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Iran: Le groupe libéral du Conseil de l’Europe accueille Maryam Radjavi à Strasbourg

CNRI – Accueillie par de nombreux membres du Conseil de l’Europe de divers pays et de groupes politiques, Maryam Radjavi, présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), est arrivée au Conseil lundi 10 avril en fin de matinée à Strasbourg.

 

Parmi les personnalités venues accueillir Mme Radjavi, on remarquait Lord Russell-Johnston, président honoraire du groupe libéral et ancien président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, les députés travaillistes britanniques MM. Rudi Vis, David Marshall et Allen Meale, Mme Rosemarie Zapfl-Helbing, première vice-présidente de la commission de l’égalité des chances pour les femmes et les hommes, M. Goran Lindblad, député du parti modéré suédois, et M. Jean-Pol Henry, président de délégation nationale belge à la Commission Permanente.

Mme Radjavi était invitée par l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ALDE). Dans ses propos d’ouverture, le président de la réunion, Lord Russell-Johnston a salué « la dirigeante d’un mouvement démocratique en Iran qui a payé un lourd tribut pour la liberté de son pays ». Il a également souligné combien il se réjouissait de la voir prononcer un discours en ces lieux.

L’auditoire était éclectique, puisque les groupes socialistes, démocrates chrétiens et démocrates européens avaient aussi été conviés. Des parlementaires de divers pays et la vice-présidente de la commission sur l’égalité des changes pour les femmes et les hommes assistaient également à cette réunion et n’ont pas hésité à poser de nombreuses questions sur l’avenir de la résistance et la perspective d’un changement démocratique en Iran.

« Je suis venue faire entendre, dans cette assemblée des représentants des peuples européens, le cri du peuple iranien pour la liberté » a déclaré Mme Radjavi en prenant la parole. « Aujourd’hui, le monde est placé devant un choix dangereux : d’un côté la perspective de voir une dictature intégriste se doter de l’arme atomique, et d’un autre la perspective d’une nouvelle guerre dans la région. Aujourd’hui, je suis venue vous dire que la communauté internationale n’est pas obligée de choisir entre des mollahs avec la bombe atomique et la guerre. »

La présidente élue de la résistance iranienne a ensuite proposé sa solution à la crise iranienne en présentant  la Troisième Voie: « Un changement démocratique par le peuple iranien et sa résistance organisée.» Elle a rappelé que «faire des concessions aux mollahs ne permet pas d’éviter la guerre ; au contraire, cela augmente la possibilité d’un conflit. » Elle a enfin souligné que le monde devait « agir rapidement. Il ne reste plus beaucoup de temps ».

Mme Radjavi a ensuite évoqué le mandat d’arrêt international lancé contre l’ancien ministre des renseignements Ali Fallahian, qui est aussi l’actuel conseiller du guide suprême sen matière de sécurité, pour son rôle dans la prise de décision de l’assassinat du professeur Kazem Radjavi en Suisse en 1990. Elle a abordée la politique de répression du régime en Iran et son exportation du terrorisme et de l’intégrisme.

 

« Le danger de l’ingérence et du terrorisme du régime en Irak, est cent fois plus dangereux que la bombe atomique », a souligné Mme Radjavi, avant d’ajouter que « le monde, face à ce régime, n’a qu’un choix raisonnable : Il faut agir vite et avec fermeté. Le Conseil de Sécurité doit lui imposer un boycott et la communauté internationale doit reconnaître le droit du peuple iranien à résister pour la liberté. »

A cette fin, la présidente élue de la Résistance a dénoncé l’inscription des Moudjahidine du people d’Iran (OMPI) sur la liste du terrorisme. « Limiter la force principale de l’opposition, c’est créer le plus grand obstacle au changement démocratique en Iran. Car il ne s’agit pas seulement de limiter une organisation, mais de livrer à des attaques la résistance d’un peuple pour la liberté. Par ailleurs, comme l’on dit 2,8 millions d’Irakiens dans une déclaration : « Les Moudjahidine du peuple sont un barrage politique et culturel important face à la percée de l’intégrisme. » Le retrait de cette étiquette terroriste est une demande légitime du peuple iranien et le critère de la fin de la politique de complaisance avec les mollahs. »

Mme Radjavi s’est ensuite étendue sur les capacités et le potentiel de la résistance : « Elle possède une vaste base populaire un réseau social étendu et bénéficie de soutiens importants en Iran comme à l’étranger. Elle dispose d’une alternative politique, le Conseil national de la Résistance iranienne, un parlement en exil de plus de 530 membres dont 52%  sont des femmes. Elle dispose d’une force concentrée et organisée en Irak, à la cité d’Achraf près de la frontière iranienne, qui lui permet d’exercer la plus grande influence sur les événements en Iran. Enfin, l’axe central de cette résistance, ce sont les Moudjahidine du peuple d’Iran avec quarante années de lutte pour la liberté. Ils prônent un islam tolérant et démocratique, opposé à l’intégrisme et luttent pour l’instauration d’un gouvernement laïc. »

Mme Radjavi a tenu à préciser ce qui guide cette résistance : « Notre but n’est pas de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. Notre but est de garantir la liberté et la démocratie à n’importe quel prix. »

Pour finir, la présidente élue de la Résistance, a brossé en dix points un plan pour l’Iran libre de demain :

« 1- De notre point de vue, le vote populaire est le seul critère de légitimité et c’est pour cela que nous voulons une république fondée sur le vote populaire.

2- Nous voulons un système pluraliste, la liberté de partis et d’assemblée. Dans l’Iran de demain, il existera une liberté totale d’opinion, d’expression et de la presse et toute censure ou inquisition, sera interdite.

3- Dans l’Iran libéré de l’oppression des mollahs, nous nous engageons à défendre et maintenir l’abolition de la peine de mort.

4- La Résistance iranienne établira la séparation de la religion et de l’Etat. Toute forme de discrimination contre les fidèles des diverses religions et cultes, sera interdite.

5- Nous croyons dans l’égalité totale des femmes et des hommes pour tous les droits politiques et sociaux et la participation égale des femmes à la direction politique. Toute forme de discrimination contre les femmes sera abolie, et elles auront notamment le droit de choisir leurs vêtements.

6- Nous voulons instaurer un système judiciaire moderne basé sur le respect de la présomption d’innocence, le principe du droit à la défense et l’indépendance totale de la justice. Les châtiments cruels et dégradants seront abolis.

7- Nous nous engageons à respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme, les pactes et les conventions internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et la Convention pour l’élimination de toutes les discriminations contre les femmes.

8- Nous reconnaissons la propriété privée, l’investissement privé et le libre échange.

9-Nous voulons que notre politique étrangère soit fondée sur la coexistence pacifique, la paix et la coopération internationale et régionale, et le respect de la Charte des Nations Unies.

10-Nous voulons que l’Iran libre de demain soit un pays non atomique et sans arme de destruction massive.»