jeudi, février 2, 2023
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Iran : Les vacillations de l’Amérique

Iran : Les vacillations de l’AmériqueDe Richard Perle – Extraits

Washington Post – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad sait ce qu’il veut : des armes nucléaires et le moyen de les lancer, l’étouffement de la liberté dans son pays et la propagation du terrorisme à l’étranger et enfin « la ruine et la chute de l’idéologie et des modes de pensée des systèmes démocratiques libéraux ».

 

Le président Bush aussi sait ce qu’il veut : la fin irréversible du programme d’armes nucléaires de l’Iran, l’ « expansion de la liberté dans le monde entier » et la victoire dans la guerre contre le terrorisme.

Le département d’Etat et ses homologues européens savent ce qu’ils veulent : des négociations.

Pendant plus de cinq ans, l’administration a hésité. Bush a fait des discours démesurés, les Iraniens ont proféré des menaces extravagantes et, en 2003, le département d’Etat a remis les clés de l’impasse aux Britanniques, aux Français et aux Allemands (les « 3E ») qui ont offert un service de voiturier diplomatique à une administration embrouillée par ses contradictions et son indécision. Et maintenant, le 31 mai, l’administration propose de se joindre aux négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire.

Comment se fait-il que Bush, qui a juré que « les pires armes ne tomberaient pas entre les pires mains », ait choisi de battre en retraite de manière aussi ignominieuse ?

La proximité est un facteur crucial dans la politique et dans sa politique. Et la géographie de cette administration a changé. Condolezza Rice est passée de la Maison Blanche au ministère des Affaires étrangères, à à peine deux kilomètres de là. Ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit un peu plus éloignée du Bureau Ovale ; l’influence de Rice sur le président n’a pas faiblie. C’est plutôt qu’elle se retrouve désormais au milieu de, et représente de plus en plus, un établissement diplomatique poussé à plaire à ses alliés même lorsque (ou apparemment en particulier lorsque) ces alliés recommandent l’apaisement de nos adversaires.

Le président sait que les Iraniens nous nuisent en Irak. Il sait que les mollahs travaillent pour faire échouer tout projet de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, en soutenant le Hamas et en poursuivant l’objectif de rayer Israël de la carte. Il sait que pendant des années, l’Iran a dissimulé et menti à propos de son programme d’armes nucléaires. Il sait que l’Iran mène le monde en soutenant le terrorisme. Et il sait que la liberté en Iran est violemment réprimée.

Le président savait tout ceci en 2003 lorsqu’il a appris l’existence de Natanz, d’Arak et d’autres sites nucléaires iraniens secrets. Après que l’Agence internationale de l’Energie atomique ait appris l’existence des infrastructures cachées de l’Iran en juin cette année-là, nous aurions pu renvoyer le dossier devant le Conseil de Sécurité de l’ONU et exiger une action immédiate. Mais ni nos alliés ni nos diplomates, ni les experts du département d’Etat affectés à la Maison Blanche ne désiraient une confrontation. Il serait mieux, ont-ils avancé (comme toujours) de gagner du temps, même si un délai diplomatique revenait à du temps supplémentaire pour développer des armes en Iran.

Ainsi, après avoir déclaré qu’un Iran nucléaire était « inacceptable », Bush a vacillé et a autorisé les 3E à présenter à Téhéran des propositions pour récompenser les mollahs s’ils promettent de mettre fin à leur programme d’armes nucléaires.

Pendant ces trois années, les Iraniens ont progressé régulièrement dans ce programme d’armes nucléaires, annonçant des événements marquants sur un ton de défi le long de cette progression. A la fin du mois de mai, Ahmadinejad réaffirmant à grands cris le « droit » de l’Iran d’enrichir de l’uranium nécessaire aux armes nucléaires, l’administration a hésité encore.

Les mollahs eux n’hésitent pas, ils foncent. Il y a deux semaines, le secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat, rabaissant les Etats-Unis au rang de tigre de papier, a déclaré : « Une chose très importante est en train de se produire… Les Américains ne disent plus que l’Iran doit être définitivement privé de ses droits nucléaires. L’Iran a accompli une grande chose ».

Cette « grande chose » évoquée par Mohsen Rezai est un affaiblissement de la position américaine, Washington s’éloignant de ses paroles courageuses du passé et Rice offrant de remplacer les Etats-Unis par les 3E. Juste la semaine dernière, Ahmadinejad a affirmé que l’Iran aurait besoin de presque trois mois pour répondre à notre dernière offre. (Comme le temps passe vite lorsque l’on s’amuse.)

 

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