jeudi, décembre 8, 2022
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Iran : La police de Téhéran reçoit l’ordre d’arrêter les femmes portant une tenue « non islamique »

Iran : La police de Téhéran reçoit l’ordre d’arrêter les femmes portant une tenue « non islamique »– Les chauffeurs de taxis responsables de la tenue de leurs passagers

– Une purge accompagnée d’une campagne pour empêcher la diffusion de chaînes télévisées occidentales

 Robert Tait à Téhéran

The Guardian – Les autorités islamiques d’Iran préparent des mesures énergiques contre les femmes méprisant le code vestimentaire strict qui leur est imposé dans le cadre d’une politique claire de répression sociale et politique du président Mahmoud Ahmadinejad.

A partir d’aujourd’hui, la police de Téhéran a l’ordre d’arrêter toutes les femmes refusant de se conformer à la définition des codes moraux islamiques du régime en portant un hijab, ou foulard, ample, une veste moulante ou des pantalons courts exposant la peau.

Les contrevenantes s’exposent à des amendes de 30 livres ou à deux mois de prison. Les officiers seront également autorisés à arrêter les hommes ayant des coupes de cheveux extravagantes ou les gens promenant leurs chiens, activité longtemps dénoncée par les dirigeants religieux comme étant non islamique.

Ces mesures répressives sont associées à un projet de loi proposé au parlement iranien à majorité conservatrice prévoyant des amendes allant de 60 à plus de 3000 livres pour les personnes détenant des paraboles. Des millions d’Iraniens possèdent illégalement des paraboles, leur permettant de visionner des films occidentaux et des chaînes d’information.

Cette purge vestimentaire est menée par un conseiller municipal de Téhéran, Nader Chariatmaderi, allié proche de M. Ahmadinejad qui a participé à l’organisation de sa victoire aux élections l’année dernière.
Les foulards disposés de manière relâchée, dévoilant une coiffure glamour, et les manteaux courts et moulants sont devenus les symboles de la liberté sociale qui s’est développée sous la présidence de Mohammed Khatami.
Durant sa campagne électorale, M. Ahmadinejad a dissipé les craintes selon lesquelles sa présidence pourrait annoncer un renversement en arrière forcé, affirmant que l’Iran avait des problèmes bien plus urgents.

Toutefois, M. Chariatmaderi a dénoncé ces tendances comme « nuisant aux principes révolutionnaires et islamiques ». « Nous sommes à la recherche d’une utopie sociale, mais ces tout derniers mois, notre attention s’est relâchée », a-t-il dit à ses collègues conseillers municipaux. « Etant donné la situation internationale actuelle, les gens doivent s’unir sous des principes définis ».

Ces mesures rappellent le lendemain de la révolution islamique de 1979 où les femmes portant du rouge à lèvres étaient régulièrement arrêtées par des membres féminines de groupes d’autodéfense leur nettoyant le visage avec des mouchoirs, qui dissimulaient souvent des lames de rasoir.

La nouvelle campagne tiendra pour responsables les agences de taxis de la tenue de leurs passagers et la police aura autorité pour mettre en fourrière les véhicules transportant des femmes vêtues de manière « indécente ». Les agences coupables d’offenses répétées seront fermées. La police aurait arrêté des femmes automobilistes dont l’hijab était jugé inadéquat. La police a également fait des descentes dans des magasins à la mode et saisi des manteaux de couleur vive.

Le chef de la police de Téhéran, Morteza Tala’i, a déclaré que cette campagne ciblait les personnes « mettant en danger l’environnement social ».

Hier, les jeunes femmes faisant les magasins dans le quartier à la mode de Tajrish, dans le nord de Téhéran, n’étaient cependant pas intimidées. Matine, infirmière de 24 ans, portait un foulard bleu clair aux motifs voyants poussé vers l’arrière de sa tête révélant une paire de lunettes de soleil et des cheveux blonds décolorés. Son manteau noir court et moulant portant des motifs dorés semblait vouloir provoquer le courroux des autorités. Mais elle ne manifestait pas le moindre repentir. « Je suis une femme mariée et c’est à mon mari de me dire ce que je dois porter et ce que je ne dois pas porter. Il aime la façon dont je m’habille », a-t-elle dit.

Etonnamment, Narguèsse Asgari, 20 ans, couturière vêtue d’un tchador noir couvrant tout le corps, était également critique. « Je ne pense pas que les gens vont obéir parce qu’ils veulent prendre leurs décisions eux-mêmes », a-t-elle dit. « Les vêtements dépendent de la culture de la famille. Je porte le tchador parce que, dans ma famille, c’est quelque chose que nous acceptons. »

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