samedi, janvier 28, 2023
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceIran-Radjavi : Il faut reconnaître la Résistance iranienne pour la liberté

Iran-Radjavi : Il faut reconnaître la Résistance iranienne pour la liberté

CNRI – Aujourd’hui, la Cour européenne de justice a rendu un arrêt qui annule la décision commune du Conseil des ministres de l’Union européenne d’inscrire le nom des Moudjahidine du peuple dans la liste des organisations terroristes. Elle a ordonné au Conseil des ministres de verser les quatre cinquièmes des frais de procédure des Moudjahidine du peuple. Le tribunal a souligné que la décision de l’UE n’a pas pris en compte les droits de la défense et le droit des inculpés d’être entendus de manière équitable.

CNRI – Invitée par le groupe du Parti populaire européen (Démocrates-chrétiens) et des Démocrates européens au Parlement européen à Strasbourg le 12 décembre, Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a prononcé le discours suivant :

Monsieur le Président,
Honorable Parlementaires,

Je suis très heureuse de me trouver parmi vous. Cette rencontre a été repoussée depuis le mois de juin, mais cela a permis de faire la lumière sur beaucoup de problèmes et j’en suis satisfaite.

Aujourd’hui, la Cour européenne de justice a rendu un arrêt qui annule la décision commune du Conseil des ministres de l’Union européenne d’inscrire le nom des Moudjahidine du peuple dans la liste des organisations terroristes. Elle a ordonné au Conseil des ministres de verser les quatre cinquièmes des frais de procédure des Moudjahidine du peuple. Le tribunal a souligné que la décision de l’UE n’a pas pris en compte les droits de la défense et le droit des inculpés d’être entendus de manière équitable.

Ce verdict témoigne de la légitimité de la résistance du peuple iranien contre le fascisme religieux et de la victoire de la justice sur le marchandage et la complaisance avec les mollahs au pouvoir en Iran. C’est une grande victoire pour le peuple iranien et sa résistance, et pour tous les défenseurs de la liberté, les parlementaires et les juristes qui ont travaillé pour le retrait de cette étiquette.

Les mollahs tiennent en ce moment à Téhéran une conférence visant à nier l’Holocauste. Cela entre dans le cadre de leur politique belliciste. De cette manière ils préparent une guerre encore plus vaste dans la région. Cette arrogance est le résultat de la politique de complaisance de l’occident avec les mollahs dans le domaine nucléaire et leur ingérence en Irak. Pour survivre, ce régime a besoin de créer des crises.

D’un autre côté, on peut voir que les négociations avec les mollahs n’ont mené à rien. Alors, une question reste d’actualité : que faut-il faire ?

M. Javier Solana a reconnu : « nous avons travaillé trois mois en vain pour convaincre l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement. » Mais les gouvernements européens misent toujours sur les mollahs. Pourquoi ?

En plus des intérêts économiques, je pense qu’ils ont une analyse erronée de la situation en Iran et qu’ils se trompent sur la capacité du régime. Cela ressemble beaucoup aux erreurs faites à la fin du régime du chah. On peut se rappeler qu’une année avant la chute du chah, le président Carter parlait de l’Iran comme « d’un  îlot  de stabilité ». Les services de renseignements américains, qui étaient largement présents dans le pays, disaient que « l’Iran n’est pas dans une étape révolutionnaire, ni même pré-révolutionnaire. »

Aujourd’hui, les Iraniens veulent encore plus le changement qu’en 1979 et les conditions de ce changement sont réunies. Malgré le climat de répression, hier des étudiants criaient devant  Ahmadinejad : « A bas le dictateur !». Par conséquent toute politique et tout investissement en Iran doit prendre en considération cette réalité.

Ces jours-ci, on entend beaucoup parler du rôle de l’Iran en Irak. Le rapport du groupe d’études sur l’Irak se penche avec raison sur l’ingérence croissante du régime des mollahs en Irak et comment il fournit armes, munitions et entraînements à divers groupes. Il cite un dirigeant politique sunnite irakien disant que « aujourd’hui en Irak, sous chaque pierre se trouve un Iranien. »

Cependant, en estimant que le régime iranien veut la stabilité et l’union de l’Irak, le rapport propose que les mollahs participent à résoudre la crise irakienne. Dans la pratique, cela revient à reconnaître officiellement l’influence des mollahs en Irak. C’est une grave erreur : D’abord, parce que l’intérêt du régime iranien se trouve dans la poursuite des troubles en Irak. La stabilité et la démocratie en Irak et la paix au Proche Orient sont fatales pour ce régime.

Deuxièmement, dans le cadre de l’exportation de l’intégrisme l’Irak est un point stratégique pour le régime des mollahs à cause de sa situation géopolitique.

