
Le mardi 6 janvier 2026, le soulèvement national contre la dictature religieuse en Iran a atteint un tournant décisif, au bout de dix jours. Alors que les manifestations s’étendaient à 110 villes du pays et que 32 martyrs ont été identifiés à ce jour, les événements de mardi ont marqué un changement dans le rapport de force. Tandis que les forces de sécurité intensifiaient leur répression dans la capitale, elles étaient contraintes à une retraite humiliante dans les provinces de l’ouest, abandonnant leurs positions à la population.
La bataille pour Téhéran : Une « zone de guerre » dans la capitale
À Téhéran, le cœur commercial de la ville est devenu l’épicentre d’une résistance acharnée. Mardi matin, le Grand Bazar, habituellement plaque tournante du commerce, était décrit par des témoins comme une « zone de guerre ». Le régime a déployé des moyens considérables pour briser la grève, notamment 20 bus remplis de soldats, des unités en civil et des canons à eau positionnés près du passage Alaeddin. Cependant, ces mesures n’ont pas dissuadé les commerçants et les jeunes.
January 6—Tehran, Iran
The crowd at the Tehran bazaar protest continues to grow despite efforts by the regime's repressive forces to scatter the people. Protesters are chanting, "This is the year of blood, Seyyed Ali [Khamenei] will be overthrown!"#IranProtests #IranRevolution pic.twitter.com/bVolwRa0AW— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 6 janvier 2026
Les grèves se sont considérablement étendues, paralysant des secteurs économiques clés. Le marché de l’acier (Ahangaran), le marché de l’électroménager et le marché de l’or (Bazaar-e Talaforoushan) ont fermé leurs portes. Lorsque les forces de sécurité ont tenté de forcer l’ouverture des magasins ou de disperser les rassemblements, elles se sont heurtées à une résistance organisée. Au carrefour du bazar Bouzarjomehri et de Galoubandak, l’air était saturé de gaz lacrymogène, rendant la respiration quasi impossible. Pourtant, les jeunes restaient, allumant des feux dans les poubelles pour neutraliser le gaz et érigeant des barricades pour bloquer l’avancée des forces de répression.
January 6—Tehran, Iran
Protesters set up roadblocks in Gomrok square and chanted, "Down with the oppressor, be it the shah or the mullahs!" rejecting all forms of dictatorship.#IranProtests pic.twitter.com/xSObvRvVW2— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 6 janvier 2026
La clarté politique du mouvement était indéniable sur la place Gomrok. Ici, des manifestants ont bloqué des routes et scandé un slogan qui résume les revendications du peuple iranien : « À bas l’oppresseur, qu’il s’agisse du shah ou des mollahs !» Ce slogan rejette explicitement le régime théocratique actuel tout en écartant toute possibilité de retour à la dictature monarchique du passé, et exprime ainsi un désir de république démocratique.
Recul du régime dans l’ouest de l’Iran : Abdanan libérée
Tandis que Téhéran était le théâtre de violents combats urbains, l’ouest de l’Iran a vu l’effondrement de l’autorité locale du régime. À Abdanan, dans la province d’Ilam, un événement historique s’est produit : la force et la détermination de la foule ont submergé les forces de sécurité. Après un rassemblement massif au crépuscule, où le ciel résonnait des slogans « C’est l’année du sang, Seyyed Ali [Khamenei] sera renversé ! », les forces de sécurité se sont retrouvées en infériorité numérique et incapables de contenir la colère populaire.
January 6—Abdanan, western Iran
More footage of celebrations after people took control of the city from the regime's security forces.#IranProtests #IranRevolution pic.twitter.com/WO2m4uSl0i— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 6 janvier 2026
Des images de la ville confirment que les forces du régime ont fui, permettant à la population de reprendre le contrôle des rues. Les manifestants ont ensuite occupé le commissariat local, symbole du pouvoir répressif de l’État dans la ville. Les rues d’Abdanan se sont emplies de célébrations et de la promesse « Je tuerai ceux qui ont tué mon frère », marquant la fin, pour une nuit, du règne du régime dans la région.
Des scènes similaires se sont déroulées à Malekshahi. Les funérailles de Farez Aghamohammadi et Mohammadreza Karami, deux jeunes hommes tués lors de la répression de samedi, ont dégénéré en une immense manifestation anti-régime. Malgré le blocage des routes par le régime pour isoler la ville et les tirs sur les personnes en deuil, la population a tenu bon. Selon des sources locales, les manifestants ont fait preuve d’un courage immense, bravant les tirs et forçant les troupes du régime à se retirer.
Crimes contre l’humanité : Attaques contre des hôpitaux et des civils
Incapable de réprimer le soulèvement par les méthodes anti-émeutes classiques, le régime a eu recours à une violence aveugle et à des crimes de guerre. À Téhéran, les forces de sécurité ont commis une violation choquante.
