien comme le principal instigateur de nombreux conflits régionaux, reprenant la métaphore du « chef du serpent » pour la décrire comme celle du « chef de la pieuvre », dont les tentacules s’étendent à travers le Hezbollah, les Houthis et d’autres groupes armés. Il a réaffirmé que Téhéran est le « premier État parrain du terrorisme au monde » et s’est dit heureux de continuer à soutenir l’opposition « par tous les moyens possibles ». Son intervention a souligné le soutien indéfectible des Républicains au CNRI, à l’OMPI et aux Unités de résistance que ces organisations soutiennent en Iran.

L’ambassadeur Marc Ginsberg, qui animait le forum, l’a présenté comme une vitrine d’une alternative démocratique émergente. Accueillant les participants « au nom du Conseil national de la Résistance iranienne », il s’est dit honoré de mettre en lumière « l’immense succès que remporte l’opposition iranienne internationale, sous la direction du CNRI et en particulier de Mme Maryam Radjavi ». Il a évoqué son propre parcours en matière de politique iranienne, en tant qu’ancien conseiller du sénateur Ted Kennedy, et a affirmé que l’hostilité persistante du régime à son égard – notamment une fatwa – témoignait de son soutien aux victimes. L’ambassadeur Ginsberg a soutenu que « l’organisation des mollahs s’effondre », que leur « axe de résistance terroriste tant vanté est en ruines » et que l’économie iranienne est « au bord du gouffre », tandis que le régime intensifie sa brutalité contre ses opposants internes, en particulier le CNRI et l’OMPI.

En conclusion, l’ambassadeur Ginsberg a déclaré que « depuis la révolution iranienne, jamais les États-Unis et leurs alliés n’ont bénéficié d’une occasion aussi précieuse de précipiter la chute de la cabale des mollahs », prédisant que lorsque le régime s’effondrera, « la joie qui résonnera en Iran se fera entendre dans toutes les capitales du monde ». Il a plaidé pour l’adoption d’une « Loi sur la liberté de l’Iran » afin de doter l’opposition organisée d’outils similaires à ceux accordés aux dissidents d’Europe de l’Est dans le cadre des accords d’Helsinki, soulignant qu’un tel soutien ne mettrait pas les Américains en danger. Évoquant personnellement la perte de proches dans des attentats liés à l’Axe de la Résistance de Téhéran, il a déclaré : « Donnez-leur les outils… donnez-leur l’espoir, donnez-leur une voix, donnez-leur l’inspiration », et a repris à son compte l’adaptation d’un refrain juif par le sénateur Cory Booker, exprimant l’espoir que « l’année prochaine à Téhéran » puisse devenir réalité si l’occasion actuelle n’est pas manquée.

Le sénateur Ruben Gallego a apporté un soutien concis, fort de son expérience en matière de sécurité nationale. Il a rappelé son travail sur les questions iraniennes lorsqu’il siégeait à la Commission des forces armées de la Chambre des représentants et a déclaré que cette expérience lui avait révélé « toute l’ampleur et la menace que représentent l’ayatollah et son régime ». Il a toutefois insisté sur le fait qu’il est tout aussi important de se souvenir « qui sont les Iraniens » : des êtres humains qui « veulent être libres », « pratiquer leur culte en toute liberté » et vivre sans un « gouvernement oppressif qui cherche à les opprimer ».

Le sénateur Gallego a déclaré que chaque fois que les Américains observent « ce type de mouvement » et « ce type de résistance où que ce soit dans le monde », ils devraient, « en tant que citoyens épris de paix » et attachés à la liberté, « continuer d’encourager cette communauté à survivre, à lutter et, espérons-le, à infléchir le cours des choses ». Qualifiant les militants présents de « seconde famille », il a prédit « un avenir prometteur pour l’Iran » et pour les relations entre les deux pays, si la communauté internationale reconnaît d’abord que « le peuple iranien mérite la démocratie et la liberté ». Il s’est engagé à continuer de contribuer à « faire avancer les choses » en tant que sénateur et a exhorté ses partisans à « poursuivre leur plaidoyer, car le peuple iranien mérite cette liberté comme tout autre être humain dans le monde », se ralliant ainsi au message plus large selon lequel soutenir les Unités de résistance, le CNRI et le Plan en dix points de Radjavi est un impératif à la fois moral et stratégique.

L’ancienne porte-parole du Département d’État, Heather Nauert, a mis l’accent sur le rôle de première ligne des femmes iraniennes et sur la force des idéaux démocratiques. S’appuyant sur son expérience de journaliste et au Département d’État, elle a déclaré que partout où elle voyageait, les gens aspiraient à « être libres ».

« Face à la terreur et à l’oppression », un désir « qui se concrétise aujourd’hui en Iran », a-t-elle déclaré. Elle a décrit des femmes à la tête d’un mouvement né « dans la rue » et qui se poursuit « dans les foyers, les universités et même les prisons », citant des rapports faisant état de centaines d’exécutions en un seul mois et de l’arrestation d’organisatrices de marathon parce que certaines coureuses refusaient de porter le hijab. Ces histoires, a-t-elle affirmé, montrent que la lutte pour la liberté est « une expérience vécue, souvent portée par les femmes ».

Mme Nauert a fermement soutenu le Plan en dix points de Radjavi, affirmant qu’il reflète des principes « qui tiennent à cœur aux Américains de tous bords politiques : le suffrage universel, des élections libres et l’égalité de participation des femmes », ainsi qu’un État laïque et un Iran en paix avec le monde. Citant l’appel de Mme Radjavi à « donner le pouvoir au peuple, et non aux mollahs », elle a qualifié ces valeurs d’« humaines » plutôt que partisanes et a salué l’unité bipartite présente dans la salle.