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Grèves et manifestations dans les principales villes iraniennes contre les manquements du régime

Grèves et manifestations dans les principales villes iraniennes contre les manquements du régime
Manifestation des étudiants de l’Université Khajeh Nasir, Téhéran (28 septembre 2025)

Ces dernières 48 heures, une symphonie de contestation a éclaté à travers l’Iran, révélant l’échec profond et systémique du régime clérical à gouverner. Des retraités de Téhéran aux ouvriers d’Ahvaz, en passant par les étudiants de la capitale et les chauffeurs routiers en grève, le peuple iranien rend un verdict unanime : le système est illégitime et irréparable. Ces manifestations témoignent d’un rejet national de la corruption, de l’incompétence et de la répression, devenues les symboles de la théocratie au pouvoir.

1. Les piliers de la société s’effondrent : travailleurs et retraités réclament leur survie
Les manifestations des 27 et 28 septembre ont été marquées par la présence puissante de ceux qui ont consacré leur vie à bâtir le pays, avant d’être abandonnés par l’État au moment opportun. Dans une démonstration de force coordonnée, les retraités de la sidérurgie et de la sécurité sociale sont descendus dans les rues de Téhéran, Ispahan, Ahvaz et Gilan. Leurs slogans « Unité, unité contre la pauvreté et la corruption » et « La souffrance est suffisante, nos tables sont vides » ont déjoué la propagande du régime, révélant la dure réalité de la vie de millions de personnes.

Cette indignation a été relayée par les travailleurs de l’industrie du pays. À Ahvaz, les travailleurs du groupe sidérurgique national iranien ont lancé un ultimatum direct et définitif à la Banque Melli, l’institution publique qu’ils tiennent pour responsable de leur situation difficile. « Ça suffit !» proclamaient-ils. « Vous avez pris en otage les moyens de subsistance de 12 000 familles par des mensonges et des atermoiements… La partie est terminée.»

Pendant ce temps, à Gonabad, les ouvriers de l’usine Chini Taghdis organisaient leur deuxième journée consécutive de manifestations, réclamant des mois de salaires impayés. Leur message était simple et dévastateur : « Nos tables sont vides, mais les promesses des responsables restent valables.» À Téhéran, les chauffeurs routiers poursuivaient également leur deuxième journée de manifestations devant le ministère de l’Industrie, protestant contre les barrages routiers systématiques et la corruption bureaucratique qui les empêchent de faire dédouaner leurs véhicules importés et de gagner leur vie.

2. L’avenir contre-attaque : étudiants et professionnels face à un système corrompu
Le déclin du régime est peut-être le plus manifeste dans sa trahison envers la jeunesse et la classe instruite du pays. À l’Université Khajeh Nasir de Téhéran, les étudiants ont organisé un sit-in devant le bâtiment central après que l’administration a refusé de répondre à leurs préoccupations, condamnant ce qu’ils ont qualifié de politiques « argent-centristes » et discriminatoires de l’administration. À Ispahan, les étudiants en médecine ont pris position en refusant de manger dans les dortoirs, protestant contre des années de qualité « catastrophique » et de conditions d’hygiène humiliantes et insalubres.

Ce mécontentement s’étend aux professionnels de l’université. Le personnel de la prestigieuse Université Sharif a protesté contre ses mauvaises conditions de vie et ses faibles avantages sociaux, tandis que des employés de l’Université des sciences médicales Dezful ont signalé avoir reçu des réponses vulgaires et irrespectueuses de la part du président de l’université lorsqu’ils ont réclamé des mois d’heures supplémentaires non payées.

L’attaque du régime contre la méritocratie s’est manifestée devant le Parlement, où les candidats à des postes d’enseignant ont protesté contre des pratiques d’embauche discriminatoires privilégiant le statut matrimonial au détriment des qualifications. Ces manifestations témoignent de l’absence d’avenir d’une génération dans un système fondé sur le clientélisme et le mépris de l’expertise.

3. Une crise de gouvernance : du pain quotidien à la sécurité publique
L’incompétence du régime imprègne désormais tous les aspects de la vie quotidienne, poussant les services essentiels au bord de l’effondrement. À Ahvaz, des boulangers ont manifesté devant le bureau du gouverneur de la province pour dénoncer le non-versement des subventions, une défaillance qui menace directement l’approvisionnement en denrées de base du pays. À Qazvin, les vendeurs de volaille ont protesté contre un système de réglementation gouvernementale défaillant ; après leur réouverture, le prix du poulet pour les citoyens ordinaires a immédiatement bondi de 12,5 %, passant de 120 000 à 135 000 tomans le kilo. La population paie le prix des défaillances de l’État.

Lorsque les citoyens exigent des comptes, le régime répond par l’abandon ou la violence. À Pardis, une ville proche de Téhéran, les habitants qui attendent depuis des années les logements promis et les services de base, comme un hôpital, ont été accueillis avec mépris. Le PDG responsable du projet a tout simplement quitté la scène face à leur colère. À Hamedan, la véritable nature du régime a été révélée lorsque les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène sur des habitants, dont des femmes et des enfants, qui manifestaient pacifiquement contre l’installation opaque d’une tour de télécommunications.

L’ampleur et la diversité de ces manifestations simultanées dressent le portrait lucide d’une nation unie contre un oppresseur commun. Il ne s’agit plus seulement d’une crise économique ; il s’agit d’une