
Le 8 juillet 2026 — vingt-septième anniversaire du soulèvement étudiant iranien —, tandis que la dictature cléricale était préoccupée par les funérailles solennelles de son Guide suprême et par le maintien d’une position fragile après les récents échanges de missiles avec les États-Unis, un réseau d’étudiants dissidents a perpétré l’un des actes de résistance les plus audacieux auxquels la théocratie ait été confrontée depuis des années.
Iran : Les slogans « Maudit soit Khamenei, vive Radjavi » diffusés dans plusieurs quartiers de Machhad https://t.co/eDg4HT3pCE https://t.co/vk0oOglsXt
— Afchine Alavi (@afchine_alavi) July 10, 2026
Dans un premier temps, une action menée par des étudiants sympathisants des Moudjahidine du peuple (OMPI ou(MEK) a provoqué la mise hors service de plus de 600 sites web gouvernementaux appartenant à quatre grandes universités. Les images de Maryam et Massoud Radjavi, figures de proue du mouvement de résistance iranien, ont été remplacés affichés. En quelques heures, l’opération s’est étendue : 900 sites répartis dans douze universités ont été piratés. Les pages d’accueil des serveurs de l’Université de technologie K.N. Toosi, de l’Université Tarbiat Modares, de l’Université d’Ispahan, de l’Université Kharazmi, de l’Université des sciences judiciaires et du vaste réseau des universités islamiques Azad – dont VADANA, la plateforme nationale d’apprentissage en ligne qui compte des centaines de milliers d’étudiants – affichaient toutes les mêmes slogans : « Mort à King Mojtaba ! », « Maudit soit le tyran Khamenei ! » et « Vive Radjavi ! ».
Le timing était parfait. L’appareil sécuritaire iranien était déjà fortement sollicité par l’organisation des funérailles et les opérations militaires. L’accès à Internet était fortement restreint depuis le soulèvement de janvier qui, selon les observateurs des droits humains, a fait jusqu’à 7 000 morts. Pourtant, des étudiants sympathisants des Moudjahidine du peuple sont parvenus à pirater des serveurs universitaires centralisés et à transmettre des preuves de l’opération à l’étranger – un exploit qui suppose des mois de préparation, des cellules cloisonnées et une expertise technique que le régime s’efforce depuis longtemps d’éradiquer.
L’alarme du régime
La réaction des services de sécurité de Téhéran a été rapide et, pour les observateurs, d’une franchise remarquable. Boultan News, un média lié aux services de renseignement des Gardiens de la révolution, a publié un éditorial citant un proverbe persan éloquent : « Ne sous-estimez pas l’ennemi et ne soyez pas insouciants à son égard, car l’insouciance est la mère de tous les malheurs. » L’article désignait ouvertement les Moudjahidine du peuple (MEK/OMPI) comme « le principal ennemi intérieur du système » et exigeait des explications sur la vulnérabilité des infrastructures universitaires critiques, alors que « les forces armées répondent à l’ennemi étranger avec une main de fer ». Dans un rare aveu de vulnérabilité, l’éditorial avertissait qu’ignorer cette menace intérieure en période de deuil national constituait « une trahison impardonnable » et déplorait le « chaos » qui régnait au sein des réseaux universitaires du pays.
🚨 Exclusive | Iran: Resistance Units Broadcast Anti-Khamenei Slogans During Funeral Procession in Mashhad
Exclusive footage obtained by Simay Azadi shows members of the PMOI Resistance Units broadcasting the slogans « Curse Khamenei, Hail Rajavi » at two locations in Mashhad… pic.twitter.com/2l5UoD9RLu
— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) July 9, 2026
Plusieurs médias technologiques affiliés à l’État – Digiato, Zoomit et l’agence de presse informatique ISTNA – ont confirmé indépendamment la brèche, chacun indiquant que l’OMPI en avaient revendiqué la responsabilité. Le Réseau d’information étudiant (SNN), organe de presse d’État, a également signalé de graves perturbations. L’Université Azad, qui accueille des millions d’étudiants, a entièrement mis hors service sa plateforme VADANA et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, n’a publié aucune déclaration officielle pour expliquer cette interruption.
La panique ne s’est pas limitée au cyberespace. À Mashhad, lors de la procession funéraire elle-même, jeudi après-midi, des haut-parleurs ont diffusé des slogans interdits – « À bas Khamenei, vive Radjavi ! » – à deux endroits distincts (près de la place 15 Khordad et du bazar Reza), un acte de défiance physique dans l’une des villes saintes les plus étroitement contrôlées par le régime.
Les étudiants qui ont pris le contrôle de ces serveurs le savaient pertinemment. Dans le courriel qu’ils ont fait parvenir clandestinement au monde extérieur, ils ont résumé leur objectif en une seule phrase : « Honorer les étudiants martyrisés par la dictature… Nous cherchons à briser le cycle incessant des rois et des religieux dans l’histoire de l’Iran. Brisons les cieux et bâtissons quelque chose de totalement nouveau.»
Les services de renseignement du régime ont désormais déclaré publiquement que non. Il serait imprudent de les sous-estimer. C’est peut-être là l’aveu le plus lourd de conséquences.

