
Le 25 août 2025, une vague de protestations a déferlé sur l’Iran, révélant l’ampleur de la colère populaire et les défaillances systémiques de la théocratie au pouvoir. Des champs pétroliers vitaux du pays aux terres agricoles desséchées, en passant par les rues de la capitale, divers secteurs de la société ont organisé des manifestations coordonnées.
Il ne s’agissait pas de griefs isolés, mais d’un cri d’alarme unifié contre la corruption, la ruine économique et l’oppression politique qui caractérisent le régime. Les événements de cette seule journée illustrent l’incapacité du gouvernement de Massoud Pezeshkian, comme ses prédécesseurs, à résoudre les crises profondes qui alimentent la colère nationale.
Les travailleurs du pétrole exigent la fin de « l’esclavage moderne »
Au cœur de l’industrie pétrolière iranienne, le mécontentement a atteint son paroxysme. À Gachsaran, les ouvriers et employés de la compagnie pétrolière et gazière d’État ont organisé un rassemblement massif et une marche de protestation, exigeant l’élimination complète des entreprises sous-traitantes corrompues. Ils ont déclaré que le système actuel, qui enrichit les intermédiaires affiliés au régime tout en supprimant les salaires et les droits, n’est rien d’autre qu’un « esclavage moderne ».
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À des centaines de kilomètres de là, à Ahvaz, les agents de sécurité du champ pétrolier crucial de Yadavaran se sont mis en grève. Bravant des températures caniculaires dépassant les 40 °C, ils se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur de la province du Khouzistan pour protester contre leurs salaires exorbitants. Les travailleurs, dont beaucoup ont des années de service, ont expliqué que leur entreprise contractante reçoit des fonds substantiels de la compagnie pétrolière nationale, mais ne leur verse qu’un salaire minimum, les enfermant dans la pauvreté tout en protégeant les proches du régime.
Les pensions des retraités ne suffisent pas à couvrir les tables vides
Simultanément, la génération qui a bâti le pays a dénoncé la négligence et les promesses non tenues. À Téhéran, des retraités de l’université Farhangian se sont rassemblés pour protester contre l’incapacité du régime à mettre en œuvre la loi promise sur l’égalisation des retraites. Leur slogan – « Ce n’est que dans la rue que nous pourrons obtenir nos droits » – a mis en évidence une perte totale de confiance dans les canaux et les promesses officiels.
À Suse, les retraités de la Sécurité sociale ont fait écho à cette colère avec des slogans liant directement leur situation économique difficile à la nature oppressive du régime. Leurs slogans « Nos tables sont vides » étaient accompagnés de revendications explicitement politiques : « Les travailleurs emprisonnés doivent être libérés ! Les retraités emprisonnés doivent être libérés ! »
Les victimes de fraude ciblent les plus hautes sphères du régime
Les manifestations les plus spectaculaires de la journée ont été celles de citoyens escroqués par des entités liées à l’État, qui ont porté leur combat directement au cœur du pouvoir. En signe de défi, les victimes de la société de développement « Golbaran », dirigée par un colonel retraité du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ont fait le déplacement de Dezful, Andimeshk et Suse jusqu’à Téhéran. Revêtus de linceuls funéraires symboliques, ils ont manifesté devant le bureau du Guide suprême Ali Khamenei, signifiant la mort de la justice et tenant la plus haute autorité du régime responsable de leur ruine.
August 25—Tehran, Iran
Protest rally by retired educators, demanding higher pensions and basic services that the government has denied to them.#IranProtests pic.twitter.com/PWnn4BGYTr— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 25 août 2025
Ce n’était pas un cas isolé. Dans un autre quartier de Téhéran, les victimes du projet de construction de Hakim ont accusé la justice de protéger des auteurs bien connectés, dont un proche d’un haut fonctionnaire et un proche de l’ancien président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Pris ensemble, ces événements dressent le tableau accablant d’une kleptocratie où le CGRI et la justice mènent un système de pillage organisé en toute impunité.
Les agriculteurs se soulèvent contre la mauvaise gestion de l’eau
L’incompétence du régime a également poussé les régions agricoles iraniennes au bord du gouffre. Dans la province de Semnan, des agriculteurs de Garmsar et d’Aradan ont organisé une manifestation stratégique devant le bureau du gouverneur provincial lors d’une visite du ministre de l’Intérieur. Ils ont revendiqué leurs droits légaux sur l’eau du fleuve Hableh-roud, détourné pour des projets liés au régime, menaçant de détruire leurs terres et les moyens de subsistance de milliers de familles.
Les manifestations du 25 août 2025 sont un puissant indicateur de la perte de contrôle du régime. Elles se sont distinguées non seulement par leur ampleur géographique et sociale, mais aussi par leur audace croissante. Les slogans mêlent désormais ouvertement revendications économiques et appels aux libertés politiques.
August 25—Tehran, Iran
Creditors of the Hakim housing project, which turned out to be a major scam, resume protests in front of the Justice Ministry against corruption, stolen funds, and the government mafia meddling in their complaint dossier at the Judiciary.#IranProtests pic.twitter.com/jUuHzRE28F— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 25 août 2025
Les manifestants n’hésitent plus à s’en prendre aux plus hauts symboles du régime, notamment au bureau du Guide suprême. Cette convergence de griefs – de l’exploitation du travail à la corruption en passant par la mauvaise gestion des ressources – révèle une société qui considère la théocratie au pouvoir comme l’unique cause de ses souffrances. Il ne s’agit pas de revendications disparates en faveur de réformes ; il s’agit du rugissement unifié d’un peuple exigeant un changement fondamental et la reconquête.

