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Iran: les menaces de sanctions reviennent au premier plan

Iran: les menaces de sanctions reviennent au premier planAgence France Presse – Les six grandes puissances, après une nouvelle réunion à Londres sur le dossier nucléaire iranien, ont replacé au premier plan la menace de sanctions contre Téhéran, dans le cadre de l’Onu, face à son refus de suspendre l’enrichissement d’uranium.

Les diplomates des "Six" -Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine- commenceront à travailler dès la semaine prochaine sur un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, a annoncé le numéro trois du département d’Etat américain, Nicholas Burns.

"La décision a été prise d’aller vers des sanctions. La question est de savoir l’étendue de ces sanctions", a-t-il précisé.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a évoqué des "sanctions proportionnées et réversibles", soulignant que "la porte du dialogue restera ouverte".
Face aux atermoiements de l’Iran, les "Six" en sont revenus, à l’issue de cette septième réunion sur ce dossier, au point de vue déjà exprimé en juillet à Paris lorsqu’ils avaient haussé le ton en brandissant la menace de sanctions sur la base de l’article 41 du chapitre 7 de la charte des Nations unies.

Cette clause prévoit des mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée et peuvent comprendre des sanctions économiques et diplomatiques.

Ce "groupe des Six" avait au préalable présenté en juin à Téhéran une offre de coopération technologique et commerciale, subordonnée à la suspension de l’enrichissement de l’uranium entreprise dans le cadre de son programme énergétique nucléaire.

Cette activité sensible peut avoir une finalité militaire et conduire à la bombe atomique, bien que Téhéran assure la limiter à un programme strictement civil.

"Nous sommes profondément déçus" après avoir entendu le diplomate en chef de l’Union européenne Javier Solana nous dire que l’Iran "n’est pas prêt à suspendre ses activités d’enrichissement" nucléaire, a relevé vendredi soir, au nom des Six la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett. Les grandes puissances n’ont pu que faire le constat qu’elles en étaient revenues à la case départ après quatre mois d’initiatives et efforts diplomatiques infructueux.

La réunion de Londres à laquelle la Chine n’était pas représentée au niveau ministériel et qui a vu le ministre russe, pris par un autre engagement, partir rapidement après l’arrivée tardive de Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, a confirmé des positions maintes fois exprimées.

Comme l’attitude toujours plus conciliante de Moscou à l’encontre de Téhéran. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a ainsi souligné qu’il n’y avait pas de projet spécifique de résolution du Conseil de Sécurité. "Rien n’a été mis noir sur blanc et personne n’a parlé de vote au Conseil de Sécurité (…). Les six ont confirmé que les propositions étaient toujours sur la table des négociations et je pense que c’est là le principal résultat de cette réunion", a-t-il dit.

Un haut responsable du Département d’Etat et une source diplomatique européenne ont cependant marqué leur satisfaction suite à cet accord tacite, qu’ils ne jugaient pas acquis avant cette réunion de Londres, pour un renvoi du dossier au Conseil de sécurité de l’Onu.
De nouvelles consultations au niveau ministériel envisagées pour la semaine prochaine ont ainsi été finalement jugées inutiles, le processus de discussions de possibles sanctions étant lancé sans équivoque.

Les prochains échanges se feront par téléconférence au niveau des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères "mardi ou mercredi", selon M. Burns. Puis les ambassadeurs des six pays à l’Onu "commenceront, probablement le jour suivant, à se réunir à New York pour poursuivre ce débat et pour commencer à élaborer un projet de résolution du Conseil de sécurité", a-t-il indiqué.