Par Luc Lagun-Bouchet
France 3, 19/20 – 23 janvier – Le Conseil de lEurope demande à lONU et à lUnion européenne de respecter les règles du droit international pour létablissement de leur liste noire de personnes ou dorganisations considérées comme terroristes. Ainsi lorganisation des Moudjahidine du peuple iranien, un mouvement dopposition à Téhéran est toujours sur une liste noire de lUnion européenne, alors que ses liens éventuels avec le terrorisme nont jamais été démontrés.
En 2003 en région parisienne, plusieurs des membres de cette organisation avait été arrêtés dont Maryam Radjavi, un temps incarcérée.
Enorme médiatisation pour la plus vaste opération de police de ces dernières années. La cible : lOMPI, lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran, soupçonnée de préparer des attentats en Europe contre les intérêts iraniens. Cest ce quaffirme alors le patron de la DST dans une conférence de presse, une première en France.
Pourtant ni explosif, ni arme ne seront saisis lors des perquisitions. Incarcérées et mise en examen pour association de malfaiteur, en lien avec une entreprise terroriste, Maryam Radjavi, légérie du mouvement est dailleurs libérée 15 jours plus tard sur décision de justice, fait rarissime en matière terroriste.
Quatre ans et demi plus tard, lennemie jurée de Téhéran revient sur cette affaire. Etonnement protégée par la police lors de ses déplacements, elle sinterroge sur le sérieux de lenquête.
Maryam Radjavi : Après le 17 juin, seulement une fois jai eu une audition pour répondre aux questions du juge, et seulement au sujet de lhistoire de ma famille.
Autre personne mise en examen Abol-Ghassem Rezai. Lui aussi na été entendu quune seule fois par le juge Bruguière. Cétait uniquement pour parler de sa famille, dont huit membres ont été exécutés en Iran.
Me William Bourdon : Si lintérêt quon a pour un dossier est proportionnel au nombre dauditions, ça prouve le désintérêt absolu quon a pour un dossier. En même temps, ils continuent à être « criminalisés » entre guillemets à la face de lopinion publique. Mais il reste que Mme Radjavi est reçue au Parlement européen, dans différent pays.
En Belgique, en Norvège, dans les instances européennes, la reconquête de la respectabilité est en marche. Et à Auvers-sur-Oise, le travail de lobbying a repris. Un site internet, une revue hebdomadaire et même une télévision diffusée 24h sur 24 par satellite.
Maryam Radjavi elle, élabore avec ses conseillers la politique quelle défend inlassablement depuis que Téhéran est redevenu une menace pour loccident.
Maryam Radjavi : La solution à la crise de lIran, nest ni la guerre ni la politique de complaisance. Il y a une troisième voie, cest-à-dire un changement démocratique par le peuple iranien et sa résistance organisée.
Que ce soit dans un rassemblement de 50.000 Iraniens en région parisienne, ou dans les salons plus feutrés du Parlement européen, elle réclame inlassablement, le retrait des Moudjahidine de la liste européenne des organisations terroristes. En 2006, la justice européenne la déjà demandé, en vain. Récemment, la justice britannique la exigé par deux fois, toujours en vain, comme si le droit ne pouvait sappliquer à cette organisation depuis toujours pomme de discorde, voire monnaie déchange entre loccident et lIran.

