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Manifestations des ouvriers et des ingénieurs contre les échecs du régime en Iran

Manifestations des ouvriers et des ingénieurs contre les échecs du régime en Iran
Téhéran – 3 août 2025 – Des retraités de l’éducation manifestent devant le Parlement et le Bureau de l’organisation budgétaire

Le 3 août 2025, une vague de manifestations en Iran a montré la colère populaire contre le régime dictatorial. De la capitale Téhéran à des villes comme Sanandaj, Ispahan et Nurabad Mamasani, des Iraniens de tous horizons sont descendus dans la rue contre la corruption systémique et l’incompétence flagrante ont uni les travailleurs non rémunérés, les professionnels qualifiés et les citoyens ordinaires dans une lutte commune et croissante.

Salaires impayés et promesses non tenues
À Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan, des employés municipaux se sont rassemblés devant le principal bâtiment administratif de la ville pour protester contre l’absence de salaire depuis cinq mois. Privés de leur droit fondamental à un moyen de subsistance, ces travailleurs ont également signalé de graves problèmes d’assurance maladie, soulignant ainsi une dégradation plus large des services essentiels. Leur manifestation a été une condamnation sans appel d’un système qui a abandonné ses obligations les plus fondamentales. Un manifestant a exprimé ce sentiment de négligence totale en déclarant : « Personne n’est tenu responsable.»

Simultanément, à Ispahan, des retraités de la sidérurgie et des mines ont manifesté pour dénoncer leur situation économique désastreuse. Ces retraités exigent du régime qu’il honore ses engagements légaux et mette en œuvre les lois d’égalisation des retraites, comme le prévoit le septième plan de développement du pays. Leur rassemblement s’inscrit dans un mouvement national persistant de retraités acculés à la pauvreté par la mauvaise gestion économique chronique du gouvernement et son incapacité à appliquer ses propres lois.

Les ingénieurs de Téhéran tirent la sonnette d’alarme
À Téhéran, la capitale, une importante manifestation a été organisée par des ingénieurs superviseurs devant le conseil municipal. Ils se sont rassemblés pour s’opposer à une nouvelle directive municipale dangereuse qui permet aux promoteurs immobiliers de choisir leurs propres superviseurs de projets. Les ingénieurs ont condamné cette mesure, la qualifiant de contournement flagrant des lois sur l’ingénierie, visant à éliminer toute surveillance indépendante et à institutionnaliser la corruption au détriment de la sécurité publique.

Les slogans des manifestants établissaient un lien direct entre cette politique et les tragédies passées causées par la corruption cautionnée par l’État : « La violation de la municipalité crée un autre Metropol !» – une référence glaçante à l’effondrement meurtrier d’un immeuble à Abadan en 2022. Un ingénieur a exprimé avec force l’absurdité de cette politique, la comparant à « laisser un plaignant choisir son propre juge ». Les professionnels ont averti que cette décision menaçait de marginaliser 70 % du secteur légal de la construction, ouvrant la voie à des « superviseurs sur mesure » au service des profits des promoteurs, et non de la sécurité publique.

Un pays dans le noir
L’incapacité du régime à maintenir les infrastructures de base a déclenché des manifestations à Nurabad Mamasani, dans la province de Fars. Dimanche matin, aux premières heures, des citoyens ont organisé un rassemblement spontané devant le service local d’électricité après quatre heures de coupure de courant. Ces coupures répétées et prolongées ont rendu le quotidien insupportable. Les manifestants ont clairement fait savoir qu’ils étaient à bout de patience, avertissant qu’ils ne souffriraient plus en silence et qu’ils multiplieraient les manifestations si la crise n’était pas résolue.

Les manifestations du 3 août sont plus qu’un recueil de griefs ; elles constituent une condamnation nationale unifiée d’une théocratie corrompue et incompétente. Qu’il s’agisse d’un ouvrier de Sanandaj réclamant son salaire volé, d’un ingénieur de Téhéran luttant pour empêcher la prochaine catastrophe d’État, ou d’une famille de Nurabad Mamasani exigeant le simple droit à l’électricité, le peuple iranien demande des comptes au régime tout entier.

La diversité des manifestants et de leurs revendications démontre le caractère systémique de la crise en Iran. Du Guide suprême Ali Khamenei jusqu’aux plus modestes élus municipaux, le régime s’est montré incapable de gouverner. Les manifestations actuelles sont le véritable élan d’une nation déterminée à reconquérir son avenir. Elles sont un signal fort que les fondements du régime sont plus fragiles que jamais et que la détermination du peuple à obtenir la liberté et la démocratie est inébranlable.