Violation des normes humanitaires internationales : des grenades lacrymogènes ont été tirées directement dans l’enceinte de l’hôpital Sina, près d’Hassanabad. Des témoins ont rapporté que le gaz s’est infiltré dans les services, mettant en danger les patients, le personnel médical et les visiteurs, et perturbant gravement le fonctionnement de l’hôpital.
January 6, 2026 — Tehran
A clear violation of human rights: security forces fired tear gas into the grounds of Sina Hospital during protests near Hassanabad.
Witnesses report the gas created dangerous conditions for patients, medical staff, and visitors, disrupting hospital… pic.twitter.com/GQP7xc1Rwx— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 6 janvier 2026
Autre acte de brutalité : les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes dans une station de métro bondée de Téhéran. Des civils, dont des femmes et des enfants, se sont retrouvés piégés dans cet espace souterrain confiné, souffrant des effets suffocants des agents chimiques.
À Yazdanshahr, dans le centre de l’Iran, la violence a dégénéré en usage meurtrier. Alors que la foule scandait « Liberté ! Liberté ! Liberté ! », les forces de sécurité, exaspérées par leur incapacité à disperser le rassemblement, ont troqué les gaz lacrymogènes contre des tirs à balles réelles sur des civils non armés.
Cette escalade coïncide avec les menaces proférées par les plus hauts gradés du régime. Le général de brigade Ahmadreza Radan, commandant des Forces de sécurité d’État (FSE) des Gardiens de la révolution iraniens, a lancé une menace publique mardi, déclarant : « Chacun d’entre eux sera arrêté et puni, n’importe où et n’importe quand. » Pourtant, comme l’ont démontré les manifestations dans les rues de Yazdanshahr et de Téhéran, ces menaces n’ont plus aucun impact sur une population qui a le sentiment de n’avoir plus rien à perdre.
Opérations nocturnes contre des cibles du régime
Face à l’intensification de la répression diurne par le régime, les jeunes rebelles ont étendu leurs opérations dans la nuit de lundi à mardi.
January 6—Fardis (Karaj), northern Iran
Protesters target regime buildings in response to efforts by the regime's security forces to quell demonstrations.#IranProtests #IranRevolution pic.twitter.com/BzOHQxseZ2— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 6 janvier 2026
À Mardabad, dans la province de Yazd, des jeunes rebelles ont incendié une base des Bassidj du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), chargée d’envoyer des forces réprimer les manifestations locales. De même, à Qazvin, dans le nord-ouest de l’Iran, des jeunes ont pris pour cible le bureau local de la Fondation Khomeiny, proche du régime, ainsi qu’une autre base des Bassidj du CGRI, qu’ils ont incendiée. À Fardis, dans la province de Karaj, le bâtiment du conseil municipal a été incendié mardi à 2h30 du matin. Ces actions ciblées témoignent d’une tendance croissante à l’autodéfense, consistant à riposter contre les institutions mêmes responsables de la répression.
« Aucun signe de recul »
Les événements du 6 janvier illustrent un régime qui perd son emprise sur le pays. Des grèves dans les bazars de Téhéran, Chiraz et Shahrekord aux affrontements de rue à Ilam et Ispahan, le mur de la peur s’est effondré.
Au dixième jour du soulèvement national en Iran, la colère a de nouveau embrasé le bazar de Téhéran. Aux cris de « Liberté, liberté, liberté » et « Ce mois-ci est un mois de sang, Seyed Ali [Khamenei] sera renversé », les manifestants ont rappelé que la tempête du soulèvement ne… pic.twitter.com/IXs3vVUdaY
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 6 janvier 2026
Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a salué la détermination des manifestants et l’unité des commerçants. Face à l’escalade de la violence, elle a souligné que malgré le déploiement des forces dès le petit matin, le régime « n’est pas parvenu à contenir les manifestations et a été contraint de se retirer de plusieurs endroits ».
« Ce mouvement ne montre aucun signe de recul », a déclaré Mme Rajavi, saluant les commerçants et les jeunes qui se sont soulevés « pour effacer Khamenei et son régime criminel des pages de l’histoire iranienne ». Alors que le soulèvement entre dans son onzième jour, la détermination du peuple iranien semble plus forte que la répression dont il est victime.
Le dixième jour des manifestations nationales #IranProtests, la colère a de nouveau éclaté dans le bazar de Téhéran. Des slogans tels que « Liberté, liberté, liberté » et « C’est un mois de sacrifice – Seyyed Ali (Khamenei) sera renversé » ont résonné dans le quartier, soulignant la détermination et la dynamique d’un mouvement de contestation.

