vendredi, décembre 2, 2022
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Iran : La police arrête la fille d’un prêtre chrétien martyrisé

ImageCompass Direct News, 29 septembre – La police secrète iranienne a arrêté un couple de Chrétiens dans la ville de Machad au nord-est il y a trois jours, les forçant à abandonner leur fille de 6 ans et les détenant en isolement depuis.

Des policiers en civil qui ont refusé de s’identifier ont demandé à entrer dans l’appartement de Reza Montazami, 35 ans, et sa femme Ferechteh Dibaj, 28 ans, à  7h00 mardi (26 septembre).

 

Prétendant avoir la “permission” des autorités compétentes, les hommes ont mené une fouille complète du domicile de la famille. Les ordinateurs du couple et d’autres éléments personnels ont été confisqués, avec toute la littérature chrétienne de la maison.

Lorsqu’il s’est avéré que lui et sa femme allait être arrêtés, Montazami a réussi à téléphoner à sa mère, lui demandant de venir rapidement prendre leur fille Christine.

Peu après l’arrivée de la grand-mère, Montazami et sa femme ont été emmenés dans un véhicule sans plaque d’immatriculation. Quand la grand-mère est allée dans l’appartement pour prendre Christine, elle y a trouvé deux hommes qui fouillaient encore la maison.

Demandant où les parents de Christine avaient été emmenés, les hommes ont donné le nom d’un commissariat de police. Mais quand la famille de Montazami s’est rendue dans cet endroit, la police a dit ne rien savoir sur cette détention.

Iran : La police arrête la fille d’un prêtre chrétien martyrisé

Alors la famille a continué ses recherches, allant d’un bureau à un autre dans toute la ville. Finalement, vers la fin de la journée, les autorités d’une branche locale des renseignements du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont admis qu’elles retenaient le couple pour l’interroger.

Mais les autorités ont refusé d’expliquer pourquoi ils étaient détenus où d’interdire les visites. A la place ils ont suggéré à la famille de revenir le lendemain matin, quand l’officier en charge serait présent.

La famille de Montazami est revenue dans la matinée de mercredi, essayant en vain de comprendre pourquoi le couple avait été arrêté. Ils sont restés au siège du CGRI jusqu’à ce que les autorités les renvoient chez eux en début d’après-midi. « Ils n’ont pas dit pourquoi ils les avaient arrêtés », a dit un oncle du mari détenu. « Mais je vous en prie, dites aux gens de prier. Nous croyons dans le pouvoir de la prière. »

Malgré les multiples demandes, les autorités ont seulement répété que les interrogations se poursuivaient, et que des documents étaient préparez sur les « charges exactes » pesant contre eux.

Puis, hier, les autorités ont informé les vieux parents de Montazami que leurs fils et sa femme devaient comparaître devant un certain tribunal révolutionnaire à 16h00.

Les parents sont arrivés au tribunal à 15h30 jeudi pour assister à l’audience. Mais après deux heures d’attente, le juge leur a dit qu’il ne savait pas pourquoi la police n’avait pas présenté le couple comme prévu à l’audience. Comme les tribunaux sont fermés le vendredi en Iran, on a dit à la famille de revenir pour un jugement « possible » samedi.

“Ils ne font que leur mentir”, dit un chrétien iranien qui a fui les persécutions en Iran il y a plusieurs années pour avoir abandonné l’islam et s’être converti au christianisme. « C’est une guerre psychologique de maintenir les familles dans l’incertitude et d’essayer de les effrayer.»

Issu d’une famille bien connue de Machad, Montazami s’est converti au christianisme à vingt ans. Ses amis et sa famille l’appellent désormais Amir.

Sa femme Ferechteh, est la fille cadette du révérend Mehdi Dibaj, un Pasteur des Assemblées de Dieu martyrisé pour sa foi il y a douze ans. Chrétien depuis 45 ans, Dibaj avait passé plus de neuf ans en prison où il avait été condamné à mort pour apostasie. Quelques mois après sa libération sous des pressions internationales, il a avait été enlevé et assassiné alors qu’il se rendait à l’anniversaire de Ferechteh.

Montazami et sa femme avaient chez eux une église indépendante à Machad, la seule restante de deux congrégations chrétiennes protestantes de la ville avant la révolution islamique iranienne en 1976.

Les deux églises avaient été fermées par le gouvernement dans les années 1980. Puis en décembre 1990, le gouvernement avait exécuté un pasteur de Machad, le révérend Hussein Soudmand. Ancien musulman s’étant converti au christianisme il y a 24 plus tôt, Soudmand avait refusé d’abjurer sa foi après quatre mois sous des mauvais traitements extrêmes physiques et psychologiques en prison.

Depuis lors, d’autres convertis à la chrétienté à Machad qui continuaient de pratiquer chez eux ont été arrêtés, menacés, accusés d’apostasie et même expulsés de chez eux par les autorités locales.  Beaucoup de ces familles chrétiennes ont fui le pays pour recevoir l’asile à l’étranger.

Considérée comme la ville la plus sainte d’Iran et un centre de l’activisme chi’ite, Machad est un lieu de pèlerinage abritant le mausolée du 9e siècle de l’Imam Ami Reza.

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