samedi, février 4, 2023
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Iran : les gardiens de la révolution amassent des fortunes secrètes

The Sunday Telegraph, 19 août – Par Philip Sherwell – Défenseurs ardents de la révolution islamique d’Iran, ils s’efforcent de paraître vivre humblement, dans des maisons des bas quartiers croulants à la soviétique de Téhéran et aux volants de modestes voitures coréennes importées.

Mais pour beaucoup de commandants des gardiens de la révolution, la force qui serait responsable d’ordonner des attaques contre les forces britanniques et américaines en Irak, la vie est bien plus luxueuse qu’il n’y parait.

Derrière le façade d’une existence simple et pieuse, ils vivent dans des hôtels particuliers sur les collines exclusives du nord de Téhéran avec les derniers modèles de BMW ou de Mercedes Benz dans leurs garages, des tapis de luxe tissés main sur le sol, des garde-robes pleines de vêtements de marque et un coffre-fort rempli de bijoux de diamants et d’or.

Ils se sont enrichis au fur et à mesure que les gardiens de la révolution ont étendu leur rôle en commençant par imposer la rigueur religieuse dans le pays et par exporter la révolution iranienne, pour finir par jouer un  énorme rôle dans l’économie du pays. De l’industrie pétrolière et du gaz, aux fermes de poulet et aux ruchers, les gardiens de la révolution ont utilisé leur pouvoir et leurs muscles pour prendre le contrôle des principaux secteurs des affaires en Iran.

Aujourd’hui, cependant leur empire économique en expansion est visé par la Maison Blanche pour classer la Garde prétorienne du régime forte de 125.000 hommes comme "une organisation terroriste".

Sous des plans révélés la semaine dernière, on s’attend à ce que l’administration Bush annonce la classification dans les mois à venir en réponse au rôle présumé des gardiens de la révolution dans des attaques terroristes en Irak et en Afghanistan, ainsi que le programme nucléaire controversé de l’Iran.

L’inscription permettrait aux Etats-Unis de geler ou de bloquer des comptes bancaires et des affaires impliquant les gardiens, bien que l’impact immédiat serait limité vu que les Etats-Unis appliquent déjà un embargo commercial quasi complet sur l’Iran. Mais la qualification de terroriste pourrait être plus que symbolique si les diplomates américains pouvaient encourager des Etats  et des sociétés d’Europe à les suivre en les persuadant que le commerce avec l’Iran est en fait un commerce avec les gardiens de la révolution.

Le général Yahya Rahim Safavi, chef des gardiens de la révolution, a répondu d’un air provoquant hier. "L’Amérique recevra un coup de poing encore plus dur des gardiens dans l’avenir", a-t-il dit. "Nous ne resterons jamais silencieux face à la pression américaine et nous utiliserons notre force de levier contre eux."

Sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, lui-même un ancien commandant des gardiens, l’organisation a agressivement étendu son empire d’affaires dans le cadre de sa stratégie de placer des radicaux aux postes clefs du pouvoir.

Le Conseil national de la Résistance iranienne, le mouvement d’opposition en exil qui a révélé l’existence du programme nucléaire secret de l’Iran en 2002, a suivi à la trace l’explosion des opérations économiques des gardiens de la révolution. "L’économie et la politique du pays sont maintenant sous le contrôle de commandants des gardiens vétérans et de hauts fonctionnaires de l’appareil de sécurité et des renseignements", a-t-il conclu dans un dossier sur les activités des gardiens.

Maryam Radjavi, la dirigeante du conseil, que l’Iran considère comme une organisation terroriste, a déclaré : "L’inscription des gardiens aurait du se faire depuis l’ongtemps. Le Royaume-Uni et l’UE devraient adopter des mesures semblables sans délai."

Téhéran répliquerait sans aucun doute que l’aile armée du conseil est inscrite comme une organisation terroriste par les Etats-Unis – les partisans du conseil prétendent que cette désignation a été faite comme une monnaie d’échange quand l’administration Clinton essayait de se rapprocher de l’Iran.

Un ancien commandant de Gardiens qui en a profité est Sadeq Mahsouli, 47 ans, un confident d’Ahmadinejad. Il a passé une grande partie de sa carrière dans l’armée et l’appareil de sécurité avant d’utiliser ses contacts de gardien et ses lettres de créance pour monter une affaire dans la construction et le commerce pétrolier.

En effet, quand il a été nommé ministre du pétrole en 2005, sa richesse a même soulevé une opposition au Parlement, où un député l’a taxé de "général milliardaire". M. Mahsouli a reconnu qu’il était un homme riche, mais a été cité par le journal officiel Hammiyan disant que : "Ce que l’Imam [l’ayatollah Khomeiny] a interdit c’est l’attitude et la vie de palais, pas le fait de vivre dans un palais en soi."

Ils se peut que ce ne soit pas techniquement parlant un palais, mais ses six hôtels particuliers et terrains sont évalués à 10 millions de £ (14, 735 millions d’euros) tandis que sa valeur total pourrait bien se monter à 86 millions de £ (126,747 million d’euros), selon les médias iraniens.

Plusieurs hommes d’affaires iraniens, restant anonymes, ont expliqué en détail comment les Gardes ont employé la force et l’intimidation pour s’emparer d’affaires. "Si vous entrez sur le marché avec une arme à feu et des menottes, il est beaucoup plus facile de traiter avec des concurrents et de gagner les contrats les plus lucratifs", a dit Mohsen Sazegara, qui est un des cofondateurs de l’organisation en 1979, mais qui s’est ensuite retourné contre le régime et a été emprisonné avant de s’exiler aux Etats-Unis en 2003.

Il avance que les gardiens de la révolution sont devenus  une organisation "corrompue", "semblable à la mafia", et lourdement impliquée dans la contrebande de marchandises pour le marché noir qui prospère. Cela comprend de l’alcool, censé être interdit mais largement consommé lors de soirées privées fréquentées par l’élite iranienne. La plupart de la contrebande passe par des aéroports contrôlés par des Gardiens.

Même quand Téhéran subit une récession économique, qui sape la popularité de M. Ahmadinejad, les boutiques de bijou et  de meubles de luxe son en plein boom grâce en partie au soutien des gardiens, qui ont aussi lourdement investi dans l’immobilier.

Mais ceux qui se graissent véritablement la patte, envoient leur argent à l’étranger dans les Etats du Golfe, la plupart du temps à Dubaï. Un tel investissement pourrait aussi fournir un échappatoire étranger si le régime venait à chanceler.

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