
Au lendemain de la guerre de 12 jours, le ministère du Renseignement et de la Sécurité du régime iranien (VEVAK) a publié une longue déclaration tentant de présenter la défaite militaire et politique comme un exploit stratégique. Sous ses prétentions victorieuses, le document trahit ce que Téhéran craint réellement : le potentiel croissants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) et de ses unités de résistance à l’intérieur du pays.
La déclaration, intitulée « Communiqué déclaratif sur la bataille silencieuse avec les services de renseignement de l’OTAN pendant la guerre imposée de 12 jours », cherche à présenter le régime comme assiégé par toute une alliance de renseignements occidentaux. Pourtant, les passages qui préoccupent le plus le Vevak ne concernent pas les adversaires étrangers, mais la résistance intérieure.
Le Vevak allègue que l’ennemi a tenté de « mobiliser des hors-la-loi, divers terroristes sous divers déguisements… de faire intervenir les vestiges monarchistes, les voyous et les hooligans, ainsi que les unités de résistance et les cellules dormantes de l’OMPI pour attiser le mécontentement et les protestations des travailleurs et transformer la situation en émeutes généralisées.» Il affirme également que, pendant la guerre, les forces de sécurité ont « attaqué plusieurs cellules opérationnelles de l’OMPI actives à Téhéran, en Azerbaïdjan occidental, au Sistan-Baloutchistan, à Qazvin, à Hormozgan et dans d’autres provinces. »
Ce n’est pas un aveu anodin. Pendant des années, Téhéran a insisté sur le fait que l’opposition organisée à l’intérieur du pays était marginale ou fabriquée de toutes pièces. Pourtant, le communiqué du VEVAK confirme que des unités de résistance liées à l’OMPI sont implantées dans plusieurs provinces, suffisamment actives pour inquiéter un ministère censé se concentrer sur les menaces extérieures en temps de guerre.
Les contradictions sont encore plus flagrantes lorsque le VEVAK tente de paraître triomphant. Il affirme que sous « la direction résolue du commandant en chef », tous les ennemis ont été « paralysés et maîtrisés » et que les adversaires « n’ont pas pu mener la moindre opération contre la sécurité du pays ». Pourtant, le même document détaille des contre-opérations de grande envergure, des dizaines d’arrestations dans les principales provinces et des complots d’assassinat contre 23 hauts fonctionnaires qui auraient été déjoués. Si rien n’a été révélé, pourquoi ce coup de filet massif ?
Le VEVAK conclut en saluant la « grandeur » du Guide suprême et en félicitant les citoyens pour leur aide dans la traque des « cas suspects », les exhortant à continuer de dénoncer leurs voisins. « Lorsque nous avons sollicité de l’aide et signalé des activités suspectes, la population a joué le rôle principal », indique le communiqué, ajoutant : « Nous demandons sincèrement que cette vigilance se poursuive.»
Le communiqué du VEVAK regorge également d’affirmations grandiloquantes, mais invérifiables, des succès du Renseignement : « pénétration des strates les plus secrètes » de l’armée israélienne, vol d’« archives nucléaires ultra-secrètes », lancement de « cyber-opérations sans précédent ». Ces propos vantards ressemblent à une anesthésie politique pour une élite sécuritaire ébranlée. La seule cible tangible, constamment citée, est intérieure : les unités de résistance de l’OMPI.
Le VEVAK dresse un tableau révélateur :
- Reconnaissant ce qu’il nie publiquement : les unités de résistance de l’OMPI sont actives dans tout le pays, et non une relique en exil.
- Contrairement à son propre discours de contrôle total : une prétendue « zéro brèche » associée à des arrestations massives témoigne de sa faiblesse.
- La peur des idées, pas seulement des actes : La précipitation à criminaliser l’information et le recours à des informateurs citoyens témoignent d’une panique face à la capacité de l’OMPI à transformer la colère publique en actions organisées.
- Sa survie dépend de la répression : le régime n’enrichit que son système de surveillance et d’exécutions, et non la science, l’économie ou la légitimité promises.
Le Vevak voulait projeter sa toute-puissance. Au lieu de cela, sa déclaration se lit comme un aveu : malgré des décennies de répression, l’OMPI demeure une force ancrée, organisée et en pleine expansion dans les villes et les provinces iraniennes.