Troisièmement, comme nous l’avons vu dans le domaine nucléaire, les négociations avec les mollahs conduisent à un échec. Par conséquent, les négociations sur l’Irak donnent seulement au régime iranien la possibilité de développer leur présence en Irak.

Avec son ingérence, le régime des mollahs constitue la majeure partie du problème en Irak et c’est pourquoi, comme l’ont dit de nombreux dirigeants irakiens et 5,2 millions d’Irakiens dans une déclaration en juin cette année, la solution c’est l’éviction d’Irak du régime des mollahs.
 
Il ne faut pas voir des signes de force dans la politique aventuriste du régime en Irak et au Moyen-Orient ni dans sa course à l’arme atomique. C’est la méthode des mollahs pour dissimuler leurs faiblesses. C’est ce qu’ils appellent la « stratégie de l’intimidation » ou « l’équilibre de la terreur ».

Cette faiblesse apparaît dans trois points :

– La purge des courants internes du régime qui continue et qui montre sa faiblesse et son inflexibilité. A cause de cette faiblesse, le régime est incapable de parvenir à un accord nucléaire avec  la communauté internationale. Car selon Ahmadinejad, « un pas en arrière signifie notre disparition ». Le régime des mollahs n’a pas la capacité d’entrer dans un grand marchandage avec l’occident et surtout les Etats-Unis, et de régler toutes les disputes, qui vont du dossier atomique, à l’Irak, en passant par le Proche-Orient. Même si la crise des Etats-Unis en Irak, les difficultés de politique intérieure du président Bush et la volonté des Européens de préserver leurs contrats commerciaux avec l’Iran, forment les meilleures conditions pour un super marchandage au profit du régime. 

– Le critère le plus sérieux de la faiblesse du régime se trouve dans son attitude avec la résistance iranienne. Les efforts du régime pour s’opposer à ma visite en été en prenant contact avec M. Solana et plusieurs chefs d’Etat, ainsi que son recours au chantage et aux menaces pour empêcher mon voyage en Belgique et en Norvège révèle sa faiblesse. Malheureusement,  c’est l’Europe qui a fait le plus de concessions au régime vis-à-vis de la résistance. Cela a rendu les mollahs si arrogants qu’ils veulent pousser leur répression jusqu’en Europe. En collant une étiquette de terroriste à la force axiale de la Résistance, l’occident a entravé la force du changement en Iran et a rendu le plus grand service au fascisme religieux pour le maintenir au pouvoir.

Honorables Parlementaires,
Permettez- moi de conclure : 

1- Le régime intégriste en Iran est au centre des problèmes du Moyen-Orient, de l’Irak au Liban. Les mollahs ne peuvent pas mettre fin à leur ingérence en Irak, parce qu’ils ont un besoin vital d’exporter l’intégrisme. Les mollahs ne peuvent pas abandonner leur bellicisme au Liban et en Palestine et leur hostilité à la paix au Proche Orient, parce qu’ils en tirent profit pour se maintenir au pouvoir.

2- Les mollahs ne peuvent pas abandonner leur politique nucléaire, parce qu’ils ont besoin de la bombe atomique comme d’un levier stratégique pour la survie de leur régime et imposer leur hégémonie dans la région. L’expérience de quatre années de négociations nucléaires et le rejet de toutes les concessions par Téhéran montrent que le régime des mollahs n’a pas la capacité de parvenir à un accord avec la communauté internationale.

3- La politique de complaisance de l’occident a rendu les mollahs plus arrogants. Par conséquent tout délai dans la réaction vis-à-vis du régime rappellera l’attitude avec Hitler et pourra avoir les mêmes conséquences dangereuses.

4- Il est temps d’adopter une politique de fermeté avec Téhéran. L’occident doit mettre en place un embargo contre les mollahs. Il faut évincer les mollahs d’Irak et de la région. Il faut reconnaître la Résistance iranienne pour la liberté.

Je l’ai dit il y a deux ans dans ce bâtiment et je le répète aujourd’hui, la solution à la crise iranienne n’est pas dans une intervention militaire étrangère ni dans la complaisance. Il existe une solution : le changement démocratique par les Iraniens et leur résistance organisée.

La résistance iranienne veut instaurer une république pluraliste fondée sur la séparation de la religion et de l’Etat, l’égalité totale entre les femmes et les hommes, le respect des libertés individuelles, politiques et sociales, le respect des conventions internationales, notamment dans le domaine des droits de l’homme, des libertés civiles et des droits des femmes, l’abolition de la peine de mort, le libre marché, la coexistence pacifique et des relations avec tous les pays. Je vous appelle à soutenir le peuple iranien dans cette voie.

Je vous remercie.

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe