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Le régime iranien fait face à la colère populaire alors que les manifestations se poursuivent contre la corruption, l’incompétence et la répression

Le régime iranien fait face à la colère populaire alors que les manifestations se poursuivent contre la corruption, l'incompétence et la répression
Manifestation d’enseignants retraités devant le ministère de l’Éducation à Téhéran, le 2 septembre 2025

Au début du mois de septembre 2025, une nouvelle vague de protestations a déferlé sur l’Iran, révélant l’intensité de la colère populaire contre la corruption systémique et la  gestion catastrophique du régime clérical.

Des enseignants retraités de Téhéran aux victimes de fraudes immobilières liées à l’État à Fasa (sud), en passant par les chauffeurs de taxi de Zahedan (sud-est) et les étudiants luttant pour leurs droits, divers segments de la société iranienne sont descendus dans la rue. Il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais d’un tollé national unifié contre un régime qui a pillé les richesses du pays, démantelé les services de base et répondu à toutes les demandes avec mépris.

Ruine économique et vol cautionné par l’État
Les échecs économiques du régime ont poussé des millions de personnes au bord du gouffre, déclenchant des manifestations pour la survie. À Téhéran, le 2 septembre, des enseignants retraités de 2022 se sont rassemblés devant le ministère de l’Éducation pour protester contre un retard de quatre ans dans le versement de leurs retraites, scandant : « Nous en avons assez de vos slogans creux [sur le manque d’argent] !» Signe évident de la pression croissante exercée sur le régime, ils ont été rejoints par des enseignants du Mouvement pour l’alphabétisation, qui ont manifesté pour la troisième journée consécutive afin d’exiger des contrats de travail équitables.

Ce thème du désespoir économique a trouvé un écho dans tout le pays. Le même jour, à Zahedan (sud-est du pays), des chauffeurs de taxi ont manifesté après que le régime ait brutalement coupé leurs cartes de carburant, les empêchant de gagner leur vie. À Fasa (au sud), des victimes d’une escroquerie immobilière liée à l’État se sont rassemblées pour protester contre le pillage de leurs économies, mettant en lumière la corruption profondément ancrée dans les institutions du régime. Leurs demandes de comptes se sont heurtées au silence des autorités.

Défaillance généralisée des services de base et répression
Au-delà des griefs économiques, l’incompétence flagrante du régime à fournir des services essentiels est devenue un autre point de discorde majeur. À Borujerd (ouest), les citoyens sont descendus dans la rue le 1er septembre pour protester contre les coupures de courant fréquentes et invalidantes, symbole flagrant du délabrement des infrastructures nationales.

Parallèlement, les politiques répressives du régime ciblent activement la jeunesse du pays. À l’Université de Téhéran, des étudiants des résidences universitaires masculines et féminines ont protesté contre une nouvelle directive les privant de leur droit au logement. Dans un communiqué, les étudiants ont condamné cette décision, la qualifiant de « jouer avec notre destin », une mesure visant à perturber l’éducation de milliers d’étudiants en fin d’année. Cette attaque flagrante contre les étudiants souligne la crainte du régime envers la jeune génération instruite.

Unité nationale et appel clair au changement de régime
Fait essentiel, les manifestations ont dépassé le stade des revendications spécifiques pour se transformer en une contestation politique unifiée de la légitimité du régime. À Chiraz (sud), les citoyens ont vigoureusement rejeté les tactiques de division du régime en se mobilisant contre une insulte « honteuse » des médias d’État à la culture du peuple du Lorestan, scandant : « Notre culture n’est pas à vendre ».

Cette conscience politique est désormais explicite et répandue. À Kermanshah (ouest), le 2 septembre, des enseignants à la retraite ont brisé la propagande du régime en scandant le slogan puissant : « Notre ennemi est ici ; ils mentent et disent que c’est l’Amérique.» Ce sentiment se répercute chaque soir dans les villes du pays, où des Iraniens courageux sont descendus dans les rues et sur les toits aux cris de « Mort à Khamenei », « Mort au dictateur » et « Gloire à Radjavi ». Ces slogans démontrent que les revendications du peuple se sont regroupées en une seule et même revendication: le renversement de la dictature au pouvoir.

Les manifestations de début septembre 2025 – des travailleurs de la compagnie pétrolière iranienne offshore à Lavan (dans le Golfe persique) aux chauffeurs des camions citernes à Téhéran – ne sont pas des événements isolés, mais les symptômes d’un régime agonisant. Le courage du peuple iranien, allié à ses slogans clairs et politiquement engagés, marque une nouvelle phase de sa résistance organisée. Les fondements du régime, bâtis sur la corruption et la répression, se fissurent sous le poids de ses propres échecs et de la volonté inébranlable d’une nation qui réclame une république libre, laïque et démocratique.