Compass Direct News, 29 septembre La police secrète iranienne a arrêté un couple de Chrétiens dans la ville de Machad au nord-est il y a trois jours, les forçant à abandonner leur fille de 6 ans et les détenant en isolement depuis.
Des policiers en civil qui ont refusé de sidentifier ont demandé à entrer dans lappartement de Reza Montazami, 35 ans, et sa femme Ferechteh Dibaj, 28 ans, à 7h00 mardi (26 septembre).
Prétendant avoir la permission des autorités compétentes, les hommes ont mené une fouille complète du domicile de la famille. Les ordinateurs du couple et dautres éléments personnels ont été confisqués, avec toute la littérature chrétienne de la maison.
Lorsquil sest avéré que lui et sa femme allait être arrêtés, Montazami a réussi à téléphoner à sa mère, lui demandant de venir rapidement prendre leur fille Christine.
Peu après larrivée de la grand-mère, Montazami et sa femme ont été emmenés dans un véhicule sans plaque dimmatriculation. Quand la grand-mère est allée dans lappartement pour prendre Christine, elle y a trouvé deux hommes qui fouillaient encore la maison.
Demandant où les parents de Christine avaient été emmenés, les hommes ont donné le nom dun commissariat de police. Mais quand la famille de Montazami sest rendue dans cet endroit, la police a dit ne rien savoir sur cette détention.

Alors la famille a continué ses recherches, allant dun bureau à un autre dans toute la ville. Finalement, vers la fin de la journée, les autorités dune branche locale des renseignements du corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont admis quelles retenaient le couple pour linterroger.
Mais les autorités ont refusé dexpliquer pourquoi ils étaient détenus où dinterdire les visites. A la place ils ont suggéré à la famille de revenir le lendemain matin, quand lofficier en charge serait présent.
La famille de Montazami est revenue dans la matinée de mercredi, essayant en vain de comprendre pourquoi le couple avait été arrêté. Ils sont restés au siège du CGRI jusquà ce que les autorités les renvoient chez eux en début daprès-midi. « Ils nont pas dit pourquoi ils les avaient arrêtés », a dit un oncle du mari détenu. « Mais je vous en prie, dites aux gens de prier. Nous croyons dans le pouvoir de la prière. »
Malgré les multiples demandes, les autorités ont seulement répété que les interrogations se poursuivaient, et que des documents étaient préparez sur les « charges exactes » pesant contre eux.
Puis, hier, les autorités ont informé les vieux parents de Montazami que leurs fils et sa femme devaient comparaître devant un certain tribunal révolutionnaire à 16h00.
Les parents sont arrivés au tribunal à 15h30 jeudi pour assister à laudience. Mais après deux heures dattente, le juge leur a dit quil ne savait pas pourquoi la police navait pas présenté le couple comme prévu à laudience. Comme les tribunaux sont fermés le vendredi en Iran, on a dit à la famille de revenir pour un jugement « possible » samedi.
Ils ne font que leur mentir, dit un chrétien iranien qui a fui les persécutions en Iran il y a plusieurs années pour avoir abandonné lislam et sêtre converti au christianisme. « Cest une guerre psychologique de maintenir les familles dans lincertitude et dessayer de les effrayer.»
Issu dune famille bien connue de Machad, Montazami sest converti au christianisme à vingt ans. Ses amis et sa famille lappellent désormais Amir.
Sa femme Ferechteh, est la fille cadette du révérend Mehdi Dibaj, un Pasteur des Assemblées de Dieu martyrisé pour sa foi il y a douze ans. Chrétien depuis 45 ans, Dibaj avait passé plus de neuf ans en prison où il avait été condamné à mort pour apostasie. Quelques mois après sa libération sous des pressions internationales, il a avait été enlevé et assassiné alors quil se rendait à lanniversaire de Ferechteh.
Montazami et sa femme avaient chez eux une église indépendante à Machad, la seule restante de deux congrégations chrétiennes protestantes de la ville avant la révolution islamique iranienne en 1976.
Les deux églises avaient été fermées par le gouvernement dans les années 1980. Puis en décembre 1990, le gouvernement avait exécuté un pasteur de Machad, le révérend Hussein Soudmand. Ancien musulman sétant converti au christianisme il y a 24 plus tôt, Soudmand avait refusé dabjurer sa foi après quatre mois sous des mauvais traitements extrêmes physiques et psychologiques en prison.
Depuis lors, dautres convertis à la chrétienté à Machad qui continuaient de pratiquer chez eux ont été arrêtés, menacés, accusés dapostasie et même expulsés de chez eux par les autorités locales. Beaucoup de ces familles chrétiennes ont fui le pays pour recevoir lasile à létranger.
Considérée comme la ville la plus sainte dIran et un centre de lactivisme chiite, Machad est un lieu de pèlerinage abritant le mausolée du 9e siècle de lImam Ami Reza.

